lundi 17 septembre 2012

De Darwin à Bali

Nous quittons Darwin à 9h30 après une bonne lutte pour remonter les ancres très très bien accrochées au fond. Au moment de mettre le pilote, ce dernier barre dans tous les sens. Oups, une légère erreur de remontage des câbles vite corrigée. Magalyanne est parti une bonne heure avant nous depuis Fanny Bay. On les cherche au loin, on suppose les voir, mais bon, le vent ne permet pas de les retrouver. Pour ne rien changer à la météo locale, on se retrouve englué pendant 3 heures. Ensuite, c'est du bonheur, sous spi, au largue serré avec une mer plate. On croise pas mal de gros paquets d'algues, à tel point que nous ferons une marche arrière afin de libérer la quille d'un énorme amas. On troque le spi pour le reacher et glissons paisiblement sur la mer du Timor, qui nous offre même un beau wahoo de 70 cm et un beau banc de dauphins en fin d'après midi qui resterons longtemps jouer avec notre étrave. On peut même les filmer sous l'eau (voir la vidéo) et repérer quelques bébés dauphins qui attendent leur tour pour se rapprocher du Capado. On pense être pour une fois bien dans les temps pour une arrivée de jour, mais le vent nous quitte à quelques milles du récif de Ashmore. Ainsi, nous entrons dans la passe à 4 heures du matin dans une nuit sans lune. Heureusement le navire de l'armée australienne nous donne la position exacte d'un corps mort pour y passer le reste de la nuit. A 8 heures, les douaniers montent à bord. Re bienvenu en Australie, on peut donc maintenant prendre le chenal bien balisé vers West Island et les corps morts plus abrités. L'eau est superbe, on voit le fond à 15m sous la surface. A 13 heures, les douaniers voisins, en station sur le ashmore guardian, viennent nous rendre visite pour nous proposer une session de snorkeling. Avec joie, on s'équipe et en avant avec leur méga jet boat vers des récifs peu explorés. On passe à 25 nœuds sur des fonds de sable d'1 m, ca donne vraiment l'impression de planer. Les fonds sont superbes, remplis de bénitiers géants de toutes les couleurs, de sting raies, de tortues.... Notre premier snorkeling depuis la Nouvelle Calédonie. On est au milieu de nulle part, seules deux petites iles en vues, c'est grandiose.
Au petit matin, trois tortues passent près de notre tableau arrière. Ensuite Adrien nettoie un peu la coque tout en voyant une grande raie aigle passer non loin. Les douaniers nous invitent à déjeuner. On visite ainsi leur bateau base et rencontrons tout l'équipage. Peu de bateaux s'arrêtent sur ce coin de paradis, alors on est un peu l'attraction. Les douaniers sont là pour les réfugiés qui tentent le passage depuis l'Indonésie, et préserver cette réserve maritime où les pécheurs indonésiens font souvent escale. En route pour une nouvelle session de snorkeling. On croise 1 raie manta qui reste en bordure des hauts fonds. Quelle chance! Pendant que Tony et Jason se relaient pour manœuvrer le dinghy, on plonge avec cette bête majestueuse. Un beau ballet aquatique. Elle ne donne pas l'impression de faire beaucoup de mouvements, par contre on doit palmer fort pour rester au contact. Heureusement le dinghy la renvoie vers nous. On était presque à la toucher. Les raies finissent par nous fausser compagnie, donc on se dirige vers un autre récif encore plus loin. Le lendemain, Tony et Jason nous proposent d'aller faire un tour sur l'île alors qu'ils font des entrainements de pilotage des dinghies. Grâce aux douaniers de Ashmore reef, et tout particulièrement à Tony et Jason, nous avons vraiment pu profiter à fond de ce récif à mi chemin entre Darwin et Bali.
Le vent reprend du service, on reprend la mer direction Bali. On sort du chenal puis envoyons le spi. Nous passerons tout près de l'autre bateau des douanes qui partage son temps entre l'Antarctiqueee et les navettes entre Ashmore reef et Christmas Island. Dans la nuit, le vent monte et le petit spi prend du service. On fait de belles moyennes, de trop belles moyennes si on veut arriver de jour à Benoa. Du coup, on range le spi et passons sous foc. Le coin est rempli de pécheurs, certains sont très visibles avec leur lamparos et d'autres ont juste une petite flashlight en guise de feu de navigation. Il est donc très difficile de savoir à quelle distance ils sont et où ils vont, un peu stressant. A l'aube, nous nous engageons dans le canal entre Lombok et Bali, un concentré de courants forts et grosses marmites. On est parfois arrêté ou propulsé à pleine vitesse. Ça secoue.
Un dernier slalom entre les pirogues innombrables et peu visibles dans la houle puis nous attaquons le chenal du port de Benoa. Attention aux balises plus ou moins bien positionnées et au trafic incessant des parachutes ascensionnels. Une touriste australienne passera au dessus du mât, pas très réconfortant. On s'attend à trouver un endroit pour mouiller mais on est vite déçu. La baie n'est qu'un banc de sable peu avenant où s'entasse de tout. Après plusieurs aller-retour devant la marina à tenter de choper une personne responsable des « bouées », un dinghy vient à nous avec 2 locaux. On leur file nos ossieres et ils les attachent sur des piquets de bois plantés dans le banc de sable. C'est un désordre sans nom dans toutes les lignes. Pour 100 000 Rph la nuit, le Capado est attaché en 2 points devant et pareil derrière. Notre voisin, très gentillement, nous propose ses lignes en trop pour le lendemain. Ainsi nous avons un mouillage gratuit en face de la marina, cool. On retrouve Magalyanne qui est arrivé au petit matin après une escale à Kupang. Avant l'apéro, il faut faire les papiers d'entrée. Pas moins de 6 bureaux à aller visiter! Une demi journée pour tout faire, patience. On loue un scooter et nous voilà près à profiter de Bali

vendredi 20 juillet 2012

De Airlie Beach à Darwin (Australie)

On met les voiles à 8h30 le 17 juin, sous spi de tête et grand voile haute, la mer est belle, bien cachée derrière la barrière de corail qui casse la houle du Pacifique. On commence par un petit saut de puce pour mouiller le lendemain à Magnetic Island. En chemin, un wahoo mort à l'hameçon. Un croisement entre le barracuda et le maquereaux, chaire blanche très bonne et il faut bien admettre que c'est bon de changer du thon. Bon mouillage mais on ne s'attarde pas.
Nous quittons donc Horseshoe bay après un bon petit déjeuner, direction Cairns qui sera rallier le lendemain après une bonne navigation bien rapide sous spi fractionnel et Grand voile 1 ris, et un peu sport sur la fin avec 3 ris dans la GV et 1 ris dans le foc, secoué par de bonnes risées. Comme les cargos passent aussi dans ce bras de mer, cela fait beaucoup de monde pour quelques endroits très étroits. On se retrouve en fourchette entre deux cargos et 2 récifs, ca passe en affalant le spi pour en laisser passer un puis reprendre notre route, un peu serré. Bienvenue au pays des crocodiles. Un beau panneau nous le rappelle au ponton des annexes. Le mouillage, en face de la marina, dans la rivière, longe la mangrove, du coup on ne fait pas trop les fiers dans notre petite annexe gonflables alors que tous les locaux ont des annexes rigides en alu. Le fameux lagon de Cairns, une énorme piscine municipale stylisée et en plein air, est fermé. Dommage, c'est vraiment l'une des seules attractions de Cairns. On prépare la navigation suivante et quelques courses avant le contour de la péninsule de York. En sortant du chenal, un gros cata de croisière vient en face et quelqu'un à son bord nous fait des grands signes. La distance diminue, et on reconnaît Jean Mi, notre ami de chantier de Nouvelle Zélande miraculé suite à la perte de son bateau en allant à Nouméa. Incroyable de le voir là, de retour sur l'eau et en pleine forme. Rencontre brève mais tellement sympa.
On glisse sous spi, alternant entre le grand et le petit. Un bateau Canadien de 50 pieds navigue avec GV haute et gennaker tangonné en ciseau, mais Capado fait parler son déplacement léger malgré le petit spi et les 2 ris dans la GV, le Canadien disparaît petit à petit derrière nous. Il est bien rare de croiser des bateaux sous voile dans le même sens et avec des vitesses presque similaires, du coup on passe une journée bien divertissante à observer notre compagnon d'un jour.
L'approche du Cap York nous offre pas mal de vent, on troque le spi pour le foc. La mer se creuse pas mal, bref une nuit un peu agitée. Au matin, nous passons le Cap York, point le plus nord de l'Australie. Au revoir océan Pacifique, bienvenue dans l'océan Indien. On commence par le Golfe de Carpentaria avec une bonne brise et une mer qui ne tarde pas à monter. Capado au largue serré cavale fort, on sera vite en face aux iles Wessels. On voulait passer par le Hole in the Wall (trou dans le mur) qui consiste en une passe très étroite dans l'archipel des iles Wessel qui est un véritable mur contre la mer du golfe de Carpentaria. On s'approche, il est temps de mettre le moteur. Ce dernier ne démarre pas, mais en plus le démarreur fume!!!! Pas bon. Deuxième tentative mais le démarreur tourne au ralenti. C'est pas bon du tout. Pas de risque inutile, on se déroute vers la passe de Cumberland au nord, qui est plus large. On se retrouve pris dans une énorme marmite, vagues super creuses en arrivant, puis on prend le contre courant sur le côté nord avant de se retrouver de l'autre côté dans un courant traversier fort qui nous envoie vers le Sud et la marmite, puis le courant se fait plus frontal, on avance à 8 nœuds sur la surface et 1 nœuds sur le fond. Ambiance concentrée à bord, on renvoie un ris pour plus de vitesse, quelques bons surfs sur la bordure de la marmite et ouf, Capado est dégagé du piège.
De l'autre côté du mur, la mer se fait plate, le spi retrouve le soleil. On commence un long échange par mail avec notre équipe à terre: Hervé et Georges. Objectif: redémarrer le moteur. On explore pas mal de théories sur l'origine de la panne, mais rien n'y fait. Après moult mails et un coup de téléphone, merci l'Iridium, il faut se rendre à l'évidence, le moteur reste désespérément silencieux. Et bien c'est à la voile intégralement que nous rallierons Darwin. Pour courroner le tout, la pétole, bien connue dans cette région, se met de la partie. Dur d'avancer. On tire des bords carrés sous spi ou reacher à essayer de maintenir de la vitesse, mais parfois, impuissant, il vaut mieux ranger les voiles et attendre la risée salvatrice. Un thon mort, on profite de la pétole pour un peu de haute cuisine. Beaucoup de lecture aussi. Alors que nous séchons sur le pont après une bonne douche d'eau de mer, on va vite se cacher, l'avion des coastguards nous survole en rase motte pour la deuxième fois. Ensuite on a droit à un appel VHF très courtois sur l'identité du bateau, et sa destination. Le passage de l'avion devient un rituel presque quotidien.
Le 2 juillet au matin, nous arrivons enfin à Darwin, et, ironie du sort, sous trinquette et GV 2 ris, il y a beaucoup à trop de vent.... Dingue non. Puis le vent se calme à midi, comme tout les jours, on mouille sous voile dans Frances bay au sud de la ville. Là, au moins, notre consommation de fuel est restée minime!!! De toute façon, il aurait été inutile de mettre le moteur avec encore 300 milles à faire. On n'aura jamais autant lu.
On retrouve la civilisation et internet, du coup on envoie un mail à Magalyanne au cas où ils sont encore dans le coin. Alors qu'on allait vers la terre, en annexe, toujours aussi à l'aise avec la menace des crocos, on appercoit Magalyanne qui nous rejoint au mouillage.
Cela fait 3 mois que l'on s'est croisé à Auckland. Du coup, apéro, diner à bord et partage des trajets de chacun.
Au boulot, on démonte le pilote pour le déposer au représentant Raymarine local, et on s'attaque au démarreur du moteur. Dans un espace exigu comme notre salle des moteurs (c'est un bien grand mot), accéder au démarreur demande de démonter la descente, démonter l'alternateur, desserrer les pieds du moteur, le suspendre grâce au hale bas sur la baume, puis enlever le pied tribord, pour ainsi enlever le démarreur. Tout un programme, au pris de contorsions insensées pour essayer d'y voir quelque chose tout en faisant jouer de la clé à cliquets. Ensuite, on va au shipchandler le plus proche pour demander un mécano, ce dernier nous rallonge le trajet du double pour voir un spécialiste du démarreur. Heureusement qu'on a les vélos pour ainsi arpenter les zones industrielles sous une chaleur de bête. Verdict, le démarreur est cuit. On le remplace pour un d'occasion, puis on reprend le manège de montage démontage. Le nouveau démarreur est un poil trop long de 5mm, et c'est reparti pour des killométres en vélo. Ce séjour Darwinien est sous le signe du sport!!!
Adrien a 31 ans, on fête ca avec un hamburger de Kangourou. Comme on n'en a pas vu, au moins on en aura manger.... Ça ne vaut pas le steak mais c'est pour le folklore.
Le représentant Raymarine ne trouve rien d'anormal au pilote... Une certaine différence de perception du normal, et pour couronner son inutilité flagrante, il compte nous facturer 120 $ pour du vent. Au pris d'une belle prise de becs avec les patrons et Raymarine Sydney, notre pilote nous est restituer sans frais. Dingue! Ensuite, on va au grand centre commercial de Darwin puis retour au mécano pour un autre démarreur aux cotes plus adaptées à notre environnement étroit. Cette fois ci, le moteur tourne à nouveau, victoire. Il ne roule pas encore sur des roulettes mais au moins on peut quitter Darwin. Ainsi, les douanes nous permettent de raccourcir le délai de 3 jours avant de partir, puis on rempli les bouteilles de gaz, on fait le plein d'eau, ranger les vélos, tout ca au prix de multiples aller-retour à la rame entre le Capado et la terre. Sous le signe du sport on vous dit. Bref, le bateau est prêt, le moteur tourne ou presque, on est le 7 juillet et Bali nous tend les bras.

lundi 18 juin 2012

de Brisbane à Airlie Beach


Après les douanes, voici l'officier de Quarantaine. Ce dernier fait son inspection puis nous demande de régler la modique somme de 320 $ et le supplément du week-end end de 280 $..... C'est un peu cher comme supplément.... L'officier à Sydney nous avait assuré qu'on n'aurait pas à repayer la Quarantaine, du coup, on refuse de payer en attendant de clarifier l'affaire. Un retour en Australie qui s'annonce bien couteux.
Nous quittons la marina de Riversgate direction le centre ville. Premier mouillage à Northshore Hamilton avec d'autres bateaux. Super mouillage bien calme car peu de trafic. On débarque les vélos, notre meilleur outil en milieu urbain, pour visiter les alentours. On recharge le téléphone et la clé 3G puis quelques courses sur Oxford street, un joli petit quartier avec un concert de classique dans le parc. Pour diner, on fait un barbecue dans le parc voisin (barbecue électrique à disposition par la ville) avec Charlotte et Frank rencontrés à Sydney.
En portant une pièce de la quille vers le soudeur, Adrien se bloque le dos. La modification sur la pièce est très basique, mais le prix que demande le soudeur, plus habitué à une clientèle fortunée, est exorbitant. Adrien retourne donc en annexe chercher la pièce. Capucine en profite pour mettre à jour le blog et travailler aussi. A son retour, la quarantaine nous annonce qu'il faut tout payer... Dur.
Pour oublier tout ces tracas, Frank nous emmène en voiture voir les Glasshouse mountains dans le nord. On découvre un décor inattendu de belles fermes bien entretenus et de haras. Puis nous faisons une marche vers les chutes d'eau Kandalilla, en pleine forêt tropicale. On verra bien des panneaux incitant les conducteurs à la prudence pour les Koalas, mais nous n'en verront aucun. On finit par Mooloolaba beach et une belle démonstration des sauveteurs en mer. Une belle journée.
On déménage Capado vers le centre ville. On remonte donc la rivière jusqu'au parc botanique puis mouillons un peu dans le chenal. Il faut vite trouver un ostéopathe car le dos d'Adrien ne s'améliore pas. Heureusement une place est libre dans l'après midi. Acuponcture, puis un peu de massage pour détendre des muscles bien tendus avant de faire craquer le tout. 45 min et un homme neuf. Encore 2 jours de traitement sous anti inflammatoires et c'est bon. Ouf.
On passe ensuite chez Charlotte pour des lessives et douches, merci beaucoup d'ailleurs.
Le lendemain, on fait les papiers pour notre permis de croisière Indonésien puis faisons l'avitaillement avant de retrouver Frank et ainsi aller acheter 2 autres bouteilles de gaz en prévision du reste du voyage. Enfin nous dinons avec Frank et ses parents, excellent. Spécialité Sud africaine au menu.
La ville c'est bien, mais il nous tarde de retrouver la chaleur et les îles. Capado quitte Brisbane poussé par la marée. La zone entre l'ile de Moreton et l'ile de Fraser n'est pas des plus facile. On l'a bien vu en arrivant. Mer hachée et grains sur grains avec une période de 15 min où le vent passe de 5 à 30 nœuds. Un régal et une nuit avec peu de sommeil. Le temps s'améliore nettement et on récupère, puis le vent tombe complètement, un peu de moteur s'impose.
On passe la pointe nord de Fraser Island et entrons donc dans la mer de corail. La mer se calme, le thermomètre monte, on pêche même un petit thon de 1,5 kg pour fêter ca. En papillote avec son tian de légumes, que c'est bon!
On est en avance pour notre rendez vous à Mackay avec Sébastien et Charlotte, pour une fois. On passe donc une nuit au mouillage à Pearl Bay puis on repart. Capado est aller un peu vite, on sera à 2h du matin dans cette énorme marina de Mackay. On comptait laisser le bateau quelques heures pour faire des courses, mais le prix est le même qu'on reste une nuit ou 3 heures. Va pour la nuit. On prend le bus pour le centre, y retrouver Seb et Charlotte. On s'attelle aux courses pendant que nos invités vont au bateau s'installer. La ville a le charme d'une ville minière, c'est à dire aucun. Première soirée avec les amis. Vive les retrouvailles.
Le lendemain, un plein de fuel puis on décolle pour le Whitsundays. Après une navigation bien rapide sous spi et Seb à la barre, on dort à Shaw Island. Une belle entrée en matière, dans la nuit, la houle rentre et rend le mouillage atroce... On ne s'attarde pas et filons vers whiteheaven beach sur Whitsunday Island en passant par le Whitsunday passage. Dans un vent bien soutenu, sous 2 ris et foc 1 ris, on enchaine les empannages dans la houle à passer entre les cailloux. Impressionnant et magnifique de déboucher sur une baie calme avec une immense plage de sable d'un blanc limpide. On mouille vite afin de se lancer à la conquête de cette terre. Tentative de lancement de Kite à l'arrière du bateau un peu hasardeuse. Plus facile depuis la plage. Volley ball, baignade, concours de lancer de noix de coco avant que cette dernière n'éclate suite au lancé gagnant de Seb.
On part en Capado vers le nord de la baie afin de voir l'hill Inlet, un bras de mer qui zigzag dans les terres. Un spectacle époustouflant qui change d'heure en heure avec la marée et la luminosité. C'est le sable le plus blanc de notre périple. On lancera les kites depuis le banc de sable avec premier cours de maniement de l'aile pour Capucine. Seb et Charlotte tenteront quelques bords malgré un vent un peu léger. Les hauts fonds sont remplis de Sting rays, attention où mettre les pieds. L'eau limpide permet de les voir assez bien et même de les filmer. On en a eu plein les yeux.
On part ensuite pour Langford Island, un platier prometteur, en passant entre Whitsunday Island et Hook Island. Nous y sommes, notre premier snorkeling depuis la Nouvelle Calédonie. L'eau est un peu fraîche mais quel plaisir de retrouver l'élément liquide. On se balade ensuite sur le banc de sable où nous voyons une grande quantité de Sting rays et des bébés requins. Le soir, on fête les anniversaires de Seb, 35 ans, et Capu 30 ans, avec un bon gâteau au chocolat. Comme l'endroit est top, on y reste le jour suivant. Au programme, Kite pour Seb avec quelques belles figures et chasse au requin l'après midi. On met un bout de jambon accroché à une ficelle au bout de la gaffe, et Adrien met la caméra au bout du manche à balai. Ainsi, on se positionne pour filmer la bête (50 cm). On trouve un bon candidat, qui en bon requin, s'approche progressivement puis attaque de manière tellement rapide que l'on a pas le temps de relever le jambon. Un vrai vorace!!!!
Au matin, Seb et Charlotte retourne à l'eau alors qu'Adrien monte dans le mât pour quelques photos. On a eu de la chance car les bouées mises à disposition sont normalement pour 2 heures, mais il n'y a jamais eu assez de bateau pour nous forcer à quitter le coin, et ce malgré les multiples charters qui sillonnent l'archipel. En route pour la face ouest de Whitsunday Island, au pied du pic pour un mouillage tellement calme et bleu qu'on se croirait dans une piscine, sauf qu'il y a plein de tortues. Il est un peu tard, mais il faut tenter le coup, direction le pic de l'île pour apprécier la vue. Le panneau en bas annonce 4 heures aller-retour. Faut pas trainer. On monte à un rythme soutenu. Une heure plus tard, on apprécie une vue grandiose sur l'archipel avec le soleil bien bas. On ne peut pas s'attarder, il va faire nuit. On descend en courant, c'est sport et bien fun. On est de retour à la plage tout juste pour le coucher de soleil.
Dernière soirée avec Seb et Charlotte bien animée avec un combiné de tabou, pictionnary et mime. En gros de bonnes rigolades.
Il faut maintenant rejoindre Hamilton Island, une île dédiée au tourisme, pour y déposer Seb et Charlotte afin de reprendre l'avion direction Sydney pour l'un et Brisbane pour l'autre. Merci d'être passés à bord. Un séjour inoubliable dans un lieu de rêve, bref, une belle recette.
A nouveau seuls, le trio Cap, Ado et Capado vogue vers Airlie Beach. On passe à coté d'un gros incendie qui met d'ailleurs notre destination dans la fumée. Par joie du timing, la nuit tombe et la fumée s'estompe.
Airlie Beach n'existe que par les milliers de Touristes qui viennent voir les Whitsundays, c'est la foire aux backpackers. La baie est remplie de bateaux au mouillage et la marina est, elle, principalement occupée par les bateaux de charters. Un vrai business.
Avitaillement et blog, Capado vise maintenant Darwin avec 1500 milles de navigation côtières dans la grande barrière de corail et le territoire des crocodiles d'eau de mer.

lundi 28 mai 2012

De Opua ( NZ ) à Brisbane ( AUS )


Nous sommes le 17 mai, le soleil vient de se lever, il fait très froid à bord à cause du vent de sud, il est temps de partir. D'ailleurs on n'est pas les seuls à sauter sur l'occasion. Il y a la queue au bureau des douanes. Capucine part dépenser nos derniers dollars néo zélandais dans un leurre et un long couteau à filets, il n'y a plus qu'à pécher un bon gros poisson. Tout le monde part surtout pour la Nouvelle Calédonie, d'autres vers les Tonga ou les Fidji et certains, plus téméraires, pour Tahiti. C'est aussi le défilé des backpackers qui cherchent des embarquements vers des latitudes plus chaudes. Nous sommes les seuls à partir pour l'Australie.
On s'attendait du coup à un départ groupé, mais on se contentera juste de sortir avec un catamaran jusqu'à la fin de la baie of Island. Le vent monte, on passe de reacher et GV haute à 1 ris dans le foc et 2 dans la GV, Capado allonge la foulée au travers, cap au nord. Un albatros royal nous rendra visite plusieurs jours de suite. Il passe tout près, par sous le vent puis retourne à ces occupations avant de refaire un tour le lendemain. C'est beau de voir ces oiseaux planer sans fin sur les vagues avec leur grande envergure.
La mer est encore bien agitée mais se calme rapidement avec le vent, on s'approche de l'anticyclone et de l'ile de Norfolk. On renvoie de plus en plus de tissu. D'ailleurs, dans un changement de voile, alors que la houle fait valser la GV, l'écoute de cette dernière attrape au passage la barre tribord (réparée depuis Aruba) et la casse à l'endroit même de la réparation. Pour la suite du périple, on changera donc l'autre barre de côté à chaque changement d'amure.
En tout cas, cela fait bien plaisir de profiter d'une mer calme avec un temps sans nuages et une douce glisse. On revoit ainsi notre planning d'ici à Cape Town, c'est qu'il reste beaucoup de milles à parcourir et la montre tourne. Dure décision, mais sage, nous n'irons pas en Papouasie et économiser ainsi 1000 nm.
Le soir, Capu se couche la première à 20h alors qu'il fait déjà bien nuit et se fait réveiller une demi heure plus tard par les sons des dauphins qu'on entend très bien à travers la coque. Adrien va donc les chercher du regard sur le pont mais il n'y a pas de lune et peu de planctons. Le même scénario se répètra plusieurs soir de suite.
Le 20, nous apercevons l'ile de Norfolk distante de 22 nm, petite ile Néo Zélandaise un peu seule sur la route des anticyclones. Le vent est toujours faible mais on peut commencer à tourner vers Brisbane. C'est un beau tour de la paroisse que nous sommes en train de faire. Encore 3 jours et on sera clairement dans le bon courant d'air.
On troque le spi de tête contre le spi fractionnel, on prend 2 ris dans la GV et c'est parti pour les grandes vitesses. Le pilote tient bien, du coup c'est un régal. Adrien prendra quand même la barre histoire de s'amuser un peu et faire une pointe à 14,3 nœuds dans un surf interminable. On slalome aussi entre les grains pour rester au sec, c'est un exercice amusant, surtout avec la barre à changer à chaque fois. Le lendemain, le vent tourne progressivement au nord, du coup on passe sous reacher, toujours à pleine balle. L'annonce d'un coup de vent sur Brisbane pour notre arrivée motive pour avancer et espérer arriver avant la bascule au Sud. Capucine prépare un gros gratin de pâtes en prévision du sale temps.
Raté, à 70 milles au Nord Est de l'ile Moreton, une barre noire se met en travers de notre route. On s'équipe en vitesse et commençons à affaler le foc et prendre 3 ris dans la GV avant d'envoyer la trinquette. En 10 minutes, le vent passe de 15 nœuds de Nord à 40 nœuds de sud ouest. La bascule progressive, comme annoncée, par l'ouest n'aura pas lieu. C'est du propre, nous sommes maintenant au près dans une mer de plus en plus mauvaise (houle de Sud vient s'ajouter à la houle d'Est). Par la magie du Satellite, Capucine peut appeler la terre (Hervé est notre ange gardien, monsieur météo pendant les traversées). Le plus dur ne durera que quelques heures. Ouf....
Malgré cela, il nous reste maintenant 70 milles au près, et c'est pas sympa. Adrien devra barrer toute la nuit car le pilote ne sait pas où donner de la tête dans ces remous chaotiques. Capucine prend donc le relais à la table à carte et tient compagnie à Adrien pour le garder éveillé. En approche de la terre, on passera juste devant l'étrave d'un pécheur au thon qui ralentit exprès. Impressionnant de passer aussi près dans une nuit sans lune avec une mer forte. Un grand moment de stress....
Au petit matin, le vent se calme et nous sommes assez près des cotes pour ne plus avoir de mer, le pilote reprend du service et Adrien file se coucher. C'est qu'il fait froid! Cirés, bonnets, sous couches sont de sortie. Le vent du Sud nous apporte toute la fraicheur de Tasmanie.
On entre dans la baie de Moreton et le vent se calme même complètement, plus de vent du tout. Le moteur prend donc du service à son tour. On s'engage dans la rivière de Brisbane à 16h, contre le courant avant de rejoindre la Riversgate marina y retrouver les douanes. Il est 18h quand on arrive, mais on a du mal à trouver le ponton de Quarantaine. Ce dernier étant caché et occupé par un gros Megayacht. Les agents des douanes viendront donc au ponton fuel. 
De ponton à ponton, nous aurons parcouru 1450 nm pendant 226.75 heures, soit 6.39 noeuds de moyenne. La route directe était de 1243 nm, mais un détour par Norfolk s'imposait pour garder un vent favorable.