dimanche 6 mai 2012

Nouvelle Zélande deuxième partie

Bloqué au ponton par le mauvais temps qui persiste, on part en vélo faire le tour de la ville repéré les lieux pour nos futurs achats. On attaque ensuite par le démontage de toutes les charnières des placards afin de les nettoyer de la rouille. On remonte le tout, puis barbecue. La marina met un énorme barbecue à disposition des utilisateurs, sous une tente, c'est très agréable et permet de changer d'air par rapport au bateau.
Les chandeliers partent chez le soudeur, le support de panneau solaire aussi. On enlève la rouille des outils avec plusieurs recettes différentes: citron vert avec du sel, vinaigre blanc avec du sel, vinaigre chaud, et produit antirouille. Le vainqueur est vinaigre blanc avec du sel. Par contre, ca embaume le bateau! On plie les voiles et démontons la baume. On a une liste de travaux assez longue, du coup, il n'y a pas de temps creux, on peut toujours rebondir sur une autre activité. Le grand objectif est de rendre le bateau étanche. Pour ceci, on coupe les plexiglas de roof pour limiter les effets de la dilatation. On démonte aussi tout ce qui représente une petite fuite. Heureusement, il n'y en a pas tant que ca. Avec le temps menaçant, un remontage rapide est impératif.
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Aujourd'hui, c'est le pire de la dépression, du coup, on sort la machine à coudre. On rajoute une ouverture dans l'avant de la capote pour améliorer la ventilation au mouillage. Une poche pour ranger les portes vient maintenant orné la cabine bâbord.
Il est dimanche et tous les yachties se retrouvent à 18h pour un barbecue. C'est un peu tôt pour diner, du coup, avec Jean Michel, on est en retard et tout le monde a déjà fini. Une dame prend sa guitare et anime la fin de soirée. Ça réchauffe l'atmosphère.
Le temps est arrivé de sortir le bateau, il fait beau, et plus important, le vent est tombé. Il est bien sale le bougre. Après le coup de karcher, la phase délicate commence, enlever la quille. Karl, le chauffeur du Travelift, avait préparé un berre à cet effet. On vient aligner le bateau, posé la quille dessus. Adrien libère les boulons supérieurs puis le bateau descend sur sa quille. Une fois en bas, on enlève les cales latérales puis le bateau peut remonter. Tout le problème est de maintenir le bateau bien aligné avec la quille, donc chaque opération prend du temps. Une fois les derniers boulons enlevé, Karl hisse le bateau au dessus de la quille. C'est tout juste, le bateau ne peut pas monter plus haut mais ca passe. Direction son emplacement en laissant la quille sur place, tel un totem au milieu du chantier.
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Au boulot, on démonte les safrans et le grattage intégral de la coque peut commencer. On passe d'un antifouling très érodable à un semi érodable, du coup il faut tout enlever.
Il est vendredi et la marina organise un diner sur l'autre rive avec représentation de Haka par une troupe Maori. La venue des bateaux à chaque saison cyclonique est un boost pour l'industrie locale, donc tout est fait pour que les bateaux reviennent. Ça fait un peu bizarre de faire un barbecue à l'heure du gouter, mais bon, le spectacle est superbe. On apprend ainsi que le lendemain se déroule le concours inter régional de Kapa Haka avec la troupe en champion sortant. Le rendez vous est pris. Avec nos deux visages pâles on dénote pas mal au milieu de ce grand rassemblement Maori; on paraît bien gringalets aussi. Chaque troupe fait une représentation de 45 min où s'alternent chants guerriers ( le Haka tel que réalisé par les all blacks), chants sur la famille, l'amour et la nature. Le tout très chorégraphié par la quarantaine de chanteurs. C'est superbe ( La vidéo vous donnera une meilleure idée).

La deuxième des trois troupes que nous avons vu n'ayant pas été très performante, certaines personnes du public leur ont répondu en faisant le haka aussi. Drôle de façon d'exprimer son mécontentement, mais tellement explicite!
Retour au bateau pour remettre les mains dans la colle. Avec touts les petits détails qu'on veut régler, il faut se faire une bonne liste dès qu'on s'attaque à de la résine ou de la peinture.
Le bateau intéresse beaucoup et ca fait plaisir. En effet, Paul, l'accastilleur du coin, est notre premier fan, puis beaucoup de gens s'arrêtent, posent quelques questions, prennent quelques photos. Paul nous fait une bonne pub, on aura même des gens d'Auckland faire la route pour jauger la bête.
On reçoit la visite de Bruno et Aladin qui nous invitent à diner à bord de leur bateau Dalaï, encore au mouillage dans la rivière. On retrouve la famille au complet, Bruno et Carmen avec leur fils Aladin. Ils ont construit un beau bateau de 16m50 pendant 4 ans sur le plateau de Valencole et mis à l'eau à La Ciotat. Aladin est en seconde est envisage de faire ses études à Southampton, d'ailleurs il en est à sa douzième maquette, et il y a du potentiel.
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On se met à l'antifouling, et à la peinture autour de la descente ainsi que sur la réparation effectuée à Tahiti. La quille reçoit une nouvelle plaque téflon bouchant ainsi le jour qu'il y avait. On remonte enfin les chandeliers, les bloqueurs et les winchs. Le bateau retrouve petit à petit un aspect vivable. On augmente l'étanchéité des coffres arrières en rajoutant des manchons sur les mèches de safran évitant toute infiltration par le haut.
L'autre jeune couple de la marina s'invite à bord. Daniel et Ella, deux Neo zélandais, qui retapent le bateau familial. On se reverra pour un barbecue commun. L'envie de partir sur l'eau les démange aussi alors il faut bien remettre le bateau en état.
On fera aussi une soirée matelotage avec Jean Michel. Objectif, retrouver comment faire une manille textile. Jean Mi bourlingue sur l'eau depuis longtemps et son dernier bateau Flight time arrive du Canada. Une bonne soirée avec un vrai loup de mer solitaire.
Après tout notre travail, un test s'impose. Capu arrose copieusement le pont pendant qu'Adrien guette les fuites. Pas une goutte ne passe, c'est assez réconfortant. Pourvu que ca dure.
Le bateau peut retourner à l'eau. Grâce à la précision de Shane et Karl, et l'absence totale de vent, on peut remettre le bateau sur la quille, puis à l'eau. Il est beau, il est propre, mais ce n'est pas finit.
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Le bateau étant près, on attaque les voiles. Une bonne journée d'atelier voilerie sous la tente du barbecue qui a bien amusé les autres bateaux. Nous avons tout fait nous même ( sauf les soudures), du coup, ca amuse beaucoup les bateaux américains plus habitués à faire deux trois bricoles pendant que les différents corps de métier s'occupent du gros œuvre.
Il nous reste encore un peu de matelotage mais le plus dur est derrière nous. Globalement, nous avons eu beaucoup de chance avec le temps. Les dépressions tropicales ont arrêté de se succéder sans cesse, laissant place à un temps plus sec bien meilleur pour faire de la peinture ou de la résine. La marina a été très aidante, surtout l'accastilleur qui s'est démené pour trouver absolument tout ce que nous demandions. Il nous aura fallu 4 semaines bien remplies pour finir ce qui était resté à faire au départ de Marseille, rajouter les améliorations muries pendant ce demi tour du monde et enfin entretenir ce qui devait l'être.
On rejoint l'équipage de Dalaï, qui est sorti de l'eau à son tour dans une autre marina, pour un dernier barbecue entre amis avant de caboter à nouveau le long de la côte.
Lundi 30 avril, nous quittons enfin la marina et descendons la rivière, ouf.
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Une pensée pour Jean Michel et Flight time. En remontant vers la Nouvelle Calédonie, Flight time heurte une container à 150 nm de Nouméa, crevant la coque sur 30 x 40 cm. Malgré l'effort des 5 personnes à bord, le bateau coule en une heure et tout le monde se retrouve dans 2 annexes avec 4,5 L d'eau et 1 kg de raisins secs. Ils dérivent 2 jours avant d'être repérés puis hélitreuillé à 200 nm des côtes, soit en limite de portée de l'hélico. Tout le monde est sain et sauf, avec quelques gros coups de soleils et un peu de déshydratation. Le bateau gît par 1000 mètres de fond.
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Cette nouvelle a bien secoué la communauté nautique locale et a incité beaucoup à revoir leur approche.
Pour notre part, nous avons revu notre procédure de sortie et complété notre sac de secours. La probabilité de taper un container est aussi faible que de gagner au loto ( on préfèrerait la deuxième possibilité), mais on peut s'organiser mieux pour tenter de ne pas passer 2 jours dans une annexe.
Bon courage à Jean Michel qui peut heureusement compté sur une belle solidarité.


dimanche 8 avril 2012

Nouvelle Zélande (première partie )

C'est la Saint Patrick apparemment.... Tout le monde est en vert et joue le jeu à fond. Les déguisements et accessoires sont plus délirants les uns que les autres. Il pleut, ne fait pas très chaud, et tout le monde est en vert, faire tous ces miles pour arriver en Irlande!!! Heureusement l'accent, lui, est bien local, ouf. Le lendemain, on reste à terre pour voir le départ des bateaux de la Volvo. On croise Erwan 5 minutes et Jo aussi, ainsi que d'autres connaissances du monde de la régate. Le village est bondé et tout le monde supporte l'équipe locale sur Camper. Le show est superbe et l'au revoir aux bateaux émouvants, surtout que les conditions sont vraiment mauvaises et que ca va être pire ensuite.
Depuis le quai du terminal ferry, on voit les bateaux faire un premier aller retour avant de prendre le large. Sanya viendra virer à presque toucher le quai, sous les applaudissements de la foule. Il est temps de s'organiser, on commence par une carte de téléphone puis on visite un peu le centre qui se résume vite à une grosse rue commerçante: Queen street. Un peu de bricole aussi avec nettoyage des coffres arrières, surtout que notre nettoyant inox s'est ouvert. De plus, on repère une fuite dans une vache à eau tribord, et de fil en aiguille, on devra remplacer 3 vaches en tout. Un an de bons services. On retrouve à la marina le bateau Magalyanne menée par Jean Luc et Marie Christine. Deuxième tour du monde, mais cette fois ci sans les enfants qui furent du bord 20 ans plus tôt. On va passer un bon bout de chemin ensemble vu que nous sommes sur le même timing pour rejoindre Cape town Noël prochain. Ils font d'ailleurs parti de la Société Nautique de Marseille et leur bateau fut aussi baptisé à la Nautique, comme le Capado.
On occupe nos journée pluvieuses à remettre le système d'eau douce en état, la pompe à pied de la cuisine fuit aussi... Le spi de tête est réparé dans l'immense voilerie North Sails ( pas de Quantum à Auckland ). Puis le temps s'éclaircit et nos vélos reprennent du service. On visite le quartier de Parnell (bof) puis on va voir le musée de la ville, très impressionnant mais pas le temps pour une visite. Cette ville est posée sur une multitude de volcans, endormis bien sûr, donc ça muscle les jambes.
Mathieu, un ami de Southampton, vient nous rendre visite. Déjà 4 ans qu'il habite ici et s'y plait bien, La mafia de Southampton est partout!!!! On ira faire un tour ensemble sur la grandiose plage de Piha, côté mer de Tasmanie, avec ces gros rouleaux et son sable noir. Puis une autre plage tout aussi époustouflante juste à côté, avant de déjeuner au centre d'information du parc national. Merci Mathieu, c'était grandiose.
On retrouve aussi de la famille. Pascale et Benoit viennent visiter la bête. Cela fait 10 ans qu'ils ont la tête en bas et comptent bien y rester. Le surlendemain, nous aurons une super diner chez eux avec 2 de leurs amis, un régal. En chemin pour le diner, on a fait un détour par le Mont Eden, volcan d'où on peut voir tout Auckland. Autant le centre est petit, autant la ville est immense. Des maisons à perte de vue, seulement quelques immeubles pas bien haut. C'est pas la densité qui les étouffe.
Grâce à Seb et Charlotte, amis d'Australie, nous invitons à bord une flopée de leurs amis. Matthieu et Élodie, Thomas et sa fille, Benoit et Estelle. On espère bien les revoir en Nouvelle Zélande mais le départ d'Auckland approche.
En effet, on récupère le spi, du gaz, le système d'eau est rétabli, en route pour le golfe d'Hauraki.
On commence par Rangitoto, un volcan situé juste à la sortie d'Auckland. Après une heure de marche, nous apprécions une vue imprenable, par beau temps, sur Auckland et son port, ainsi que les innombrables iles alentours. Tiens tiens, 2 catamarans à ailes rigides font des essais, Team New Zealand prépare l'America's cup. Le soir, on va sur l'île de Motuihe où le mouillage est bien plus confortable. Il y a une grosse volonté du pays pour redonner aux iles leur caractère sauvage, il n'y a plus de ferme dessus comme avant et l'on y replante la forêt.
Une bonne navigation nous attend afin de rejoindre la pointe nord de la péninsule de Coromandel, au Cap Colville. Ca mord à l'hameçon, on ralentit, on remonte de la ligne, puis plus rien. Le poisson s'est libéré. A peine le temps de remettre la ligne que ca mord à nouveau. Le poisson a bien mordu cette fois, et on voit 3 autres poissons qui le suive pour lui piquer sa proie ( notre hameçon). Un seul est bien assez pour notre diner. On débarque en pleines alpes suisses. Nous sommes entourés de moutons sur de verts pâturages à flanc de montagne. Quelques Camper vans dans le DOC du coin, et c'est tout. On est au bout du monde.
La Nouvelle Zélande est le terrain parfait pour les fans de Camping car. On peut camper partout, et des aires du Département Of Conservation ( DOC ) mettent à disposition des toilettes, des douches et parfoit même des barbecues pour une somme très raisonnable. Du coup, on voit des campeurs partout. D'autres nomades comme nous.Le lendemain, direction Great Barrier Island. Navigation rapide sous foc 1 ris et GV 2 ris, au vent de travers. On se faufile entre les petits ilots sous le vent de l'ile avant de passer dans un bras de mer super étroit et déboucher sur une petite mer intérieure entourée par les volcans. C'est un autre charme par rapport aux tropiques. Le mouillage est assez agité par les rafales de vent qui descende du Mont Hobson, notre destination pour le lendemain.
On enfile les chaussures de marche et en route. La randonnée est très bien entretenues avec des ponts suspendue, des passerelles, et des marches par endroit. Surtout à la fin, 2300 marches sans s'arrêter pour atteindre le sommet. Les cuisses en ont pris un sacré coup.... On profite de la vue, déjeunons et redoutons la descente de ces maudites marches. On prend un autre chemin pour rentrer. Ce dernier est moins emprunter par les touristes, donc beaucoup moins bien entretenu. On rentre en descendant une ligne de crête mais la végétation est tellement dense que la vue s'en trouve limitée. Après 7 heures de marche, on retrouve le bitume où un gars du coin sur son defender bien fatigué nous embarque. Capucine à l'avant avec Robinson Crusoë, et Adrien dans la benne arrière. Il a vécu sur l'île toute sa vie, avec la centaine de résidents permanents. Retour au bateau bien fatigués.
La météo va se dégrader vite, une nouvelle dépression menace, et ici, c'est du sérieux. En route pour Whangarei à 45 nm d'ici. On commence sous spi fractionnel et GV 1 ris, et on se retrouve à mi chemin sous foc 1 ris et GV 2 ris, ca souffle déjà pas mal. Marée oblige, on dort à l'entrée de la rivière avant de remonter la rivière avec la marée presque haute pour ne pas talonner avec la quille.
La nuit fut horrible tant le vent soufflait fort, faisant éviter le bateau très fort à chaque bourrasque. Chacun son tour, on allait vérifier que les ancres tenaient bon.
On arrive enfin à Riverside Drive Marina. Le vent souffle déjà fort, et on attend encore plus. C'est ici que nous sortirons le bateau de l'eau pour lui refaire une beauté. La phase travaux commencent.

mercredi 21 mars 2012

De Sydney à Auckland

Une dernière soirée avec Camille et Johan dans un bon pub avec un bon gros steack que chacun fait à son goût sur le Barbecue au centre du pub. Un régal, et bien mieux qu'à bord où ca bouge beaucoup vu le sale temps. Une grosse dépression bien méchante nous passe dessus et on attend qu'elle descende dans notre sud pour sortir du Sydney Harbour.
Ça se précise, ce sera pour Jeudi après midi. On passe donc par les douanes le matin pour faire la sortie, sous une pluie battante, puis on retourne à notre bouée devant le zoo pour attendre l'embellie. Il est 14h30 locale et le soleil se montre enfin. En route!!!!
Sortie du Harbour sous GV seule pour profiter une dernière fois de la vue sur cette ville. La pluie battante des dernières 24h nous donne un très fort courant sortant du Harbour. A peine passé les heads, on se fait proprement secoué. La houle levée par cette dépression est énorme. On met le spi de tête pour s'écarter au plus vite de la cote. De gros dauphins gris nous accompagnent, certaines femelles sont enceintes, ce qui rajoute au volume déjà bien conséquent. On verra aussi notre premier albatros de loin, magique. La nuit, le vent tombe du coup, on met le moteur pendant 5 heures. Pas de temps à perdre, plus on tarde à gagner dans l'Est, plus on fera de près.
Spi à nouveau, belle journée ensoleillée et toujours cette immense houle, la mise en place des estomacs est laborieuse par ces conditions. Le vent tombe encore, le courant d'air qu'on espère pour aller vers l'Est se fait attendre. Un peu de patience, car 5 heures après le vent rentre petit à petit et le bateau allonge la foulée. Au petit matin du 10 mars, notre spi de tête se déchire. Ça fait mal. On renvoie vite le petit spi, chaque mille gagné au portant, c'est du près en moins. On avance vite à très vite, le vent prend encore un peu d'intensité, 1 ris dans la GV puis 2. Puis le vent refuse et rentre carrément. Le spi retrouve sa chaussette et le foc fait son entrée. C'est pas fini, on prendra même un ris dans le foc et le troisième ris dans la GV.
Des paquets de mer viennent souvent recouvrir le pont, c'est sport. Heureusement le pilote tient bien, du coup on se calfeutre à l'intérieure, dans la cabine au vent, avec tout le matossage. On maintient une moyenne un peu supérieure à 200 milles en 24h.
Le 11 à la mi journée le courant d'air est fini, le vent refuse encore et mollit. On retoile mais on n'avance plus aussi bien. On est au travers, puis près bon plein, puis près, puis le vent continue de refuser et vient maintenant droit de là où on veut aller. Le bateau penche, tape dans la mer, on n'avance plus aussi bien, c'est bien du près!!!!
Terre en vue, on est le 15 mars au matin et on voit la pointe nord de la Nouvelle Zélande. Ce qu'elle va être longue à passer cette pointe!!! Au près, contre le courant, on tire des bords carrés, nos espoirs d'arriver à temps pour la Volvo Ocean race s'amenuisent.
En remontant l'hydrogénérateur au petit matin, on voit des traces étranges sur la peinture blanche. Une bête, sans doute un requin, est venu se faire les dents sur notre pauvre hydro. Heureusement, ce dernier a tenu bon.
Au nord de l'ile, on a du vent d'Est, soit dans le nez, puis on contourne enfin le North Cape pour faire route au Sud Est, et le vent vient du Sud Est, soit encore dans le nez. Comme on dit, le près c'est 2 fois la distance, 3 fois le temps, 4 fois la peine.
On va se protéger de la mer le long de la côte. Il fait beau, le paysage est magnifique. On passe devant la bay of Islands où nous reviendrons y mouiller.
Le 16 à midi, on passe enfin le cap Brett et espérons profondément avoir fait notre dernier virement de bord. Eole nous a entendu et le vent tourne à nouveau à l'Est. On peut enfin choquer un peu les voiles et glisser au travers. Capado retrouve des vitesses plus coutumières. L'espoir, alors perdu, de voir la Volvo Ocean race renait. On glisse fort sous foc 1 ris et GV 2 ris, le long de paysages superbes. On entre dans le Golfe d'Hauraki et la houle se calme, plus que quelques milles et on voit la tour d'Auckland au loin.
En passant entre Rangitoto Island et la terre, on slalome entre tous les bateaux venus pécher à la canne et dérangeons un énorme banc d'oiseaux qui décollent tous devant notre étrave. Puis Auckland se révèle tout entière. Plein de bateaux sont déjà sur zone pour admirer les gladiateurs de la mer en pleine joute devant Auckland. Le temps d'affaler les voiles et on voit les Volvos remonter au près vers nous. Timing plus serré on ne fait pas.
Les bateaux enroulent la bouée au vent sous nos yeux. Groupama, hauteur d'une superbe layline, double Puma et Sanya pour passer en seconde position derrière Camper, l'équipe locale. Toute la flotte descend sous spi. La bouée au vent est alors déplacée, du coup tout les bateaux spectateurs et nous entamons une transhumance derrière les bateaux de la sécurité. La flotte des Volvos enroulent encore la bouée, Groupama a perdu une place au profit de Puma. Aller les frenchies!!!!!
La régate est finie, on se dirige vers Groupama qui affale leur GV. Là on rencontre un autre bateau francais: Magalyanne. Après un temps autour du beau bateau vert et orange, il est temps de faire notre entrée en Nouvelle Zélande. On ne sait pas trop bien où se trouve le ponton de quarantaine, du coup un zodiac de la police nous montre le chemin et les officiers prendront même nos amarres sur le ponton. L'autorité sanitaire arrive en premier et repart avec nos poubelles, puis le douanier. Tout se passe bien, pas de droit d'entrée surprise ni de contrôle trop drastique du bateau. Welcome to New Zealand. On s'amarre à la Westhaven marina. Direction le village de la course et une bonne bière fraiche en pleine Saint Patrick.  

dimanche 4 mars 2012

Sydney 2


Par faute de mouillage possible autour du South head, on annule la balade pour aller à Manly voir le début du OPEN MANLY SURF Festival et surtout aller chez Seb et Charlotte pour fêter leurs fiançailles. On y rencontre pas mal de français et passons une super soirée, le rhum de Panama a fait quelques heureux. Pour se remettre de la veille, Adrien tente le surf grâce à une planche prêtée par Seb. Pas glorieux, un premier pied sur la planche, mais c'est tout. Beaucoup de monde dans l'eau, donc chaque vague est une bataille. Ensuite, on embarque Johan, Camille, Seb, Charlotte, Frank et Charles sur le bateau pour faire un tour du Harbour. On se fera saucer par un bon grain, la traditionnelle douche de Sydney, en fin d'après midi. Apéro au Manly 16 ft skiff Yacht club puis diner au take away thaïlandais. Adrien a pris un plat un peu trop épicé...
Plus d'eau à bord, il est temps de faire le plein. Le CYCA nous laisse gentiment faire le plein chez eux. Adrien prend le vélo pour tenter de trouver une solution au gaz, car on en manque aussi et les bouteilles ne sont pas les même qu'en France, ni les embouts ni rien du tout. Du coup, c'est un peu le stress. Le soir, on dort à Elizabeth bay et rendons visite à Jesseas, un gros cata de 62 pieds avec des francais en skipper, Thierry et Sissi. Ils font le Tour du monde avec ce bateau. On échange, on sympathise, bref on est invité à diner et ils nous offrent un guide nautique pour la Nouvelle Zélande, ainsi qu'un guide touristique. Merci beaucoup. Ils partent vers Bali le lendemain, bonne nav à eux, en souhaitant que les cyclones les épargnent.
Le 15, on fait la visite guidée de l'opéra. Ça vaut le coup. Quand on pense qu'ils ont commencer la construction sans savoir comment faire la structure des toits!!!!! Une belle histoire d’architecture moderne, et l'intérieur est tout aussi impressionnant. Ensuite, on va se balader sur le Harbour Bridge et y apprécier la vue sur la ville. On continue de faire chauffer l'asphalte avec nos vélos, direction le musée pour prendre la sculpture de la vague en photo avant de retourner à the Rocks faire des photos de nuit de l'opéra. Ensuite, on tente d'aller prendre un verre dans la Sydney Tower mais on nous signifie gentiment qu'il y a un dress code. En gros, tongues, crocs, shorts et t-shirt ne sont pas les bienvenus. Dommage, on va donc diner dans China Town avant de rentrer au bateau, avec, encore une fois, quelques km au compteur.

On retourne à Manly le vendredi car le festival de surf continue et ils ont ouvert le bol de skate. Les séniors sont impressionnants d'adresse malgré la cinquantaine pour certains, puis vient le tour des Pros. Une belle journée de skate. Le lendemain, on remet ça. Puis diner à bord avec Charlotte, Seb, Frank et Charles. Frank nous fait gouter de l'Amarula, un alcool sud Africain à base d'un certain fruit que les éléphants mangent une fois tombé par terre pour s'alcooliser un peu. C'est très bon, un peu comme du bayleys en plus doux. Charles dort dans le bateau. Dimanche, quelques courses puis on part pour la Elizabeth bay. On y laisse le bateau pour aller au Tropfest, grand festival australien de court métrage, avec beaucoup de célébrités dans le jury, telles que Cate Blanchette ou Nicole Kidman. La foule est très nombreuse, tout le monde assis dans le parc en mode pic nique. Pour nous, c'est sushis. La nuit tombe est les projections commencent. Malheureusement une pluie battante ne nous aura laisser qu'une heure de répis. Sous équipés pour ces conditions nous rentrons au bateau, bien trempés. Ce fut donc un festival raccourcis pour les 150 000 spectateurs.
Le mouillage est vraiment mauvais avec les passages incessant des ferrys. On retourne à Rozelle Bay y retrouver Ilusion avec Julio et Soledad qu'on invite pour un apéro à bord.
Comme on aime bien se balader dans le Harbour avec le Capado, on part visiter l'intérieur de la rivière jusqu'à Cocatou Island, vieille usine désaffectée transformée en camping et repère pour artistes. En chemin vers Balmoral, on croise le JJ Giltinian trophy (championnat du monde non officiel de 18 pieds australiens). Les 18 pieds australiens sont des skiffs de 18 pieds de long avec de longues échelles de chaque côté pour augmenter le couple de rappel des trois équipiers au trapèze. Ca va vite à très vite mais peut occasionner de très belles figures de style pour les équipages moins expérimentés. Donc du beau spectacle surtout que le vent soufflait copieusement. On mouille à Balmoral où Johan nous rejoint à la nage avec une certaine appréhension vu que les requins ne sont jamais bien loin. On dénombre 4 attaques mortels de requins par ans sur tout le territoire, mais il n'est pas rare d'en voir se balader. Souvent les requins tigre suivent les bateaux de pêche qui vont jusqu'au fish Market. Les bull sharks vont un peu partout selon l'humeur. Même sous la terrasse du CYCA. Malgré cela, beaucoup de monde nage les matins le long des plages. Seuls quelques unes ont encore des filets de protection. Autant dire que le requin est un grand sujet de discussion.
On va donc à terre en annexe avec Johan, le soleil étant trop bas pour se remettre à l'eau. Le coucher de soleil est une bonne heure pour se faire croquer.....
On profite du mouillage pour se laver dans les superbes et propres douches publiques sur la plage. On sent que Balmoral est un quartier aisé, puis balade avant de travailler un peu. Voiles pour Adrien et Carte d'implantation pour Capu.
Le lendemain, on retourne voir le JJ Giltinian trophy. Du grand spectacle. Avec un dessalage du second dans le dernier bord!!! Trop dur. Une victoire sans partage de Gotta Love it 7. Le soir, on mouille à Manly pour diner avec Seb. Il est très pratique d'avoir un bateau à Sydney, mieux que le ferry!
Il est temps de changer d'horizon, départ pour Pittwatter, retrouver un peu la houle océanique. On passe prendre Johan à Balmoral avant 16 nm de près dans 12 noeuds de vent. Le temps est super, on longe la côte et ses longues plages toutes réputés pour le surf. Sur la route, on passe à côté du championnat du monde de Etchells. Petit quillard assez ancien, un plus gros qu'un Soling et se navigue à 4. Un grand différentiel de vitesse avec les 18 pieds... On passe ensuite devant Palm Beach, on contourne le phare et entrons dans Pittwatter. On se met au ponton du Royal Motor Yacht Club le temps d'une petite bière et pour que Camille nous retrouve. Nous mouillons à la nuit tombante devant Scotland Island. Le lendemain, on ressort de Pittwatter pour faire le tour de Lion's head. C'est samedi, beaucoup de bateau sont sur l'eau à profiter du vent et du soleil. C'est sympa de naviguer bord à bord avec d'autres bateaux.
On mouille ensuite au pied du phare de Palm beach pour une petite marche digestive et profiter de la vue imprenable sur la baie et l'océan. Enfin on descend sur la plage côté océan pour observer les kite surfs et planches à voile dans les vagues. Le soleil descend, il est temps de retrouver Camille et Johan au Royal Motor Yacht Club. Ils arrivent bien chargés avec le barbecue, la bouteille de gaz et leurs affaires. On charge et on mouille dans une baie le long du parc national. Diner de brochettes et légumes au barbecue, un régal et aussi un truc complètement unique à bord du Capado. Tout le monde dort à bord, puis le lendemain Adrien et Johan grattent la coque alors que Camille et Capucine vont sur la plage. On navigue ensuite vers un mouillage plus loin dans Broken bay. Camille à la barre, Johan et Adrien aux réglages, Capu aux photos. Déjeuner dans Refuge bay, sur un corp mort, on ressort le barbecue. Quel luxe!!! Retour en douceur sous spi jusqu'au yacht club. On débarque l'équipage de choc puis allons mouiller à Taylor's point où on monte en voiture direction la maison des amis de Charles pour un apéro, fish and chips et poker. Retour au bateau grâce à Frank. Un week end bien rempli.
Le lendemain, on profite à fond du ponton visiteur du Royal Motor Yacht Club pour plein d'eau et douches. On reprend la mer direction Sydney. Sous spi cette fois ci, ca va vite et l'entrée dans le harbour est époustouflante, au surf sur la belle houle, à passer tout près du ferry pour Manly avant d'enchainer les empannages jusqu'à l'opéra. On finit au moteur jusqu'à Rozelle Bay mais là un agent de Maritime nous interdit de mouiller là où on mouillait tout le temps. Du coup faut aller dans des zones de mouillage ridiculement petites avec peu de fond et beaucoup trop de bateaux. Capado bouge beaucoup autour de son ancre, donc on ne peut risquer de se caler dans un petit espace avec des changements de vent radicaux ( plan d'eau urbain) et un fond de vase peu consistante. Demi tour. Il est presque 17 heures, on propose donc à Seb de le ramener de la city direction Manly. On le récupère à coté du terminal paquebots avec une marche arrière vers le ponton et ce dernier monte dans l'annexe. Technique déjà testée pour récupérer Johan à Balmoral. On tire donc des bords au près avec Seb en timonier. Puis apéro et diner à bord. Encore une journée bien remplie. Décidément, notre vie à Sydney est très sociale. Et rencontrer tout ces parcours si différents, au bout du monde, est très intéressant.  
Le temps se gâte, donc on décide d'aller dans le middle harbour, au delà du Spit bridge, pour diner chez Mickael Selby et sa famille. Il était venu nous rendre visite un peu plus tôt à Manly et voulait en savoir plus. C'est l'occasion de visiter le middle harbour qui est rempli de maisons aux styles architecturaux très différents, du super design au carrément mauvais gout, tout y est. On prend une bouée au pied de la maison de Mickael, à côté de son bateau. Quel luxe d'avoir le bateau si proche. Une bonne soirée et le lendemain Mickael nous prête toutes les cartes papiers pour la côte nord de l'Australie, ce qui est bien pratique.
Retour à Manly pour une dernière soirée entre amis. Mouillage à little Manly cove car la houle rentre et le vent se fait de plus en plus fort. Une bonne dépression dessus. Du coup, le trajet en annexe du bateau jusqu'à terre nous trempe des pieds à la tête. On devra faire l'aller retour plusieurs fois pour faire le plein de bouffe avant le grand départ.
Direction le zoo, où les bouées sont gratos et ainsi ranger les ancres et attendre la fenêtre météo.