vendredi 30 août 2013

Açores

Après toute traversée, on aurait une forte envie de se détendre et visiter ce nouveau lieu. Et bien non, le bateau d'abord. Ainsi on nettoie de fond en comble, on assèche ce qui doit l'être. Le fémelot supèrieur de l'hydro a cassé le dernier jour, on le remplace. Le toilette fuit, on colmate. La capote se découd, alors la machine est sortie de son coffre. Qu'on se rassure, on profitera tout de même d'une bonne bière fraiche dans ce beau village de Lajes de Flores. Puis balade le long de la digue pour voir les peintures des bateaux de passage.
Encore un jour de bricolage et le bateau est à nouveau au top. En allant au bar, haut perché, nous sommes pris en stop par un local parlant très bien français. La base militaire qu'il y avait sur l'ile 20 ans plus tôt avait presque francisé l'ile.... Antonio fera même un détour pour nous déposer puis repassera nous donner un livre sur Flores. Trop gentil, nous verrons par la suite que ce trait de personnalité est très répandu chez les açoréens.

Le 1er aout, Hervé et France, parents d'Adrien, arrivent à l'aéroport. Augustin a trouvé à louer une voiture non officiel à un « ami », une magnifique Rover où l'on ne sait pas si ce sont les freins ou l'embrayage qui vont rendre l'âme en premier. Vu les dénivelés de l'ile, ça promet une journée forte en émotions. Déjeuner dans un snack local puis direction le bateau pour installer nos nouveaux équipiers. Enfin, on avait repéré la veille, suite à une petite marche, un superbe endroit avec barbecues à disposition. Tout le monde en voiture, quelques gros steacks et en route. Nous offrons à Hervé un Lambi corne de brume des Bahamas, alors on s'essaye tous avec plus ou moins de succès. On finit enfin la soirée dans notre repère des derniers jours, le café des sports où des tables de billards sont libres d'accès. C'est relax ici.
Le 2 aout, tour de l'ile avec notre fidèle Rover. Les paysages sont vraiment superbes et la météo clémente. Les lacs au milieu, les falaises au bord de l'eau, la roche volcanique tout dernièrement solidifiée (à une échelle géologique). Tous les champs sont bordés de massifs d'Hortensias bleus à perte de vue. On ne remerciera jamais assez nos amis de Toucan et Aletis qui avaient insisté pour venir voir ce joyaux le plus occidentale de l'Europe.
Il est 18 heures et Capado quitte cette mignonne petite marina, en route pour Horta sur l'ile de Faial. Au matin, nous passons sur un haut fond où toute la vie maritime se donne rendez vous! Des dauphins en masse, des thons, des globicéphales tout blancs, des requins et des pécheurs au gros. On évitera de justesse un bateau reculant à fond au point de remplir le cockpit pour récupérer une grosse prise. A 16 heures, Capado est à Horta, au royaume de la peinture sur quai. Il y en a partout! C'est vraiment très beau de voir toutes ces créations ainsi réunies.

Ce n'était pas du tout prévu, mais nous voici en pleine Semana do mar (semaine de la mer). Activités nautiques la journée, pêche la nuit, groupes folkloriques, puis groupes locaux qui jouent à forts renforts de Watts. Le grand concert ne commençant qu'à minuit, on dormira peu....

Augustin nous quitte, pour retourner dans la folie parisienne. Avec les parents, nous allons à la célébration dans la chapelle Nossa Senhora da guia pour la procession de la sainte vierge. Celle ci est portée par l'équipe de foot locale jusqu'en bas de la colline et retrouver la flotte des bateaux de pêche dans la baie de Porto Pim où cette dernière est mise sur une petite barque puis sur un bateau plus gros. La flotte fait ensuite le tour du petit volcan pour revenir au port, puis la sainte vierge finit sont trajet dans une église au centre ville. Une belle cérémonie, un peu comme les pardons le 15 aout en France. Ensuite, on admire le défilé des chars représentant les différents corps de métier traditionnels ainsi que les villages de l'ile. Toute l'ile est au spectacle.
Un petit graissage de l'hélice s'impose. Un petit tour dans l'eau, puis on cherche une nouvelle anode mais bien sur, il n'y pas la bonne. On adaptera tant bien que mal une anode de même taille mais pas avec les mêmes trous.... Tout ça fait, on largue les amarres pour la première régate de la semana do mar où il y a une classe OPEN, ouverte aux bateaux sans rating. Tout le monde à son poste, Hervé à la barre, France au piano, Capucine un peu partout et Adrien aux réglages. Départ entre le bout de la digue et une bouée. Capado part doucement puis on envoie le reacher et la folle remontée s'opère. On enroule une bouée sur le seul haut fond entre Pico et Faial, direction une bouée droit dans le dévent de Pico. Un peu d'hésitation sur l'option à prendre puis retour vers Horta. Capado finit 3ème en temps réel et second de la classe Open. Pas mal pour un début....

Le 6 aout, journée sur le thème de la baleine. On commence par la visite d'une ancienne usine de transformation de baleine. Le mastodonte était treuillé au sec, puis des rigoles récupéraient le sang pendant que l'on découpait le tout avec de grandes haches au bout de longs manches à balai. Une véritable boucherie. On cuit le tout, et on obtient de l'huile de baleine. Les os sont broyés pour en faire de la farine. Heureusement toute cette industrie n'est plus, alors que l'ile a eu jusqu'à 200 baleinières au plus haut de l'activité. On enchaine ensuite sur le musée chez Peter's des dents de baleines gravées et sculptées. Un sacré savoir faire mais je ne verrais pas trop ça dans mon salon. On finit enfin sur le clou de la journée, un tour en baleinière à voile. Toute la semaine, les locaux emmèneront les curieux en baleinière pour partager la tradition. Le bateau n'a pas de quille et donc dérape allègrement, par contre il est super toilé. Une véritable course s'opérait pour être le premier sur la bête. Voyant qu'on est assez à l'aise sur le bateau, Adrien se voit offrir la barre. Quelle pied! Une barre longue de 2 mètre, super souple, comme tout le reste du gréement. On sort du port et ça accélère franchement. Les sensations de vitesse à 20 cm au dessus de l'eau sont totales. Un couple de touristes allemands plutôt âgé est bon pour une révision du pace maker... Cécilia, une locale qui était à bord avec nous passe plus tard au bateau pour récupérer les vidéos. Dans la foulée, elle nous invite à faire un tour avec elle le surlendemain. Ces bateaux sont vraiment très beaux et demandent un énorme savoir faire pour les mener à fond.
Mercredi, balade dans la ville pour voir les pavés, les églises nombreuses et la vue surplombant le port. Adrien va ensuite sur le bateau pour la régate en solitaire alors que Capucine attaque la peinture sous un soleil de plomb. Adrien part, encore une fois, de façon très conservatrice mais sous reacher pour remonter la flotte. Ça ne passe pas sous le vent, qu'à cela ne tienne: bataille de lofe. Finalement le grand soleil 40 s'incline et Capado est troisième à la bouée. Envoyer le foc, ranger le reacher, virer de bord autour de la bouée, c'est tout de même plus facile à deux. Le bateau juste devant rate sa manoeuvre et reste bloqué. Adrien loffe tout ce qu'il peut pour éviter le centurion 40. Ce dernier perd carrément tout contrôle et vire, tordant le panneau solaire avec son davier. C'est vraiment passé tout près! Retour dans le match, près serré à la poursuite d'un sigma 38. Capado fait un meilleur cap et finit par passé devant et en profite pour aller droit sur la ligne. Hélas, l'annonce VHF en portugais n'était pas arrivé aux oreilles du skipper: il fallait faire 2 tours et non un seul comme sur le schéma du parcours..... Mince! Le temps de s'en rendre compte, et hop, 5ème. Et bien on recommence, reacher envoyé et c'est parti. Un peu plus de vent, Capado enroule en tête en bas. Commence un duel de cap avec le grand soleil 40 quelques 5 mètres derrières. A vouloir trop remonter au vent, il va perdre le contrôle du bateau et virer involontairement de bord. Victoire du Capado, mais que de rebondissements. Entre temps, la peinture prend forme et ça promet (voir la vidéo). On fête ça avec d'autres bateaux locaux très sympas.
Puis l'équipage de Vixen, Tiffany et Bruce avec leurs 2 filles Sally (6ans) et Safa (2ans) viennent à bord. Ils voyagent autour du monde depuis 9 ans, sur un bateau classique tout en bois. Une autre approche du voyage. Il s'avère que Bruce était de l'aventure de la renaissance des baleinières en construisant la première des répliques en 1997 (il ne restait plus de baleinière en état). Depuis, le charpentier qui était avec lui, en a fait 27 de plus, et fit renaitre toute cette belle tradition de navigation.

Jeudi 8 aout, les jeunes du coin sont venus fumer le soir juste sur notre peinture pas encore sèche. Quelques retouches s'imposent. Puis à 15 heures, nous retrouvons Cécilia qui nous emmène d'abord au nord de Horta pour une belle vue sur Graciosa, Sao Jorge, Pico et Horta. Elle parle peu Anglais et nous parlons très mal Portugais, du coup la discussion est plutôt hachée. On enchaine sur le jardin botanique où sont conservés précieusement les plantes endémiques des açores, mais sur une ile volcanique, c'est surtout des buissons pour nous autres béotiens des plantes. Un petit tour par le seul ministère de l'agriculture qui sait de quoi il parle, ils ont du bétail, des serres et des champs, un vrai travail appliqué.

Régate des filles. Conditions: le skipper doit être féminin tout du long et l'équipage au moins sur un score de parité. Capucine et France se mettent en bleu et blanc pour l'occasion et Capucine s'installe a un lieu qu'elle connait peu à bord: la barre. Ça commence bien avec une première manoeuvre de port réussie. Gros foutoir au départ avec Synergy, notre meilleur ennemi qui traverse la flotte en travers. On accuse alors un gros retard mais nous serons les premiers à virer le long de la cote. Capucine se débrouille super bien dans ce clapot court et ce vent de 15 nœuds. Troisième à la bouée au vent. Puis reacher jusqu'à la bouée sous Pico. Là le vent fait carément n'importe quoi, mais on s'en sort et attaquons le dernier long bord de travers juste derrière Synergy. Après un bon bord en passant par en dessous (la cuillère), Capucine coupe la ligne avec 7 secondes d'avance sur Synergy et gagne en classe OPEN!!!! Champagne, ou plutot gin tonique chez Peter's! Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre, bravo Capu.
Changement de bateaux, on part sur la digue pour observer la régate des baleinières. Apparement, la concurrence est rude entre les bateaux de Faial et ceux de Pico. Certains viennent même de Sao Jorge. Au total, 25 balénières pour ce grand jour. Le départ est des plus bizarre. On tire au sort sa position sur la ligne, ensuite les bateaux sont remorqués hors du port par les remorqueurs traditionnels. Tout le monde aligné travers au vent (plus ou moins) puis au top, les voiles sont hissées. Autant dire que le bateau plus à la côte est énormément avantagé. Puis toute la flotte remonte au près en tirant des bords super carrés, sans dérive, ça dérape fort. Les virements de bord sont vraiment très lents donc le jeu est d'en faire le moins possible. Puis descente au portant, voiles en ciseaux avant un dernier bord de travers pour retourner dans le port. Ligne d'arrivée dans l'avant port où tout peut encore se jouer vu l'instabilité du vent. Les trois premiers bateaux sont de Faial, l'honneur est sauf pour le club organisateur. Sur la digue, nous rencontrons Paolo, professeur sur l'ile et qui se lance dans une marque de Tshirts avec les peintures sur la digue en motifs. Grâce à lui, on comprend mieux les finesses de la régate en baleinière. Une fois la bouée au vent enroulée, on monte dans sa voiture pour faire le tour de la ville et aller sur l'autre digue pour être aux premières loges de l'arrivée. Le soir, c'est chants et danses folkloriques.
La semana do mar touche à sa fin et finit en beauté avec la grande régate, prise très au sérieux par les locaux. On sort les belles voiles, on vide les bateaux, les équipages sont affutés, ça ne rigole plus. Capado, en bon participant à la classe OPEN, garde tout à bord, même les vélos! Pour l'occasion, Joao Nunez, vivant à Horta, monte à bord. Départ très accrochés à la digue dont Capado reste distant mais la position s'en ressent. On attaque sous reacher sous le vent de la flotte. Xcape, un Dufour 45, veut passer derrière le Grand Soleil 40 et se rate complètement, accrochant le tableau arrière de ce dernier. Quand on vous dit qu'ils ne rigolent pas avec la grande régate!!! Bilan, étrave en chou fleur sur Xcape et abandon. A la première bouée, la flotte passe sous spi dans moins de 10 noeuds de vent. Capado fait des étincelles et enroule la bouée en tête en OPEN. S'en suit un long bord de près qui ne nous favorise pas vraiment. On devra recroiser derrière le Centurion 40 puis Synergy. Finalement, on joue un peu mieux les risées et les bascules et nous revoici au contact de Synergy. Un coup devant, un coup derrière. Sur une dernière bascule, Capado passe tout juste au cul de Synergy qui doit faire un dernier virement pour aller à la ligne. Capado prend la victoire pour 6 secondes, mais quel match! Ça fait vraiment plaisir de pouvoir ainsi mesurer les performances du bateau avec d'autres et voir que ça marche.
Joao nous prête sa voiture et on en profite pour aller au cratère avec une vue magnifique sur le Pico en face, puis un petit tour par le sud de l'ile et Porto Pim.

Tout le monde se retrouve sous la grande tante, les waterpolos, les apnéistes, les pécheurs au gros ou à la côte, les régatiers. On a le droit aux traditionnels discours des officiels. Pour l'occasion, on invite la famille de Vixen, ainsi qu'Aletis. Pas de prix ni d'annonce pour la classe OPEN (politique locale pour forcer les bateaux à se mettre en ORC, mais alors, pourquoi faire une classe OPEN?). La Sagres coule à flots (bière locale, il y a ça ou la superboc). Finalement, alors que tout le monde est parti, le comité de course et le président du Clube Nautico do Horta nous offre un livre de Photographies sur les iles ainsi qu'un fanion du Club, ce qui nous a beaucoup touché.
Après cette semaine intense, nous quittons Horta pour rallier Terceira. Avec pas mal de vents faibles, nous arrivons le soir à Angra de Heroismo. Première balade dans le centre classé au patrimoine de l'Unesco.

Le lendemain, on s'attaque à toutes ces rues pavées à fort dénivelés pour y voir les différents monuments. Ascension du très beau parc en étages jusqu'à une très belle vue sur la ville. Descente ensuite au centre puis nous allons voir la caserne militaire et avoir la vue inverse. Nous avons raté la course de Taureaux, mais en voyant les vidéos, on a éviter de se faire vraiment mal.... C'est violent tout de même. Le soir, on dine dans une super cantine avec gastronomie locale, sardines, morue ou ragout de veau...
Le passage aux Açores fut vraiment unique. Entre le calme et la beauté de Flores, la folle activité de Horta avec la Semana do mar et la beauté architecturale d'Angra. On aura eu de tout. Tout ça avec des conditions météo plus que clémentes. Comme tout nouveau bateau de passage, on espère sans trop y croire que notre peinture tiendra l'épreuve du temps et le millier de bateaux passant par là chaque année. Ce fut aussi l'occasion d'avoir les parents d'Adrien à bord et ainsi partager avec eux un peu plus de notre voyage.
 

samedi 24 août 2013

De Newport USA à Flores, Açores

Grande première à bord du Capado, nous serons 3 pour la traversée. Augustin, frère d'Adrien, est à bord! Autant dire que ça nous change beaucoup.
Le 16 juillet, nous quittons Martha's Vineyard à la mi journée sans trop de vent mais un bon courant qui nous pousse vers le large. Début au près bon plein dans 10 nœuds de vent. Dès que nous quittons les bancs de Nantucket, un fort courant nous pousse vers le sud, le fameux courant du labrador réputé pour sa fraicheur. En effet, d'un coup, il nous faut ressortir les polaires et bonnets. Quelques bancs de brume mais on arrivera tout de même à apprécier les étoiles.
Le vent s'oriente petit à petit au Nord Ouest permettant au Capado de retrouver une allure plus rapide et confortable.
Avec un équipier supplémentaire, c'est une autre façon de faire les repas, une autre façon de se déplacer à bord, mais surtout on passe de 2 heures de sommeil pour 2 heures de veille, à 2 heures de veille pour 4 heures de sommeil. On dormirait presque trop....
Le 18 juillet, le vent tourne encore nous permettant de naviguer sous spi. La mer s'agite un peu. Dans l'après midi, on doit se dérouter pour un bateau tractant des câbles de 6 milles de long. Dans la nuit, le vent nous quitte totalement. On est quitte pour 2 heures de moteur dans une belle purée de pois. Vive l'AIS qui nous permet de voir et d'être vu par d'éventuels cargos croisant dans le coin.
Pour entretenir le suspens, nous participons au jeu du Kill. En gros, chaque personne doit faire faire une action aux autres et ainsi les killer, le but étant que ça ne se remarque pas. Capucine arrive, par exemple, à ce qu'Augustin lise le magazine People pendant plus de 15 minutes. KILLÉ (Adrien: 0, Augustin: 0, Capucine: 1). Plus tard, Augustin sera aussi killé à son insu par Adrien en faisant un dessin sur son Ipad (Adrien: 1, Augustin: 0, Capucine: 1).
Le 20, c'est gratin dauphinois. Chacun participe à l'élaboration de cette haute gastronomie alors que le vent monte petit à petit et que la mer se forme. Dans l'après midi, notre spi fractionnel explose sur un petit vrac. Dur. C'est pas joli joli tout ça, on aura besoin d'un passage en voilerie pour lui redonner du service. C'est sous foc que nous profitons du coucher de soleil et qu'Augustin arrive à faire porter le damart de leur père à Adrien. KILLÉ!!!! (Adrien: 1, Augustin: 1, Capucine: 1).
Augustin a un peu de mal à se mettre dans le rythme, dormant plutôt la journée que la nuit.
Une petite casse de plus, la pompe des toilettes fuit. Comme il est hors de question de réparer ça en mer (pas seulement à cause de l'odeur), c'est au sceau que nous finirons la traversée. Et bien ce n'est pas si mal. Il faut trouver comment bien se caler, mais ça bouge moins dans le cockpit qu'à l'avant.
Le 23, Capado est à la mi parcours. On fête ça avec un bon cassoulet acheter à la Guadeloupe. La mer est belle, on est sous spi de tête tribord amure, en bordure d'anticyclone. Adrien en profite pour grimper au mât faire des images puis on expérimente la caméra en tyrolienne sur la bastaque. C'est laborieux mais on finit par avoir une bonne séquence.
A partir du 24, nous aurons entre 0,5 et 1,5 nœud de courant contre. On ne s'attendait vraiment pas à ce coup de frein. La mer reste belle, alors Capu lance l'activité château de carte. Malgré la chaleur et la concentration requise, Capu arrive à trois étages et Adrien à 4 étages. KILLÉ!!! (Adrien: 1, Augustin:1, Capucine: 2).
Grâce à Hervé, nous sommes passés entre 2 bulles anticycloniques et avons ainsi garder un peu de vent suffisant pour avancer. Maintenant, nous voici de l'autre côté et le temps se gâte. Au programme, 48 heures de lessiveuse sous 3 ris et foc à 1 ris. La mer est forte et le Capado pas vraiment à la fête. Tout déplacement à bord devient une expédition. Ça nous rappelle l'océan Indien.... Finalement, on retrouve des conditions praticables, et relançons de la toile, nous pouvons reprendre nos activités. Adrien motive Augustin pour réussir à faire un jongle avec 3 mandarines. KILLÉ!!!! (Adrien: 2, Augustin: 1, Capucine: 2).
La motivation pour arriver est grande. Maarteen sur Aletis nous previent par satellite que l'ile est vraiment super et la bière pas chère. En attendant, Augustin parvient à faire une partie d'échecs avec Capucine. KILLÉE (Adrien: 2, Augustin: 2, Capucine: 2).

La dernière nuit est bien paisible, guidée par le phare de Flores qui nous tend les bras. On longe l'ile au petit matin et découvrons ses falaises végétales et ses champs bordés d'hortensias bleus. L'entrée de la marina est assez mal pavée, merci à Maarteen de nous avoir prévenu. Il est 10 heures du matin et Capado est au ponton.
On avait vraiment hâte d'arriver pour la douche. Il faut dire que l'eau n'est pas vraiment à la température des tropiques. Hélas, la douche de la marina est froide aussi. Dommage.
Ce fut 12 jours de traversée bien variée entre la brume, le peu d'air à chatouiller l'anticyclone, puis le remue ménage de la fin avant d'arriver sur ce superbe caillou au milieu de nulle part. La navigation à 3 s'est très bien passé et nous finissons même sur une égalité aux kills.

mardi 30 juillet 2013

New York et Newport

On remonte la baie de Chesapeake, cap au nord. Le baie bridge derrière nous, on est sous petit spi en direction du Canal qui permet un bon raccourci en rejoignant la baie du Delaware. Le 24 juin, nous dormons à l'ancre dans une petite baie bien paisible.

Lever aux aurores, la marée n'attends pas. Le but est d'avoir le courant pour nous dans le canal puis arriver à la marée haute dans le Delaware. Peu de vent, donc on passe le canal au moteur. Plusieurs bateaux ont le même timing que nous. On se retrouve tous à contre courant (un peu tôt sur la marée), Capado sous reacher et GV haute, les autres... au moteur, poignée dans le coin. Le jeu est de descendre la baie du Delaware en une marée pour passer le Cap May sans trop de courant contraire. On longe l'immense centrale nucléaire puis le Cap May se dessine au loin. Le courant commence à s'inverser, on tente de couper le fromage, mais tous les hauts fonds ne facilitent pas la tâche. Finalement, nous passons le cap au coucher du soleil, sous grand spi contre 2,5 noeuds de courant contraire. Une bonne nuit assez lente pour faute de vent qui nous permet d'admirer les lumières d'Atlantic City, le Las Vegas de la côte Est. Mauvaise surprise dans la nuit, l'hydro ne charge plus... et fait vraiment un sale bruit. L'hélice est dure à tourner à la main, ce n'est vraiment pas bon signe.

On passe la matinée en échange emails avec Hervé pour contacter Watt and Sea et diagnostiquer le problème. Verdict: HS! Et M....de! Et dire que la brochure spécifie bien que l'hydro ne nécessite aucune maintenance.... Le soleil n'est pas vraiment au rendez vous non plus, donc il faut barrer.

On passe Sandy Hook au ralentit puis tirons des bords sous spi dans la pétole vers le pont Verrazano. Un méchant grain orageux s'annonce. Comme on avait couplé les batteries avant la perte de l'hydro, la batterie moteur est faible. Démarrer le moteur s'annonce mal... Dans une risée, tout instruments éteints, l'hydro à l'eau chargeant le peu qu'il donne, on arrive enfin à démarrer le moteur. Ouf. On range les voiles, le grain nous tombe dessus juste avant le pont.
Timing assez parfait, l'éclaircie arrive juste quand on passe sous le pont. On peut ainsi admirer Manhatan, Staten Island, la Statue de la liberté et Ellis Island. L'Hudson river continue de descendre du coup on avance lentement jusqu'au 79th street Yacht Basin, admirant Manhattan qui s'illumine pour la nuit. A 22h, nous prenons une bouée à coté de Central Park.
Le lendemain matin, on change de bouée pour se rapprocher de la marina et retrouvons Benoit et Katia sur Calisto. Depuis le temps qu'on voulait se retrouver, c'est top de les voir, même si on les prend un peu au tomber du lit. Petit déjeuner à bord de Calisto qui monte vers le Canada.

Rien ne peut être plus adapté à New York que nos fidèles vélos. On attaque par Broadway puis Time Square et le magasin M&M's avant de renter par Central park. Apéro à bord pour prolonger le petit déjeuner avec Calisto. On remplace le café par des Caïpirinhas.

Depuis Annapolis, Adrien a quelques voiles à dessiner, du coup on partage nos journées entre un peu de travail dans un Starbuck's puis visite de la grosse pomme sur nos petits vélos.

Il fait beau, alors on en profite pour aller au top of the Rock, en haut du Rockefeller center. Quelle vue! Le World trade center au sud, Central Park au nord.
Au mouillage, on croise un Allure 44 français avec deux jumeaux à bord, Ambroise et Floris. Diner bien sympa. Ils ont fait un tour de l'Atlantique Nord en skippers du bateau pour un propriétaire qui les rejoint de temps en temps. Bon plan pour la fin des études.

Avec les vélos, tout y passe, le Flat Iron, Madison square Garden, Saint Patrick, la gare Grand Central, le Chrysler building, la High Line (parc aménagé sur une vieille ligne de train aérien), Wall street, Soho, Chinatown, Little Italy et retours souvent par la grande piste cyclable qui longe toute la rivière de l'Hudson.

Le vélo fait sa loi à New York, la couleur du feu est sans importance, les piétons se font dégager à grands cris des pistes cyclables, et les piétons font de même pour les vélos sur les trottoirs. Une grande guerre de territoires s'opère dans cette fourmilière. Alors que tout était calme et réglé à Washington, New York fait office de jungle. Les routes sont défoncés, les comportements routiers agressifs, et les piétons traversent qu'importe la couleur du petit bonhomme.
Le 30 juin, Calisto continue sa route vers le Nord. Bonne fin de voyage jusqu'au Canada et on espère vous revoir en France. On prend leur bouée tout près de la marina, économisant ainsi beaucoup de temps en annexe, surtout si le courant est contraire. Déjeuner au Briant Park avant d'aller voir la Gay Pride. L'exubérance y est reine avec des costumes super recherchés et plus ou moins provocants voir minimalistes pour certains. Au lieu de rester le long du parcours, on passe dans les rues annexes où les chars attendent leur tour. Toutes les communautés et courants politiques sont représentés. De la revendication aux droits égaux pour tous aux étalages des progrès de la chirurgie esthétique en passant par les gays mulsulmans ou catholiques. Le drapeau Pace est partout.
Retour par le parc pour un peu de calme, regarder une partie de Soft Ball alors que d'autres jouent à la bataille médiévale avec des épées en mousse et des costumes anachroniques. Apéro sur l'Allure 44 avec les jumeaux et Fred qu'on avait rencontré à Charleston puis Annapolis.

Le 1er juillet, on tente de prendre des tickets pour une comédie musicale sur Broadway. Toute une matinée de queue pour rien au final. Du coup, on travaille un peu, surtout avec le lancement de Kisskissbankbank pour le futur livre de notre voyage.

Comme les fameuses soldes du 4 juillet approchent, on part en repérage dans les grandes enseignes. Les Malls sont immenses. On s'y perd facilement tant il y en a.

Le 3 juillet, Adrien a 32 ans. Skype avec les parents, un peu de travail entre le livre et les voiles puis diner chez JB et Molly, nos équipiers du Potomak. Déjà qu'ils étaient à l'aise en cuisine dans le bateau, autant dire que chez eux, c'est beaucoup mieux. Merci beaucoup pour l'accueil.

Independance day, toute la ville est en fête. Nous quittons notre bouée pour descendre l'Hudson puis récupérons toute la famille Cossart (Evelyne, Benoit, Etienne, JB et Molly) à la marina coté New Jersey. Déjeuner au mouillage à coté d'Ellis Island puis balade en voile avec passage sous le pont de Verrazano avant de revenir à la marina récupérer le dernier Cossart, Rémy. Tout le monde à bord, on reste au mouillage pour un peu de Champagne et des hot dogs devant Manhattan qui s'illumine en rouge, blanc et bleu. Les barges du feux d'artifices passent devant. En attendant la nuit, on passe un bon moment avec les cousins d'Amérique à bord. La nuit est là et le spectacle peut commencer. Le feux d'Artifice bat son plein, accompagné par l'Empire State Building dont l'éclairage change en accord. On était un peu loin du feux, mais la vue sur Manhattan valait vraiment le coup. De plus, ce fut le premier jour de parfait beau temps depuis notre arrivée à NY. Tout le monde quitte le bateau puis nous remontons l'Hudson à contre courant avant de retrouver notre bouée qui a eu la bonne idée de rester libre.
On s'attaque maintenant aux fameuses soldes américaines. Après 2 ans et 3 mois de voyage, nous n'avons vraiment plus grand chose à nous mettre et il serait bon de pouvoir s'habiller en rentrant. Bref, on retourne dans les jungles de la fringue. Les soldes sont bien à la hauteur de nos espérances avec des prix défiants toute concurrence européenne. Au moins, on ne sera pas complètement en guenilles en Europe.

Samedi, on reçoit une bonne nouvelle sur notre email, Benoit Cossart arrive en avion pour survoler le Capado. On enfourche nos vélos en vitesse. On quitte la bouée, hissons les voiles, Grand Voile et Reacher, puis on guette le ciel. Très vite on voit le biplan de la deuxième guerre arriver par le sud. On fait des aller-retours en travers de la rivière alors que l'avion nous tourne autour, vraiment super.
Puis on voit l'avion continuer sa route vers le nord. On se dit que c'est fini et rangeons les voiles. Là l'avion revient et se fend d'un piqué passant à 30 mètres d'altitude en battant des ailes en guise d'au revoir. On saura ensuite qu'ils avaient demander à la tour de contrôle de descendre sous le plafond de 1000 pieds pour rencontrer le Capado arrivant d'un tour du monde à la voile. Et bien, ça a marché! Le trafic aérien sur l'Hudson, pourtant dense, fut arrêté le temps pour le Stearman 46 de nous tourner autour à 500 pieds d'altitude environ. Superbe. Le second passage en rase motte fut une totale prise d'initiative du pilote avec la radio qui commençait à s'inquiéter de leur trajectoire. Un grand merci à Benoit d'avoir motivé son ami et son avion, et au trafic aérien New Yorkais pour avoir permis au Stearman 46 et au Capado de se retrouver si près.

Dans la foulée, les Fallons, famille d'accueil d'Adrien pour l'été 1998, vient nous rendre visite. On discute sur le bateau et rattrapons un peu de tout ce temps passé.

Le 7 juillet, en cadeau d'anniversaire des parents d'Adrien, on va voir la comédie Musicale du Roi Lion sur Broadway. Quel spectacle! Les chants, les décors, les danses, tout est parfait. Un grand moment, même au fond de la salle. En sortant, on retrouve JB et Molly ainsi que Rémy et Olivia à Time Square. Puis on va se balader au Briant Park et une petite partout improvisée de pétanques avant un tour par la route de la Corée (une sorte de Corea Town).
Pendant le séjour, on aura souvent déjeuner dans les 1$ pizza, des minis pizzerias qui font des pizzas tomate fromage à la chaine pour 1$ la grosse part.

Le 8, on se motive pour faire la grande queue d'attente et aller voir le mémorial de 9/11. Bien que tout autour soit encore en travaux, le mémorial est superbe et plein d'émotions. Ces deux carrés d'eau qui plonge dans le fin fond de la terre est très évocateur de la catastrophe des tours jumelles.
En rentrant, l'hydro tout neuf est à la marina. Plus qu'à le monter, juste à temps avant l'arrivée d'Augustin le lendemain soir.

Au petit matin, nous quittons notre bouée pour une dernière descente de l'Hudson sous voiles avant de remonter l'East River de l'autre côté de Manhattan, passer sous le Brooklyn bridge avant de franchir le Hell's gate (la porte de l'enfer) qui mène au Long Island Sound. On s'attendait à un passage plus sport de Hell's Gate fort réputé auprès des locaux pour ses courants violents, il faut croire qu'on a eu le bon timing. Par contre on ne sait pas dans quel sens est la porte, entrons nous dans l'enfer ou venons nous de le quitter?
On passe une première nuit au Jefferson Harbour sur Long Island, petit village de villégiature pour les New yorkais. La journée se passe ensuite au moteur principalement, tant le vent est absent et les grains orageux récurrents. Encore une nuit dans un petit mouillage tranquille puis nous quittons le Long Island Sound pour un peu de navigation au près jusqu'à Newport, Rhode Island. Superbe entrée avec les vieux schooners qui emmènent les touristes, les Farr 30 en plein surfs démoniaques sous spi et encore plein d'autres bateaux profitant de ces conditions musclées. Bienvenu dans une autre Mecque de la voile, berceau de l'America's Cup. Au début ça surprend, mais plusieurs coups de canons sont donnés à chaque coucher de soleil, bizarre comme coutume.
Newport sera notre point de départ pour traverser l'atlantique. Comme d'habitude, il faut faire tous les pleins. Gaz, pas si simple avec notre bouteille australienne, vive l'adaptateur fait aux Turks and Caicos. Puis avitaillement. Pour la première fois, nous avons un équipier à bord, du coup, il faut prévoir en conséquence et deux voyages au super marché sont bien nécessaires. Un premier avec le sec, puis le frais la veille du départ.

On s'offre un dernier diner au Lobster & Co avec vu sur cette belle baie remplie de bateaux plus beaux les uns que les autres, entre les schooner, les vieux 12m J, les petits monotypes locaux, quelques megayachts et des engins de courses océaniques.
Le 15 juillet, pas de vent donc on n'est pas pressé. Plein de fuel et d'eau, un dernier fichier météo puis on fait un tour du port en bateau avant de sortir. Le vent rentre un peu, on attaque sous reacher et GV, au plus serré possible. Le vent n'est vraiment pas à la fête. On fera donc une pause à Martha's Vineyard, petite ile sur la route. On mouille à côté d'un vieux bateaux transformé en summer camp. Le soleil se couche, et paf, un coup de canon de nos voisins. On a du mal à s'y faire.

Le 16, le vent tarde encore à rentrer mais le timing est parfait pour quitter toute cette zone de hauts fonds, poussé par le courant. En route pour le large, Flores, notre première escale aux açores pointe à 1800 milles nautiques.

Notre escale New Yorkaise restera comme une grande étape de notre voyage. Se balader ainsi dans tous ces lieux, passer devant la Statue de la Liberté. Retrouver Calisto après toute notre histoire lointaine mais commune. On a été très content de pouvoir mieux connaître la famille Cossart pour ce grand spectacle du 4 juillet. Le survol en avion fut vraiment unique dans son genre. Bref, on ne s'est pas ennuyé. Le lancement de la souscription pour le livre « le Tour du monde de Capado » nous rapproche un peu plus du retour même s'il reste tant à faire et voir avant d'arriver à Marseille.
 

samedi 6 juillet 2013

Washington et Annapolis (USA)

Le 3 juin 2013, nous quittons notre petit mouillage de Little Bay. Le ciel est du genre menaçant mais il faut bien remonter le Potomac et ses méandres pour arriver à la Capitale, Washington. Vents changeants, des grains, dont un qui nous arrose copieusement. C'est bien la navigation fluviale mais ça demande beaucoup de travail si on ne veut pas mettre le moteur. On arrive finalement à Breton Bay. On est entouré de belles baraques avec pontons privatifs.
Un peu de vent le lendemain mais dans le pif. Pour cause d'entrainement au tir, la navy nous demande d'éviter toute une zone. Ils bouchent presque tout le fleuve. On verra bien les tirs arriver dans l'eau à coups de splashs bien alignés, pourvu qu'ils savent ce qu'ils font! Nous avons peut être la réponse à tous les poissons morts que nous voyons dans le fleuve, ou pas....On mouille finalement à 15 milles de Washington. Lever très tôt le lendemain pour profiter du courant montant. Il fait un froid de canard, entouré par les oies sauvages, une brume tapisse le fleuve au levé du soleil. Du grand spectacle! Quelques pécheurs téméraires passent à fond sur leur barques plates et leurs gros moteurs. Passage sous le pont et nous voici à Washington. Le mouillage est en pleine ville. 10$ la nuit pour laisser l'annexe, avoir internet et accès aux douches, le top car on ne peut pas vraiment utiliser l'eau de la rivière pour notre toilette. Le seul bémol est le survol incessant des hélicoptères des gardes côtes, du FBI, des services secrets (Transports des hauts responsables de ce monde)... Peut être que le président Obama a survolé le Capado? Les vélos dépliés, on se rue au centre ville.
Au programme du jour, la tournée des mémoriaux: Jefferson, Franklin Delano Roosevelt, Martin Luther King, et Lincoln. Un petit tour par la Maison Blanche, mais point d'Obama en vue. Un certain Smisthon, citoyen anglais qui n'a jamais mis les pieds aux Etats Unis, légua toute sa fortune au gouvernement américain pour créer un centre de transmission du savoir pour tous. Ce lègue donna naissance aux Smisthonian museums. Grâce à ce bon Smisthon, tous les musées sont superbes et gratuits. Ainsi on attaque par le musée d'histoire naturelle. Une aile sur les océans, une autre sur les dinos, l'évolution des mammifères. Vraiment sympa, même avec tous les enfants survoltés dans tous les sens, c'est les vacances scolaires. La Renwick Galery pour voir quelques meubles américains traditionnels. On retrouve ensuite Anne Lise (cousine d'Adrien) et Christopher, son fiancé, pour un diner Mexicain dans le quartier Adams Morgan.
Encore sous la pluie, on s'attaque au Air and Space Museum. Il y a tellement à voir qu'on fait l'Air le matin et toute l'histoire de l'aviation, puis l'espace l'après midi. Il y reste encore un brin de propagande par rapport aux russes et la guerre froide.

La première dépression tropicale de la saison, trop en avance, est attendue sur la cote pour aujourd'hui. Après Sandy (un an plus tôt), les américains sont très craintifs, les infrastructures n'étant pas ou peu adaptées, dès que ça souffle, une catastrophe est vite arrivée. On est loin de la robustesse des ports bretons. Finalement, on ne verra que la pluie (encore) d'Andrea (nom donné aux phénomènes cycloniques). Balade autour du Capitole, puis la gare. American history Museum avec toute la vie américaine et son évolution. Un peu de guerre civile, de conquête de l'Ouest sans trop s'apitoyer sur les Indiens, de guerres mondiales, d'évolution des transports maritimes et routiers avec une grande place pour la voiture qui façonnera le mode de vie américain (Tout peut se faire sans sortir de la voiture, le cinéma, retirer de l'argent, prendre un fast food, poster son courrier....).
On retrouve Anne et Clément (amis de France venus s'installer de ce coté de l'Atlantique). Depuis le temps qu'on parlait de se retrouver, ça fait plaisir. Balade dans le quartier d'Adams Morgan, un petite bière au Morgane Adams avant une bonne pizza sur un rooftop. Retour en vélo avec un détour par le Lincoln mémorial pour faire quelques photos de nuit. On a une accalmie alors il faut absolument en profiter. 
Dimanche, il fait beau, on retrouve Clément et Anne dans un parc avec d'autres expatriés: Bertrand, Eva et Christille. On s'essaye à la Slack line (funambulisme), pas évident, on tremble comme des feuilles, pourtant quand Clément et Anne en font, ça a l'air si facile.

Washington fut vraiment un séjour intense et les vélos ont, encore une fois, été l'outil parfait. Les musées sont vraiment impressionnants et la re colonisation de la ville par les déçus des banlieues à du bon. Bref, on a vraiment aimé cette étape.

Au bateau, Jean Baptiste (cousin d'Adrien et grand frère d'Anne Lise) et Molly embarquent avec leurs paquetages. Anne Lise et Christopher passent pour l'apéro.
Il est 8 heures, il pleut (comme c'est bizarre), on va au ponton pour le plein d'eau et une dernière douche et Capado quitte Washington. Potomac 2, le retour.

Moteur puis du près avec exercices de manœuvres et de barre pour nos invités. Finalement on mouille pas loin des 2 bateaux qui nous avaient doublé à grand renforts de chevaux. JB et Molly, fins cuistos, trouvent vite leurs marques dans notre cuisine réduite. On se régale.
La Navy continue les entrainements au tir, ils en ont des obus à tirer! On tire des bords sous spi, ce qui n'est pas du tout du goût des militaires. Ils ont du mal à comprendre qu'on ne trace pas une ligne droite d'une bouée à l'autre. Dès qu'on empanne et que notre étrave pointe à nouveau vers la zone interdite, on a systématiquement droit à un appel radio. On tente d'expliquer, mais rien n'y fait. C'est une autre culture. On trouve une superbe baie pour passer la nuit, et tellement calme.

Le 12 juin, Capado est à nouveau dans la Chesapeake bay. On troque le spi pour le reacher. Remontée rapide de la baie, mais le vent meurt en milieu d'après midi. Décidément la navigation en plan d'eau intérieur fait bosser l'équipage, ou le moteur quand la patience du capitaine arrive à expiration. Dès que le fond remonte, il y a des pièges à crabes partout. La vigilance est de mise.
C'est donc 5 milles au sud d'Annapolis que nous mouillons, dans Selby bay. Benoit, papa de JB et Anne Lise, nous rejoint dans cette baie paisible pour un bon diner à bord.
Au petit matin, on voit un gros grain qui approche. On observe pour estimer sa trajectoire et il semble passé au loin. On décide donc de partir sous GV 2 ris et foc au cas où on en prendrait quand même un bout. Alors que nous sommes encore dans le chenal de sortie, le vent monte franchement, le bateau accélère plein vent arrière. 15, 20, 25 noeuds, et d'un coup, 50 noeuds, le bateau part au tas, on est à l'horizontale, sous une pluie battante, et les voiles aussi. Partir au vrac dans un chenal n'est vraiment pas recommandé. Hauts fonds à droite, hauts fonds à gauche.... Le bateau à la dérive. On affale au plus vite le foc, le moteur démarre, et la GV suit dans la foulée. On reprend le contrôle de Capado juste à temps. Ouf, on a eu très très chaud! Un peu plus et on avait la quille dans la vase entre deux crabes. Bilan des courses, la GV n'a rien mais le foc n'est pas à la fête. Nerf de bordure arraché, et nerf de chute cassé.

On se remet de nos émotions. La GV reprend du service et nous arrivons à Annapolis, où nous mouillons devant la célèbre Naval Academy. Direction la capitainerie du port. Et là on nous annonce un énorme front orageux qui arrive d'ici une heure. On remonte les ancres en vitesse pour prendre une bouée plus sûre. Nettoyage intégral du pont, on attache bien les voiles, on enlève les panneaux solaires et la bouée fer à cheval. La masse grise avance. On est partagé entre excitation et peur. Bref, on n'en mène pas large. Le moteur est près à partir en cas de défaillance de la bouée. La foudre se fait inquiétante, on voit le rideau de pluie qui avance.... Et d'un coup, contact. Tout le mouillage se fait sérieusement chahuté, c'est l'apocalypse! Heureusement toutes les bouées ont tenu bon. Mais quelle bourrasque! On était mieux là que sur nos ancres.
En allant de nouveau à la capitainerie, on part à la pêche, une rame et un mât de pavillon, tous les deux au même bateau dont l'annexe fit la pirouette. Moteur dans l'eau tête en bas....
Une bonne douche et nous voilà remis de nos émotions. Le voisin derrière nous a fait quelques recherches sur Google et a vue notre blog, du coup il nous invite à boire un verre au Pussers, le bar du coin. On passera une super soirée avec Marco (Péruvien installé de longue date aux US).

Le 14 juin, Capucine fête ses 31 ans! On passe voir Marco pour échange de photos puis on déplace le bateau au mouillage. Enfin, direction le loft de Quantum avec notre foc sous le bras. On retrouve les collègues d'Adrien, Doug, Andrew et Scott. Nous avons le champ libre pour réparer le foc et on s'y attaque immédiatement.
Le samedi, on retourne à Quantum finir le foc puis Doug passe nous passe nous prendre avec son bateau moteur. Direction le côté opposé de la baie. On arrive dans une petite marina avec restaurant les pieds dans le sable et une belle vue sur le bay bridge. Un peu de discussion boulot et d'un peu tout et retour pour visiter le coin. Doug, comme presque tout le monde ici, vit au bord de l'eau avec un ponton privatif et un ascenseur à bateau afin que ce dernier ne prenne pas de berniques. Un mode de vie vraiment relax, et il faut bien avoir un quotidien agréable quand on n'a peu de vacances.

Le dimanche, on reçoit Clément, Anne, Christille, Gautier et Amanda à bord pour un bon pique nique. Christille apporte de succulents fromages français. Un couple en paddle board passe dans le coin et partage un peu de vin avec nous. Après avoir déposé nos invités sauf Clément et Anne, nous sommes conviés par le couple en Stand Up paddle, Harald et Chris pour boire un coup au Yacht Club de Eastport, en face d'Annapolis. Harald propose d'embarquer Adrien pour la régate du mercredi soir. Diner en ville avec Clément et Anne puis retour au bateau.
C'est la période de recrutement pour la navy, alors de temps en temps et de façon tout à fait aléatoire, les recrues sont réveillés en fanfare à 5h30 du matin pour une séance d'exercices toniques à fort renfort de bruit. Autant dire que nous vivons la séance avec eux et c'est un peu tôt...

Un petit tour sur l'eau avec Clément et Anne et passage sous le bay bridge.
Mardi, boulot!!! Pendant toute la semaine, Adrien va travailler à Quantum pour dessiner des voiles. Un début de retour à la réalité en quelque sorte. En même temps, Capucine travaille sur le livre du voyage et son lancement.

Parmi les choses habituelles en escale, il y a le gaz. Capu essaie un peu partout mais personne ne veut de nos bouteilles australiennes.... Heureusement on a un adaptateur depuis les Turks and Caicos. On insiste et finalement, avec un peu d'ingéniosité, quelqu'un veut bien remplir nos bouteilles. Il n'y a pas à dire, à chaque fois c'est galère.
Pas de régate Mercredi pour manque de vent. Tout l'équipage se retrouve au Yacht Club pour le diner. On rencontre 3 personnes qui travaillent de près ou de loin pour la navy, c'est un énorme employeur dans le coin. Pas étonnant vu le nombre de bateaux en attente à Norfolk.

Vendredi 21 juin, Etienne, frère d'Adrien, arrive à Annapolis. Depuis Bali, c'est trop sympa de se retrouver. Soirée débridée au Pussers.
Samedi, nous sommes invités à une community party. Les gens d'un même quartier organisent une fête sur la plage un peu plus haut dans la rivière. Capado est ancré dans un superbe baie, sans un brin de vague. Arrivent ensuite Jay et sa famille, ainsi que Julian et la sienne sur leurs bateaux. L'armada des annexes débarque à la soirée. Barbecue, groupe de musique, grosses glacières remplies de bières, tout y est. Tout l'équipage du mercredi soir est ainsi réuni autour de burgers et de hot dogs.
Retour à Annapolis et faire le plein de fuel et d'eau. Grâce à Etienne, on a pu avoir les comptes rendus des derniers mariages et autres évènements qui ont eu lieu dans la famille. 27 ans auparavant, Etienne et Adrien passaient par là avec leurs parents en bateau. Pour immortaliser ce retour, il fallait refaire une photo sur les bancs au bout de l'Ego alley. Lundi matin, Etienne repart pour Washington et un peu de boulot avant de retourner au Vietnam. On range le bateau et en route pour New York.

Annapolis nous aura permis de préparer le retour professionnel d'Adrien et c'est en bonne voie, de lancer la souscription pour le livre sur notre Tour du monde (http://www.kisskissbankbank.com/le-livre-le-tour-du-monde-de-capado), revoir Clément et Anne, et voir Etienne tout un week-end rien que pour nous. On repasse en mode tourisme, direction la grosse pomme.