jeudi 4 août 2011

Carriacou et Grenade

Arrivée à Carriacou le 13 juillet 2011. Petite étape rapide à Hillsborough pour les papiers d'entrée et un peu de shopping. Ensuite nous rejoignons Tyrell Bay où nous retrouvons Anegada et Joy. La baie est immense et remplie de bateau, un peu à l'image de Port Elizabeth. Il y a toute sorte de bateaux plus ou moins en état. Nous espérions sortir le bateau au chantier local, mais les régates de Carriacou approchant, l'attente serait trop longue donc il faudra se rabattre sur Grenade. Néanmoins nous trouvons une pagaie sur la plage ce qui nous permet de rendre le moteur à Shap qui se prépare à quitter son bateau pour le retrouver 6 mois plus tard.
Nous partons ainsi le 16 juillet pour Grenade, en quête d'un chantier. Dans le canal, nous croisons énormément de paquets d'algue jaune, péchons 2 barracudas (que nous relâchons de peur de la gratte) et aussi un fou qui a pris notre leur pour un vrai poisson et s'est accroché la queue dans l'hameçon. Original de ramener une ligne de pêche volante. Le fou est ramené jusqu'au tableau arrière, nous le maitrisons et enlevons l'hameçon du pauvre oiseau qui a bu la tasse plusieurs fois. Le passage le long de la côte au vent de Grenade est magnifique, sous reacher et GV 1 ris. On sera vite arrivé à Pricly bay dans le sud de l'île.

Le lendemain, quelques courses pour le bateau s'imposent et une visite au chantier local. Le chantier nous interdit de faire le travail nous même ce qui implique donc un prix bien trop élevé. Nous irons donc à Grenada Marine, mais après une bonne journée de visite de Saint Georges (capitale), de son marché aux légumes, de son marché aux poissons et de l'achat d'un fusil de chasse sous marine.


Départ de Pricly bay le 20/07/11, en plein dans une journée ventée. 2 ris dans la GV et 1 ris dans le foc seront parfait pour 3 heures de près contre vent, courant (fort) et vagues (formées). Ca fait bien longtemps qu'on n'avait pas eu de telles conditions. Première nuit à une bouée dans la baie de David's harbour pour gruter le bateau première heure le lendemain matin.


C'est parti pour un carénage express du bateau! Le 21, sortie du bateau à 9h, nettoyage au Karsher puis calage du bateau sur le terre plein. Grattage des quelques toujours trop nombreuses berniques, ponçage, dépoussiérage et enfin peinture époxy sur la quille et le bulbe (quelques zones avaient été endommagées par le filet de pêche pris à Gibraltar). Ensuite, grâce un super conseil de Nicolas (coordinateur du chantier, français), nous remontons la ligne de flottaison de 11 cm. Petite pause bière au bar du chantier et 2ème couche de peinture à la lampe frontale avant de dormir. Le lendemain matin, lever 6h pour première couche d'antifouling. Malheureusement un gros grain nous force à un retard de 2h sur le planning. Enfin on peint la coque sous une chaleur accablante et la deuxième couche 1h après (35°C à l'ombre = séchage express). Un poulet frite avalé et nous déplaçons les étais pour finir la coque. Le bateau retourne à l'eau à 15h le vendredi. De mémoire de local, on n'a jamais vu un bateau sortir et retourner à l'eau aussi vite....


Grenada Marine est un chantier hors norme. Au milieu d'une baie perdue, non desservie par voie terrestre (ou presque). Il y a une centaine de travailleurs locaux encadrés par un français (Nicolas responsable composite), un suisse (Louis responsable gréement), un autre français (Hervé responsable electricité, électronique, systèmes à bord), un anglais (manager), et Jason le patron local qui a débuté le chantier il y a 11 ans.
L'ambiance est assurée grâce au bar qui accueille tout le monde, ainsi que les familles. Du coup on travaille au milieu de beaucoup d'enfants. Ce chantier est un petit paradis. Chaque Vendredi soir c'est fête pour tout le monde et le samedi tout le monde se retrouve pour partager soit un cochon soit une soupe locale appelée "the Men thing".
The Men thing est une soupe cuisinée par les hommes, qui ont chassé le matin, et tout le produit de la pêche va droit dans 2 énormes marmites. On y trouve de tout: langoustes, toutes sortes de poisson (entiers) et des sortes de doigts de farine (pas très bons). Le tout est réputé pour donner plein d'énergie aux hommes.

Pendant que les enfants prenaient leur cours de voile le samedi, nous étions invités à rester au ponton pour bien rincer le bateau, faire des machines à laver, et grand nettoyage intérieur. C'était pas du luxe.
En tout cas, l'accueil par Grenada Marine fut super, le bateau leur a beaucoup plu, ainsi que notre projet. Nous retournerons les voir avec plaisir.
Direction Hog Island, toujours au sud de Grenade où nous retrouvons Anegada dans une petite baie avec un autre Sunkiss. Augustin et Claire arrivant par avion, nous mouillons près de la marina au fond de la baie, prenons un Taxi et en route pour l'aéroport. On nous dit que le vol depuis la Barbade est toujours en retard. Et fidèle à la tradition, le vol arrive avec 1h de retard. Trop sympa de recevoir de la famille sur le bateau. Ils sont blancs comme des Parisiens!!!!!!


Retour au bateau, changement de mouillage et chasse sous marine pour tout le monde, avec Pierre en guide. Le soir, bon diner avec du poisson frais et 2 langoustes brésiliennes.
Lendemain, on retente de chasser sans Pierre, mais les poissons n'étaient pas de sorti et l'eau un peu trouble. L'après midi, direction une marina de l'autre côté d'une île pour faire le plein d'essence pour le hors bord (qui fonctionne grâce à la pièce de rechange apportée par Augustin et Claire) et un peu d'internet. Skype avec la famille et petite frayeur. Nous laissons le bateau amarré sur l'anneau d'une bouée de mouillage et allons à terre. Le capitaine du port nous retrouve à vélo et annonce que l'anneau de la bouée a cassé, libérant le bateau! Heureusement le capitaine était dans le coin et a pu rattacher le bateau au ponton. On est quitte pour une bonne sueur froide rétrospective! Moralité, toujours s'attacher à la corde pleine d'algues et peu ragoutante qu'à l'anneau en métal tellement rongé par la rouille qu'il menace de casser à tout moment. Et son moment était venu!
Le soir, nous retournons à notre mouillage pour fêter l'anniversaire de Nicole sur Anegada en compagnie du couple canadien René et Cheryl de l'autre Sunkiss. Excellente soirée qui marque un au revoir avec Anegada qui remonte vers Carriacou le lendemain et profiter des régates.
En partant le lendemain matin en annexe, un dernier au revoir s'impose avant d'aller louer une voiture et faire le tour de l'île.
La rencontre avec Anegada nous laissera plein de bons souvenirs, on espère de tout coeur les retrouver dans la suite du périple lors de notre retour en Atlantique.


Le tour de l'île fut super, au milieu de la jungle (heureusement qu'on avait un 4x4) et de paysages magnifiques et variés. Un Roti pour le déjeuner pris à Grenville, et le soir nous profitons du véhicule pour un grand avitaillement, avec 2 bouches de plus à nourrir.
Nous sommes près pour prendre la mer, cap à l'ouest.
Départ pour Los Roques (Venezuela) le 28 juillet aux aurores.

lundi 18 juillet 2011

Saint Vincent - Les Grenadines

Nous arrivons à Young Island au sud de Saint Vincent le 24 juin 2011 à 18h30 et prenons une bouée car le mouillage est profond et avec du courant. Le lendemain matin, direction l'aéroport en Taxi co pour faire les papiers d'entrée et quelques courses.

Les taxi co sont des vans de marque japonaise aménagés en mini bus ou chaque centimètre carré est exploité. Vu de l'extérieur, ils sont pour la plupart magnifiquement tunés avec de belles jantes, le nom du bus peint d'une superbe couleur, et le reste présente une décoration plus ou moins travaillée selon le propriétaire. Musique à fond, pied au plancher, ils arpentent l'île en quête de passagers. Un petit geste de la main suffit à le faire s'arrêter, le portier ouvre la porte latérale coulissante, on grimpe et se cale là où on peut. Les taxi co sont souvent pleins et peuvent contenir 19 personnes grâce à des strapontins (ou plus si on compte les genous).


Le 26 nous partons pour l'île de Bequia (prononcer Bek way) un peu plus au sud. Encore sous l'influence d'une onde tropicale, la traversée du canal (zone d'océan entre chaque île) est sport mais rapide. Nous arrivons dans l'immense baie de Port Elizabeth, remplie de bateaux dans tout les sens, et mouillons devant la plage de princess Margareth. Le bateau étant volage au mouillage, nous mettons les 2 ancres à 45° pour plus de sécurité (on ne le regrettera pas vu les quelques bonnes rafales qui balaieront le mouillage).
Le village est minuscule mais on y trouve de tout, ou presque. Nous dégustons notre premier Roti (recette locale qui n'a rien à voir avec la signification française, voir les recettes du blog) et un poisson créole. Nous passons au shipshandler sous équipé mais trouvons un câble pour sécuriser l'annexe à terre et 2 tubas. Capu toussant encore, un passage chez le médecin s'impose, puis à la pharmacie pour traiter cette bronchite corriace.
Le 28 et 29, c'est repos forcée pour Capu, assommée par les antibiotiques, et boulot pour Adrien grâce à une connexion wifi faible mais utile (et dès qu'il pleut, on ne capte plus rien).
Le 30, on fait un peu d'avitaillement avec ce qu'on arrive à trouver et connexion internet dans des bars sur la plage.

Le 1er juillet, nous appelons le canal 67 sur la VHF et quelques minutes plus tard, une grosse barge chargée de fuel et d'eau se met à couple de Capado. Nous faisons ainsi le plein d'eau sans bouger du mouillage. La veille, on leur avait aussi donner notre linge qui est revenu laver plier repasser pour un prix dérisoire! Ça c'est grand luxe!
Un américain voisin ayant un bateau classique « Joy » passe en nageant discuter avec nous et nous recommande un mouillage sur l'île de Canouan. Le rendez vous est prit.


Nous levons donc les ancres le 02 juillet 2011 pour Canouan à 20 nm de là soit 3h de navigation sous GV haute et reacher. On y retrouve Joy qui était parti aux aurores. Nous sommes dans la baie Rameau, petite baie très jolie et il n'y a que nous. Ça change de Bequia avec des bateaux à perte de vue. La présence de petites méduses urticantes nous empêchent de nous baigner, donc nous partons pour une expédition terrestre et croisons plein de Tortue de terre avec une carapace bien bombée et des taches oranges sur la tête et la carapace. Apéro à Bord de Joy à 17h (ils sont fous ces ricains). On fait donc la rencontre de Gerrald Shapiro « Shap », professeur de musique et surtout de composition dans une université de nouvelle Angleterre. Il passe tout son temps libre sur son bateau à profiter des tropiques. Une belle rencontre pour notre premier apéro sur un autre bateau depuis la traversée.


Le 3 juilet, Adrien a 30 ans!!!!! Pour féter ça, nous changeons de baie pour aller « en ville » et tenter de capter internet pour un Skype avec Etienne à Pnom Penh. Hélas, pas de connexion disponible malgré l'hôtel du luxe. Ainsi nous partons faire un petit tour à pied dans les environs. Le village est petit donc on en fait vite le tour.... Aucune maison ou presque n'est finie, chévres, poulet, chiens gambadent au milieu. On y voit même un âne. On trouve un resto sur la plage. Pas de gateau d'anniversaire mais un poulet grillé et un rhum punch. Devant le resto se trouvent alignés 4 maquettes de voilier. Le constructeur de ces derniers explique qu'il y a un circuit de régate pour ces Gum boat. Les bateaux sont fait en Gum, un arbre locale, ils doivent faire 5 pieds de long le reste est assez libre apparemment. Pas de télécommande, donc pour les faire virer de bord, un bateau moteur les suit, puis un mec se jette à l'eau, attrape le bateau et le fait virer de bord et changer les réglages. Ils envisagent d'autoriser les télécommandes pour plus tard. Cette classe est répandue sur les îles d'Antigua, Saint Martin, Bequia, Canouan et Carriacou.


Le lendemain nous voulons aller voir le côté au vent de l'île et surtout une baie qui est au nord est. Ainsi nous marchons sous une bonne chaleur entre les cactus, quelques petits iguanes, les chiens errants, une superbe vue sur le mouillage avec Capado. Arrivés plus haut, la route est purement et simplement fermée par l'entrée d'un resort hotel qui s'est approprié la moitié nord de l'île. On ne peut pas aller plus loin! Pour rentrer au bateau, un canadien nous emmène dans son gros pick up. Il est responsable des explosifs! Grâce à lui, nous ferons un beau tour du reste de l'île avant de retourner au bateau.
Là nous rencontrons un couple Suisse, Pierre et Nicole Bonjour, qui sont venus, intéressés par le bateau.


Le 5 juillet 2011, encore une mini navigation pour rejoindre les Tobago Cays. Après une approche en slalom entre les récifs coralliens, Capado mouille dans un site magnifique! L'eau est plus turquoise que turquoise! Vite à l'eau où nous ne tardons pas à voir des tortues, des raies, des poissons de toutes sortes. On se filme à nager avec les tortues et certaines se laisse faire. C'est grandiose! Capu verra même un barracuda. Le soir nous allons prendre l'apéro à bord d'Anegada, le sunkiss 47 de Pierre et Nicole. On échange des bouquins, des conseils, le courant passe bien. Retour au bateau pour diner juste avant un grain copieux (40 noeuds) qui retournera notre annexe, alors attachée au bateau.
Le lendemain, nous allons avec Pierre le long du récif pour repérer les langoustes. Quelques une montrent leurs antennes, mais le courant est un peu fort pour s'attarder dans les parages.
Une fois séchés nous partons pour Union Island, dans la baie de Clifton, à une heure de navigation (et toujours sous voile, d'ailleurs rare sont les bateaux qui sortent du tissu entre les îles). Nous voulions acheter des rames, les dernières ayant été emportées par le grain à Tobago Cays. Mais pas de rame, on se rabat donc sur une latte de bois. Shap,étant à Union, a eu connaissance de nos déboires de moyen de propulsion pour l'annexe et nous a très gentiment prêté son moteur prétextant qu'il préfère ramer. Quel soulagement et vive la solidarité des gens de mer!


Le 7 juillet, nous faisons le tour de Union Island par le Nord pour rejoindre Chattam Bay. Grande bay, casi déserte, sous les collines, et avec une eau tellement claire qu'on voit le fond quand il y a de la lune. Nous sommes invités à bord d'Anegada pour des langoustes grillées et patates douces, un régal.
Le lendemain, c'est cours de chasse sous marine pour Adrien. Pierra ayant 2 fusils. Le matin sera
peu fructueux. Adrien ne tire que des poissons qui ne sont pas très bons, les confondants avec les comestibles. Alors que Pierre attrape quelques langoustes brésiliennes et des poissons soleils. La deuxième session l'après midi ira un peu mieux. Quelques Soleils et une cigale de mer (une sorte de langouste en plus moche). Le tir est encore imprécis, ainsi il a fallu s'y prendre à 2 fois pour beaucoup de Soleils. Nous dégustons notre premier diner dans le bateau avec le produit de notre pêche et un cake à la banane fait par Capu!

Le 9 juillet, snorkling pour tout le monde dans une petite baie avoisinante. Adrien ramène une seiche et quelques Soleils. Pierre garde son efficacité presque militaire en ne gaspillant que peu de tirs et en ramenant une bonne quantité de Soleils. Déjeuner à bord d'Anegada pour une langouste sauce gigembre, curry rouge et lait de coco, avec du riz. Grâce à Pierre et Nicole, nous apprenons à utiliser les ressources locales pour bien se nourrir . Après midi bricolage pour mieux fixer le jerrican de fuel, la gaffe, le manche à balai, un peu de couture sur le taud de cockpit, customisation du drapeau de Grenade. Ensuite on se balade sur la plage et y retournons avec les maillots et Pierre pour aller boire une bière dans un bar tout neuf où ils ont une piscine d'eau salée à débordement pour y apprécier le coucher de soleil, et aussi profiter de leur douche pour bien se rincer!! On dine avec le calamar frais et des filets de Soleils, un régal!


Le 10, départ pour petit Saint Vincent. Beau mouillage encore, devant l'ile hôtel qu'est petit Saint Vincent. Étant hors saison, l'hôtel est fermé et en travaux. Donc seuls la plage et le bar nous sont accessibles. On fera donc un demi tour de l'île par la plage de sable superbement blanc et ratissé (hôtel de luxe oblige).


Le 11 nous déjeunons à Morpion, un ilet de sable blanc minuscule avec un parasol planté au milieu. Nous arrivons avant tout les catamarans de Charter et pouvons profiter du cadre rien que pour nous. Le sable y est vraiment très blanc. Pour le diner, nous retournons à Clifton Bay sur Union Island et conclure ainsi la première boucle que nous faisons depuis le départ. Jamais nous n'avions recouper notre sillage, drôle non? Le soir, apéro sur Happy Island! Un bar posé sur une ile de la taille du bar à l'entrée de la baie de Clifton.


L'histoire de Happy Island est surprenante. Il y a 9 ans, un pécheur local a commencé à amasser toutes les coquilles de lambi au même endroit dans l'idée d'en faire une île. Au début, il y avait juste un parasol et une glacière. A force de persévérance, c'est maintenant un vrai bar en ciment et bois, avec du sable, quelques petits palmiers, de l'électricité fournit par une petite éolienne et une génératrice, des rhums punch délicieux, et bientôt il fera aussi des grillades.

Le 12, nous passons la journée sur Internet pour communiquer par skype avec nos familles respectives. Un peu de travail, beaucoup de moustiques et on rentre au bateau.
Départ le 13 après les formalités d'usage pour rejoindre l'île de Carriacou qui est la première île des Grenadines de Grenade dont vous aurez la récit au prochain numéro!

lundi 27 juin 2011

Sainte Lucie

Mine de rien, il est bon de se doucher, de prendre le temps, le bateau au port... tranquille. Nos premiers jours à Rodney Bay sont fait de repos et d'édition du blog. Trier des heures de vidéos pour ne vous en donner que le meilleur. Ainsi le Café Olé est notre repaire, au frais, à boire des Iced latté et faire chauffer les ordis.
Le blog fini, nous sortons de la marina pour aller mouiller juste en face. La baie est déjà noire de bateaux, heureusement qu'on est en hors saison.


Vendredi soir, c'est fiesta à Gros Ilet. Un village de pêcheur qui donne dans la baie. On arrive en annexe au ponton des pécheurs et là on voit tout le village qui s'active à monter des stands avec des glacières énormes pour étancher la soif de tout le monde. Nous sommes arrivés un peu tôt, le temps de prendre l'apéro en regardant les préparatifs. Énormes enceintes, un DJ, un mec qui a installé une batterie artisanale juste devant un mur de Haut parleurs (histoire de bien communiquer avec la musique sans doute, et au diable les tympans). Arrivent un peu plus tard des bus entiers de touristes venant des hôtels avoisinant. Les barbecues chauffent, poulet, maïs, acras, brochettes de poisson.... Le son monte encore d'un cran, les estomacs remplis, le rhum coule à flot, et la danse peut commencer. A minuit la population locale rejoint le groupe de touriste. Les gens sont très accueillants, toujours prêts à vous vendre quelque chose et vous vanter les plaisirs de leur île. WELCOME TO PARADISE!! On y a droit à chaque nouvelle rencontre. 
A 2h, c'est fini, on éteint la musique, tout le monde au lit. Valses de mini bus et taxis pour les terriens, et flottille d'annexes pour les marins. 


Un peu d'avitaillement au centre commercial, un peu de plage et on part pour Marigot bay, plus au sud. C'est superbe! Baie encastrée entre 2 collines avec un banc de sable bordé de palmiers qui vient couper la baie. On prend une bouée à l'intérieur. A peine arrivé, pas le temps d'affaler les voiles qu'un boat boy est déjà à côté pour te vendre une bouée. Et tout le long du trajet, ça négocie. On commence à 60 $ US, et on finit à 50 $ EC (east carribean, il faut 3.67 $ EC pour faire un Euro). Comme quoi la négociation a du bon. Tout est vide, la plupart des bars et restos fermés. On est vraiment hors saison. Mais il y a quand même internet. Pour aller dans certains mouillage de l'île, il faut un permis. Donc retour aux douanes pour demander le permis. Quelle amabilité et quelle souplesse d'esprit! En bateau, il est délicat de savoir exactement ce que tu fais, hors il n'y a pas de bureaux de douane partout, et les permis ne sont valables que 24h. C'est très pratique  pour faire un timing! Et si l'endroit te plait, tu ne peux pas y rester....  Et le permis est payant bien sûr. Anse cochon est donc notre choix. 


En sortant, on envoie le petit spi avec un ris dans la GV, ça glisse fort et l'annexe vole derrière! Faudra la remonter pour les prochains ralliement. 
Comme on va vraiment bien, on décide de zapper Anse cochon et d'aller directement à Soufrière un peu plus dans le sud. 
Nous sommes encore à 2 miles du mouillage que 2 canots nous foncent dessus. Viens dans mon mouillage, non le mien!!!!! On montre du doigt où on va et un canot s'efface. Là les boat boys sont vraiment agressifs. Ça demande un certain effort de manœuvrer le bateau, affaler la GV, ranger la plage avant, mettre le taud avec ces derniers qui n’arrêtent pas de dire: "follow me, follow me, good price!" Cette fois ci, ils ne veulent pas négocier avant la bouée! Tout ça pour un mouillage qui s'annonce fortement rouleur et une odeur de soufre bien prononcée. 40$ EC qu'ils nous disent. Nous les suivons donc. Là on se retrouve entre les barques de pécheur, très près des cailloux et une enceinte qui nous envoie le son Ragga directement. Petit détails, 40$ EC c'est pour le proprio de la bouée, mais pour le service rendu par les boat boys, c'est 30$ EC. Cette impression d'être pris pour des vaches à lait est très désagréable. Tant pis pour Soufrière, on leur file 10 pour les faire taire, et demi tour, direction anse Cochon. 


On arrive juste avant le coucher du soleil, après que les touristes aient désertés l'endroit. On est le seul bateau, personne pour nous harceler, et une bouée qui nous attend. C'est parfait. Direction l’hôtel surplombant la baie pour un coucher de soleil à couper le souffle avec Capado au premier plan. On n'est pas bien là? Le matin, les catas viennent déversés des hordes de peaux blanches à tendance rouges qui eux même sont encerclés par une nuée de canoës et autres embarcations pleines de fruits, de lambis, de souvenirs. La chasse est ouverte! On en profite pour s'éclipser gentillement et retourner à Marigot Bay (pour faire les papiers de sortie du pays).
Cette fois ci on prend une bouée à l’extérieur du banc de sable. C'est vacances aujourd'hui, donc tous les locaux sont sur le bancs de sables à jouer, profiter du soleil et surtout fumer des pétards et boire du rhum. On y déjeune locale: banane légume râpée, riz, poulet. Papiers de sorties dans la poche, nous partirons le lendemain pour Saint Vincent.




vendredi 17 juin 2011

De Las Palmas, Gran Canaria, à Rodney Bay, Sainte Lucie


Départ de Las Palmas à 10h38 TU. C'est parti pour 2667 miles nautiques en route directe.
En partant, nous avons sonné de la corne de brume, comme le veut la tradition, mais le port est resté muet à nos appels; les traditions se perdent, ou on est tellement hors saison que les gens ne s'y attendent pas.... Les pleins sont faits: eau, bouffe, gazole. Donc on est prêts!
Pour démarrer, ce sera au moteur pour passer la pointe nord de Gran Canaria (2 heures) et dès la première rizée, nous envoyons le grand spi et nous déhalons tranquillement dans cette pétole. Le vent se renforce un peu entre Gran Canaria et Teneriffe, ce qui n'est pas de refus.
Un voilier au moteur pleins gaz, venant de Teneriffe, se détourne pour nous prendre en photo. Sympa.
Vers 1:00 TU le 28 mai, nous passons la pointe sud de Teneriffe. Ce qui marque notre sortie de l'archipel des Canaries. Sommes nous vraiment prêts pour un si grand saut? On a bien fait 5 jours de mer, mais envisager entre 15 et 18 jours, c'est une autre affaire! Pas le temps de trop se tordre les neurones, une zone de convergence sous l'île nous donne du fil à retordre et utilisons le moteur 1h pour passer le pire. Ca y est, nous sommes dans les alizés (15 kts pour l'instant). La journée du 28 se passe à chercher les bons réglages entre le pilote, le spi et la GV afin que le bateau avance tout seul, ce qu'il finit par faire très bien d'ailleurs. Aussi haut que puisse être le Volcan de Teneriffe, on ne le verra pas! Dingue non? Couverture nuageuse dense, sans être grise, on ne voit rien. On commence à prendre notre rythme, ce qui demande un peu d'adaptation. Se réhabituer aux bruits du bateau naviguant, et surtout s'endormir vite pour profiter un maximum des 2 heures imparties.


Après des alizés hésitants, le 29 mai annonce le début d'un vrai bon alizé tout comme il faut, le bateau accélère et l'hydrogénérateur se met à chanter! Au dessus de 10 kts, il siffle, ce qui est un bon indicateur de départ au surf.

Parlons de l'hydrogénérateur. Au regard de ce que nous avons navigué, ce dernier s'est révélé indispensable. Il est bon d'avoir de l'énergie "gratuite". La traînée supplémentaire est minime et on peut ainsi toujours maintenir les batteries a un bon niveau en le plongeant 4x 1 heure par nuit. Le jour, les panneaux solaires assurent le maintien de la batterie à niveau. C'est magnifique de ne pas avoir à démarrer le moteur pour recharger. On se sent moins coupable de faire tourner le PC et le pilote. Ainsi, moins de gazole embarqués, donc un bateau plus léger, donc plus rapide, donc les batteries se rechargent plus vite.

Le début de la route est pour nous de glisser vers le sud ouest en quelques empannages et ainsi contourner l'anticyclone au nord et garder du vent frais. Manœuvre que nous effectuons de mieux en mieux. Capu à la Grand Voile: enlever le hale bas, border l'écoute. Ainsi on peut choquer pataras au vent, récupérer le mou en parti du pataras sous le vent. Ado prend les écoutes de spi et la barre, et c'est parti. Le spi passe, puis la GV, on bloque l'écoute de spi, borde pataras au vent, et remettons le hale bas de bôme. Sous spi asymétrique, pas besoin d'aller à l'avant, ce qui est très sécurisant. L'idéal est de choisir le bord qui est le plus aligné avec la houle.


La nuit, le vent est souvent un cran plus fort que de jours, du coup nous adoptons vite le petit spi pour la nuit et le grand spi pour le jour. Si le vent monte encore, on prend aussi un ris dans la GV ce qui stabilise bien le bateau et permet surtout au pilote de rattraper une quelconque tentative de départ au lof. Ce qui donne des quarts de nuit assez monotones au final. Vive le lecteur MP3 pour avoir un peu de musique, ou la lampe frontale pour un peu de lecture, ainsi que le solitaire sur l'ordi, ou démineur. Tout est bon pour garder les yeux ouverts. Les brins de toilette se font de nuit aussi, ça réveille et c'est une activité supplémentaire.

Nous sommes bien seuls sur l'eau, seul un cargo qui d'ailleurs nous est passé un peu trop près, sans doute le syndrome du palmier au milieu du désert. En plus il vient nous déranger en pleine partie endiablée de Rami, avec un score très à l'avantage d'Ado sur cette première partie de parcours. La seule compagnie que nous ayons est une mouette blanche avec une longue plume sur l'arrière (un paille en queue), qui vient nous dire bonjour tout les matin, et faire un peu la discussion. Elle est marrante car son style de vol est peu académique, voir brouillon! Nous croisons régulièrement ce que nous avons surnommé des empanadas flottants. Une sorte de méduse pleine d'air, qui flotte donc et dérive au grès du vent. Va falloir tirer ça au clair. Pour le reste, quelques poissons volants la nuit. Beaucoup de petits (trop petits pour finir à la poêle) qui atterrissent sur le bateau. Le 1er juin nous gratifie de 3 beaux spécimens qui seront délicieux.

La ligne de pêche s'est déroulée une première fois mais au moment de remonter, il n'y avait plus rien. Une seconde fois, on sent bien la bête au bout du fil, elle lutte, et à 20 m du tableau arrière, lâche prise. Pourtant on avait mis le spi en chaussette et bien ralenti le bateau... rageant. A deux jours de l'arrivée, le moulinet va à nouveau se dérouler. Nous choquons le spi, mais rien n'y fait, la ligne se déroule malgré le frein de moulinet serré au maximum, la bête doit être énorme. Cette fois ci, la ligne cède. Le poisson a gagner un piercing très tendance en forme de calamar.


Le 2 juin, première douche. La douche solaire suspendue au mât, ainsi lavage à l'eau de mer. Séchage au soleil, on  frotte pour enlever un maximum de sel, puis rinçage grâce à une bombonne (de jardinage pour désherbant) qui brumise l'eau et ainsi rince bien pour une faible quantité d'eau douce utilisée. Ca fait du bien!

En soirée, le bout de sécu de l'hydrogénérateur cède et le voici qui sort des ces fémelots et traîne lamentablement derrière le bateau, retenu par ses bouts. Donc petite réparation express, mais un peu trop express, faut recommencer. Cette fois ci, c'est bon. Le bout de maintien de l'hydro dans l'eau se casse régulièrement suite à quelques surfs bien appuyés. Une petite manille au lieu de passer le bout directement dans le trou permet de mettre un bout plus costaud. On n'aura plus d'ennui avec ce dernier.
Plus tard, lors d'un renvoi de ris, le chariot de latte #2 de la GV casse, ça tiendra comme ça pour la nuit.
Lendemain, on affale la GV, remplaçons le patin cassé et renvoyons. Peu de temps après, ce dernier casse aussi.... GRRRRR. On recommence, cette fois ci, c'est bon, mais quelle galère! Problème à résoudre.
Une bonne journée, bien occupée en somme.
A 1000 miles de l'arrivé, nous voyons pour la première fois des algues, des buissons jaunes flottants. Ces derniers vont être de plus en plus dense et nous forcer par 3 fois à faire une marche arrière tellement on en avait dans la quille! Ça frêne énormément.


Les mouettes se font de plus en plus nombreuses, une espèce marron vole majestueusement au ras de l'eau pour chopper les poissons volants. C'est un superbe balai. Parfois ils courent sur l'eau et repartent. Impressionnant. Notre ami la pataude est toujours avec nous tout les matins (le paille en queue).
Le 6 dans la nuit, on croise un navire n'émettant pas en AIS, on suppose que c'est un militaire. Mine de rien, nous nous retrouvons en route de collision, il nous faut donc lofer pour passer derrière. A ce moment même, notre premier vrai gros grain approche, le vent accélère franchement, le bateau accélère fort sous spi de tête, mais il devient difficile de garder une route haute (nécessaire pour éviter la collision). Nous affalons donc de façon assez sport, sous une pluie bien dense et voyons le militaire passer sans soucis devant nous. Pas très sécurisant de voir que ces derniers ne se sont pas déroutés et n'émettent pas en AIS. A croire que notre présence ne les inquiète guère et que la mer est à eux! Si je chopais l'officier de quart..... Le reste de la nuit  se passe sans encombre.


Les grains sont assez impressionnants, mais pas si puissants que ça en moyenne. Ils apparaissent en fin de jour puis se dissipent complètement dès que la nuit est tombée. Ils se reforment vers 4h du matin, sont plus puissants, et restent jusqu'à 11h environ. Tout dépend de leur taille. C'est pratique, ça permet de bien savoir quand il faut être plus vigilant et adapter la toile en conséquence.
Tout au long du voyage, grâce à notre téléphone satellite, nous avons pu communiquer par email notre position quotidienne à nos parents ainsi que quelques anecdotes. Ainsi Hervé et Yoann ont gardé un oeil sur nous, vérifiant bien que la météo restait favorable et que rien de dangereux ne nous menaçait. Donc merci beaucoup à nos anges gardiens.
Le 12 juin, quelques dauphins nous rendent visite pour un petit quart d'heure, ils avaient sans doute d'autres dorades à fouetter.
La deuxième moitié du parcours a été marquée par une recherche constante d'ombre. De 8h à 15h, le soleil tapait très fort, et il était impossible de rester exposé. Ainsi Capucine allait souvent se réfugier au pied de mât, dans l'ombre du spi et de la GV. A partir de 15h, le soleil passait derrière la GV, rendant le cockpit accessible à nouveau.


Le 13 juin, nous voici tout proche de notre destination, mais on ne voit rien. Nous scrutons l'horizon mais les nuages sont trop denses. Enfin au coucher du soleil, un trou de lumière se fait sur la Martinique, et 30 min après, c'est au tour de Sainte Lucie de se dévoiler. On slalome entre les grains qui n'ont jamais été aussi denses. Par chance, nous arrivons jusqu'à Rodney Bay au sec, la pluie sera toujours tombée à coté de nous. Reste à trouver l'entrée du port de nuit. Cette dernière est très mal illuminées, d'ailleurs nous ne voyons le feu rouge qu'une fois l'étrave engagée dans le chenal. La lumière avait l'intensité d'une luciole. On avance dans le chenal étroit, passant à coté d'un bar où personne ne se rend compte qu'un bateau passe à 10m d'eux. Drôle de sensation. Enfin on arrive au ponton, accueillis par Andrew qui très aimablement nous installe comme il faut. Comme il dit: "I want to make you confortable" avec un fort accent local. Merci Andrew, le port est superbe avec des pannes trois fois trop grandes pour notre Capado. Il est minuit heure locale et on va se coucher heureux.


Lendemain matin, c'est l'anniversaire de Capucine. Quel timing! Petit tour à la capitainerie pour les papiers, puis le service d'immigration. C'était l'heure du ménage donc tous les douaniers étaient dehors à attendre, et nous aussi. Au bout d'un moment, on nous donne un formulaire à remplir sur le balcon devant le bureau qui se fait toujours une beauté. Enfin nous pouvons rentrer. C'est minuscule et ils sont une bonne dizaine de douaniers entassés. D'abord aller voir le premier officier qui contrôle ce que nous avons rempli. Il nous donne alors 3 feuilles, 1 pour nous et les 2 autres pour ses collègues. Donc nous allons au bureau juste à côté (1m), pour le contrôle des passeports, et encore un autre mètre de parcouru pour payer la taxe. Donc, chaque arrivant fait un petit circuit dans ce bureau exigu, passant d'un bureau à l'autre. Une tâche, une personne. Il ne doit pas y avoir beaucoup de chômage....


A notre grande surprise, les parents d'Adrien nous ont réservé une table dans un restaurant gastronomique pour fêter la traversée et l'anniversaire de Capu. Très classe d'arriver en annexe sur la terrasse du restaurant, et ensuite profiter d'une farandole de plats tous plus originaux et goutus les uns que les autres. Un grand merci!!! Une fort belle manière de retrouver terre. Ça change de la tambouille du bord!

Quelques chiffres pour finir:
Temps de traversée: 17 jours, 16 heures et 30 min.
Distance en ligne directe: 2667 nm
Distance parcourue: 2944 nm
Vitesse sur route directe: 6.28 kts
Vitesse moyenne sur le fond: 6.93 kts
Consommation de fuel: 5 L
Consommation d'eau: 130 L