samedi 3 novembre 2012

L'ile Maurice

Nous quittons Rodrigues le 3 octobre après le déjeuner, avec l'aide de Delphine, Pascal et Erik. On avance bien, en mode Indien à nouveau: foc et peu de GV pour la houle croisée. Cette dernière est moins virulente, mais on reste lent pour être sûr d'arriver de jour à Maurice.

Le 5 à midi, Capado s'engage dans le chenal de Port Louis sous trinquette et GV 2 ris. Jean Luc est là avec son annexe, en guide. A la deuxième tentative, on se glisse le long du quai des douanes où Marie Christinne et Fanny attrapent nos amarres et, en expertes, freinent le Capado comme il faut. On partage donc une bonne bière au bistrot du Marseillais juste devant le bateau, en attendant l'officier de l'immigration. Les autorités ne voulait pas que Magalyanne nous remorque dans le port, mais ne voulaient pas non plus que nous rentrions sous voile, et encore moins que nous allions dans une autre baie plus facile d'accès et y faire les papiers. On était dans l'impasse. Heureusement Jean Luc a bien préparé le terrain et on finalement pu rentrer sous voile. Ouf....

Une fois les papiers dument remplis, et il y en a un bon paquet, (pour la deuxième fois, ils demandent que le tampon du bateau soit apposé) on embarque Gaspard à bord, on renvoi les voiles direction la marina en face du bassin. Décidément, chacune de nos manoeuvres sous voile nous apporte plein d'aide. C'est à se demander si on doit vraiment réparer ce moteur....

On profite de la marina pour nettoyer le bateau de fond en comble, et nous y rencontrons aussi l'ex Hugo Boss, Imoca 60, emmener par un équipage de jeunes pour des opérations de relations publiques depuis l'Australie jusqu'en Angleterre. On passe une super soirée ensemble à bord du Capado, et aussi avec Fanny et Julian (Salamander, vu aux Cocos).
Le lendemain, Blanche et Philippe, les parents de Capucine, arrivent. Trop sympa de retrouver de la famille depuis déjà 9 mois. Un seul couac, une de leurs valises manque à l'appel.

A Port Louis, le marché est impressionnant, on se retrouve d'un seul coup plongé en plein Calcutta. On trouve de tout, sur trois niveaux, fruits et légumes en bas, souvenirs et attrapes touristes au dessus, puis fringues en haut. On y mange des spécialités indiennes ou créoles pour peu de roupies, le tout avec un bon Alouda, boisson à base de lait et quelques autres réjouissances. Se retrouver dans une grande ville grouillante après le calme de Rodrigues est un peu déroutant, mais très intéressant.
Au matin, on embarque Julian avec nous, direction Tamarin. En sortant du port, on voit des voiles au loin. Il s'avère que, sans le vouloir, nous retrouvons Magalyanne, parti eux de Grand Baie bien plus tôt dans la matinée. On finit par les rattraper dans ces vents changeants. S'en suit une belle séance photos des bateaux sous voile, au bord à bord. C'est tellement rare qu'on en profite à fond avec quelques slaloms pour passer dans le tableau arrière de l'autre. Finalement, on mouille dans la belle baie de Tamarin et y retrouvons Gaspard sur son Octobass, alors que Blanche et Philippe arrivent en voiture. Première tentative de Paddle Board pour Adrien et Julian. Pas facile de garder l'équilibre mais on s'en sort.
Tout le monde descend sur la plage pour un apéro au coucher du soleil, tradition de la baie de Tamarin. On y croise Jean Baptiste, un pote de lycée d'Adrien, drôle.

Au petit matin, les dauphins viennent dans la baie. Du coup, pas mal de bateaux proposent aux touristes d'aller nager avec eux. On s'y met aussi. Mine de rien, les dauphins vont vite et sont très dur à approcher. Il faut palmer sans modération. L'eau est un peu fraiche mais les dauphins nous maintiennent actifs. L'après midi, on part faire le tour des magasins de Kite surf en recherche de la bonne occasion. Petite rivière noire, La Gaulette, Le Morne, Bel ombre, puis retour par Chamarel.
Le lendemain, on pousse plus loin en voiture, jusqu'à Mahebourg au Sud Est de l'ile. On passe par grand bassin, grand lieu de culte pour les hindous. Vu la taille des parkings et la taille de la statue, les célébrations doivent rassembler un immense nombre de fidèles. Puis nous traversons des champs de thé avant d'arriver à Mahebourg, posé sur l'immense lagon au vent. Au retour, on passe par l'aéroport pour avoir des nouvelles du bagage perdu. Ce fut très compliqué d'avoir les informations et de trouver les bons interlocuteurs, bref, une maison qui rend fou.
Direction Pamplemousse, y visiter le jardin botanique. Il est immense et on est en pleine foire agricole donc on croise pas mal de personne avec des canards vivants tenus par les ailes. On continue ensuite vers Grand baie avec une halte pour déjeuner dans un petit restaurant local fort épicé, on en a les yeux qui pleurent. Puis on arrive à Grand baie. Le cyclone Anaïs, premier cyclone de la saison, fort précoce, passe au nord et peut menacer Maurice. Du coup, on vient voir si Grand Baie serait un bon abri. Le Yacht club n'est pas très inquiet et nous informe que s'il y a risque tout le monde va à Port Louis. Ce sera donc notre option de repli aussi. L'entrée de Grand baie est peu profonde, donc tenter une entrée à la voile avec fort risque de talonnage ne serait pas très judicieux. On continue notre visite de la côte nord où nous croisons Pascal et Sylvie de Gwenili.
Le vent est bien établi, on passe au magasin et repartons avec une aile de Kite Cabrinha Revolver de 9m2 de 2009. Blanche et Philippe prennent une chambre au Mornea, hotel sur le spot de Kite, et rempli de Kitesurfers du monde entier. Ambiance très particulière, où tout est centré sur le kite. Adrien test une planche sans être convaincu, par contre l'aile est top. Il y a beaucoup de monde sur le spot, de tous niveaux, il faut donc être très attentif pour ne pas s'emmêler les lignes. Après plusieurs prospection pour du matos, on se décide pour une planche unidirectionnelle North Kontact. Essai au top le soir, puis session intense le lendemain. La valise tant attendue arrive enfin, ouf. On profite à fond de l'hotel, sa douche chaude, sa demi pension.... Un régal. Encore Kite le jours suivant avant la pétole laissée par le cyclone Anaïs. Ce dernier est resté bien au Nord de l'ile est n'a représenté aucun danger pour le bateau qui s'est retrouvé seul au mouillage. Les autres ayant été à Port Louis, et Magalyanne est allé visité le beau mouillage à l'entrée difficile de Petite Rivière Noire.
Nous sommes invités à Déjeuner chez Roger, un ami des parents de Capucine, à Blue Bay. Belle maison, les pieds dans l'eau et vue sur le lagon. Repas traditionnel Mauricien: cary de poulet, lentilles, riz, caviar d'aubergine, piments, tomates et rhum.

Il nous reste encore la cote Est à voir, on se dirige donc vers Flacq, puis on descend vers le sud, et visitons un de ces grands centre hôtelier qui bouchent les plages, ont des golfs de luxe, tout le nécessaire pour des touristes fortunés et des résidences à vendre où l'achat donne aussi droit à la citoyenneté Mauricienne. Pour y entrer, il faut montrer pâte blanche. D'habitude il faut même avoir fait une réservation par téléphone, mais cette fois ci on nous laisse passer sous le prétexte qu'on voudrait dormir à l'hôtel. 1200 euros la nuit, ca fait un peu beaucoup. Ce type d'hôtel bouffe une grande partie du littoral, et restent bien cachés derrière de grands murs bien tristes. Ici le tourisme est roi, et tant pis pour le paysage. On trouve encore quelques plages publiques, mais pour encore combien de temps? On déjeune à Trou d'eau douce, une très jolie baie. Des enfants jouent avec une barque et une aile de kite coupée en deux en guise de GV. Le kite est vraiment partout sur l'ile. Même les poubelles sont sponsorisées par une marque de Kite. On prolonge vers le sud, le long de la cote au vent jusqu'à Mahebourg et une petite halte au marché puis retour au bateau dans notre belle baie de Tamarin.
Une dernière tentative de Kite mais le vent ne vient pas. On déjeune les pieds dans le sable dans un restaurant de plage et vue sur Magalyanne passant au loin sous voile, contournant l'ile par le sud pour aller à Mahebourg. Au retour au bateau, les dauphins sont de nouveau dans la baie. Comme c'est assez inhabituel, point de bateau de touriste en vue. On se jette dans l'annexe, l'eau est limpide et la lumière encore assez haute. Ils nous tournent un peu autour, passent dessous, nous regarde avec nos drôles d'appendices tel un tube dans la bouche qui reste en travers de la marche et des nageoires caudales trop longues et inefficaces.
Retour à Port Louis pour faire les papiers de sortie. Le vent est faible à très faible, donc on se traine allégrement et on profite de la vue sur les pitons. On doit même garder toute la toile pour réussir à rentrer dans le port. On finit par arriver en douceur à couple de Sputnik arrivé la veille. On visite Salamander bloqué au port pour moteur innondé puis apéro le soir pour les retrouvailles à bord de Sputnik avec Ty Punch amarré juste devant.
Tentatives de papiers pour récupérer la TVA sur le matos de kite. C'est encore une fois bien flou et il est difficile d'obtenir des réponses claires. A une semaine près, le kiosque de la CCI ouvrait pour que la procédure soit simplifiée. Bref, on patauge mais on finit par y arriver. Quelques courses et nous voilà fin près pour partir le lendemain très tôt.

Maurice restera un bon souvenir pour la baie de Tamarin et le kite roi, par contre on regrette ce tourisme galopant, où la moindre curiosité locale est clôturée et payante.

Merci à Magalyanne pour les images faites en navigation, ainsi que pour l'arrivée à Port Louis: assistance, amarres, images....


Et pour les Francais où la première vidéo est bloquée:

mercredi 24 octobre 2012

Rodrigues

A peine arrivés, nous partageons un café avec Erik et Delphine de Sputnik ainsi qu'une nouvelle connaissance en la personne de Gaspard, navigateur espagnol solitaire sur un Melody nommé Octobass. C'est qu'on a tout un océan à débreafer, partager nos sensations de machine à laver selon les différents bateaux.
L'ile a l'air de taille raisonnable donc on sort les vélos et on en profite pour leur donner un coup de jeune. La rouille guette. Puis Magalyanne arrive à son tour, après une nuit au ralenti pour arriver de jour. Sputnik, arrivé de nuit, a eu une mauvaise expérience avec le récif, la cartographie étant décalée.

Toutes les semaines, un cargo rentre dans le port pour ravitailler l'ile. Ce dernier prend tout le quai, du coup, les plaisanciers doivent aller mouiller dans l'avant port, le temps des manutentions. Toutes ces manœuvres s'avèrent un peu compliquée pour un Capado dénué de moteur. Heureusement, Mickaël, le chef du port, nous autorise à avancer le bateau le plus possible et le mettre le long du quai publique. Tout le monde nous prête main forte. Les employés du port, les bateaux amis... Avec tous ces bras, on pourrait soulever le bateau. Grâce à une longue aussière prêtée par Magalyanne, le bateau est amarré au meilleur coin du port. Le lendemain nous avons une vue imprenable sur la manœuvre impeccable du cargo, et surtout sur son étrave à 15 m de nous.
Le 20 septembre, on attaque de bonne heure pour aller visiter la réserve à tortues. Les bus sont d'entretiens inégaux mais toujours colorés. Lent au début pour faire monter le plus de gens possible, et dès qu'il est plein, à fond dans les épingles à chevaux. Encore mieux qu'un cinéma dynamique du Futuroscope. On arrive pour la première visite où nous ne sommes que 4. Tout d'abord la nurserie avec les naissances au sein du parc. Puis on descend dans un canyon rempli de tortues de toutes tailles. La plus vieille à 105 ans et la plus grosse pèse 240 kg. Ces tortues ont été réimplantés depuis les Seychelles et Madagascar. Les passages consécutifs des marins Hollandais, Français et Anglais ont décimé toutes les tortues qui peuplaient l'ile en masse. La soupe de tortue était un excellent remède contre le scorbut, qui alors faisait des ravages chez les marins. Ensuite, on continue la visite par une caverne avec de jolies colonnes calcaires et de jolies histoires créoles sur le site.
En sortant, nos co-visiteurs nous emmènent en voiture vers Rivière Coco, avec un détour par chez eux pour une bière. Trop sympa. On prend le bus direction l'Anse Mourouk. Superbe spot de kite et nous rencontrons d'ailleurs Jérôme, fondateur de l'école de kite Osmowings (http://www.kitesurf-rodrigues.com/). Le courant passe, le spot est alléchant, il nous faut revenir.

Une journée bricolage puis, chose promis chose due, on retourne à Mourouk. Toute la fine équipe dans le bus: Jean Luc, Marie Christine, Fanny, Delphine, Erik et nous. Adrien n'avait pas fait de kite depuis La Nouvelle Calédonie, donc le début est des plus approximatifs. Mais le coup rentre et en 1 heures, Adrien remonte enfin au vent. Une super journée avec Erik en rider accompli, Jean Luc et Delphine qui prennent leurs premier cours, et le staff média avec Capucine, Fanny et Marie Christine embarquées par Sydney sur le bateau et être au cœur de l'action.
En rentrant, on trouve l'annexe à plat. Un mégot avait malencontreusement finit son vol dans l'annexe. Du coup, atelier colle au menu. On y ajoute l'épissure sur la drisse du Spi de Magalyanne. Bout de gros diamètre et un peu séché au soleil, on y passe l'après midi.

On laisse passer une journée de pluie occupée dans le bateau. Le lendemain, toute la fine équipe embarque dans le bus pour Mourouk. Au programme du jours, randonnée de Mourouk à Port Mathurin en passant par la côte. De beaux paysages, le long du lagon. Puis on double la pointe Est et on se retrouve en plein décor aride. Herbes jaunes hautes, caillasses et peu d'arbres. Ensuite, la cote se fait falaises et on dévie vers l'intérieur des terres. Arrivés à Rivière Banane, un choix cornélien s'impose: attendre une demi heure pour y prendre le dernier bus, ou continuer à pied et arriver de nuit aux bateaux. Finalement, Delphine et nous prolongent à pied en descendant la vallée de Rivière Banane, où il y pousse de tout sauf des bananes. Il est 17 heures, et c'est depuis longtemps l'heure de l'apéro pour certains créoles titubant. On finit par retrouver des routes bétonnées, on se rapproche. Par chance, le dernier bus est bien en retard, et nous prend au passage. Après une bonne journée de route, on a bien envie d'une douche. Comme les bateaux sont au port, prendre une douche sur le pont est un peu gênant, sous le regard des passants. On tente le coup de demander à la réception d'un hôtel et ca marche, à condition que nous consommions au bar. Trop bien! Erik et Delphine sont des stars dans l'ile depuis que le Sputnik est passé dans le journal du fait de son attente sur le récif. Ce statut ouvre beaucoup de portes, et beaucoup nous demande si on vient du cata jaune, ils sont bien déçus quand on répond par la négative. C'est donc grâce à la notoriété de Delphine que nous apprécions une bonne douche. Puis on se retrouve tous dans un bon restaurant sur le port.
Le lendemain, on se retrouve tous à bord de Magalyanne pour fêter les 60 ans de Jean-Luc et les 48 ans d'Erik. Tout le monde s'y est mis toute la journée pour préparer ce grand événement. L'apéro se débride et on couronne le tout avec l'arrivée de Ty Punch. Erik, Jean Luc et Adrien montent dans l'annexe au devant du First 30, armés d'une VHF et d'un projecteur. L'entrée de nuit a déjà fait une victime, donc tout est mis en œuvre pour garder Ty Punch hors des récifs. Un succès total. Ty Punch mouille dans l'avant port. Claire et Gaëtan se joignent à la fête après une traversée éprouvante de l'Indien.

Grand marché le matin, appelé le bazar. Puis on retente le Kite Surf à Osmowings. Peu de vent au début, donc faut travailler, puis ca rentre et la session devient parfaite. Au retour, on descend du bus sur les collines surplombant le Port afin d'y apprécier le coucher de soleil.
Le lendemain, nous faisons la rencontre de Gwenili, une famille bretonne qui fait le tour en 3 ans. Sylvie et Pascal avec leur trois filles Nina, Lily Rose et Gwendoline. Le matin c'est école et l'après midi c'est tourisme.

Nouvelle randonnée, cette fois ci au départ du port très tôt le matin, on monte vers Mont Lubin puis on redescend vers Mourouk. Grosses villas dans l'anse aux anglais puis cases en tôles et musique à fond chez les rastas dans les hauteurs, un peu de civilisation en haut, on redescend sur un chemin sur l'autre versant en passant dans un peu de jungle, puis un peu plus aride avec des chèvres et des vaches. La vue sur la grande passe est superbe. On aura été plus rapide que prévu et on retrouve Magalyanne avec Jean-Luc qui prend un second cours de Kite. Sylvie et Erik se font piéger par un grain qui les laisse sans vent. Une barque vient vite les chercher plutôt que de les laisser nager trop longtemps. Le soir, réparation d'une sortie de drisse en tête de mât de Magalyanne.
Aujourd'hui, c'est le grand jours: La régate des barques traditionnelles sponsorisée par la bière locale Phoenix. Il y a 4 catégories: les 22 pieds bois avec 7 équipiers et grand mat (Tshirts rouges), les 22 pieds bois avec 7 équipiers et petit mat (Tshirts noirs), les 21,7 pieds en fibre de verre et 6 équipiers (Tshirts jaunes), et enfin les 24 pieds en fibre de verre avec 5 équipiers et tableau arrière (Tshirts bleus). Ces barques sont parfaitement adaptées au lagon. Très faible tirant d'eau, un plan antidérive sur toute la longueur qui leur confère un cap digne des classes America, une voile latine plus ou moins grande taillée pour chaque bateau et monter sur une longue vergue en bambou dont le choix de raideur dépend du vent. Les bateaux en bois sont les plus instables et cette capacité à se coucher fait couler le bateau.
Capucine, Erik et Delphine vont dans l'annexe de Sputnik et Adrien embarque avec Claire et Gaëtan dans leur kayak. Le premier départ est donné. Tout le monde hisse les voiles au plus vite. Un bateau, dans son empressement, prend une risée et se couche aussitôt, la course est finie pour eux... Pour changer de bord, il faut affaler la voile, passer le mat de l'autre coté et renvoyer la voile. Cette manœuvre demande une grande coordination de l'équipage et un bon angle par rapport au vent pour ne pas perdre trop de vitesse. Les professionnels, en rouge, vont vraiment très vite. De l'argent est en jeu, alors tout le monde est très concentré. Capucine, Erik et Delphine sont invités à bord du bateau comité, alors que Claire, Gaëtan et Adrien sont invités à bord du bateau pointeur à la bouée au vent. On apprécie quelques techniques de navigation peu orthodoxes tel que sauter à l'eau et prendre appui sur le récif pour aider le bateau à virer ou l'aider à passer la bouée et économiser deux virements. Une belle fête nautique avec toute l'ile qui est au spectacle sur la rive. Le soir, la bière Phoenix coule à flots, et les groupes de musique s'enchainent sur la scène. Les organisateurs nous donnent gentiment des Tshirts, 2 par bateaux visiteurs. Trop cool.
Dernière session de kite au top puis départ de Magalyanne pour l'Ile Maurice et nettoyage de la coque pour Adrien. Le lendemain, Sputnik se déplace grâce à son annexe jusque dans la baie du chantier. Sortie de l'eau prévue pour le lendemain. Sans moteur principal, amarrer l'annexe à l'intérieur des coques a bien fonctionné. Ensuite Capado quitte le port sous voile avec le soutien de Sputnik dans l'annexe en cas de dérapage, et Pascal au larguer de notre longue aussière. Direction l'ile Maurice.

Nous avons vraiment été sous le charme de cette ile pourtant dénuée de tout. Peu d'eau, peu de richesses, peu de tourisme. Mais tout le monde est super gentil, aidant, sans voir les bateaux comme une source d'argent. Voici un endroit où l'on veut absolument revenir. Donc un grand merci aux Rodriguais pour ces bons moments.


jeudi 11 octobre 2012

De Cocos à Rodrigues

 Départ sous voile, on sort de l'atoll des Cocos keelings sous trinquette et GV 2 ris. Nous sommes le 5 septembre, 13 heures, top départ. Le plateau passé, on envoie le spi fractionnel, la houle est forte mais bien orientée, le pilote barre super bien tout seul, avec de gros surfs, ca promet d'être rapide. Une fois plus loin des cocos, on commence à ressentir la fameuse houle croisée tant redoutée. Le pilote en perd un peu son latin, donc on passe sous foc. Pour agrémenter le tout, les patins de tête de GV cassent, il faut donc affaler, se faire copieusement rouler, remplacer les défectueux et renvoyer le tout. Ca ne prend pas plus d'une demi heure, on est bien rodé, mais il faut sortir les cirés, dont celui que nous a offert Amaury lors de sa venue à Bali. Il faut avouer que ca fait du bien d'être au sec. La nuit tombe, les grains arrivent, la trinquette fait son entrée, ainsi que le troisième ris.
Ca secoue pas mal à bord, du coup les activités culinaires se limitent au strict minimum: nouilles chinoises. On lit un peu, on laisse nos estomacs s'adapter à ce milieu plus que remuant. Bref, on est souvent couché à contempler le temps qui passe et à l'écoute du bateau.
Le 8, le ciel se dégage, la houle s'organise d'un coup. Il fait beau, le reacher est établi. On glisse en douceur, ca soulage. Revigoré par cette nette amélioration de nos conditions de vie, la ligne de pêche prend du service et nous ramène très vite une dorade de 2 kg. C'est pas énorme mais parfait pour nous assurer 4 succulents repas. Comme le Capado est dépourvu de frigo, tout gros poisson serait gaché. 2 kg, c'est parfait. En la vidant, on retrouve un poisson volant presque intact dans son estomac. Cette dernière a du faire la gourmande et lorgner sur notre petit poulpe violet armé de son hamecon. Au soir, nous doublons Promesa, bateau canadien parti un jour avant nous des Cocos. La nuit et le lendemain restent cléments et Capado glisse vite sous reacher et GV 1 ris.
L'Indien reprend ses habitudes et nous gratifie d'une mer grossissante et de grains à répétition. On entame alors une phase remuante sous GV entre 2 et 3 ris avec foc, foc 1 ris ou trinquette. Capado est pris entre la houle du vent, ¾ arrière et la grosse houle venant des mers du Sud. Cette dernière se met parfois en accord avec la houle du vent pour déferler sur le Capado, claquant sur le bordé au vent et mettant le bateau en travers de la route. Heureusement, notre pilote fonctionne à merveille et on ne sort que très rarement sur le pont remettre Capado dans le bon sens. Avec cette houle traversière, il est impossible de garder de la surface dans la GV. Ce n'est pas bien grave, la vitesse moyenne reste élevée, Capado dévalant sans fin les grosses pentes d'eau.
Le dernier jour, le vent passe à l'Est, on tire des bords sous spi fractionnel et GV 1 ris. Vers 10h du matin, Rodrigues se dévoile enfin. Encore quelques bords et nous tournons vers port Mathurin. Pas de moteur, donc on range bien le bateau. Bout dehors rangé, trinquette en place et foc désendraillé pour libérer la plage avant, les ancres et les aussières. Les coast guards insistent pour qu'on aille au quai au lieu de mouiller dans l'avant port. On s'exécute non sans réticence. Heureusement Erik de Sputnik nous accueille avec son annexe. Le port est dans le dévent de l'ile donc c'est comme une fleur que Capado vient à couple de Jennifer Stockholm avant qu'on le déhale le long du quai. On est un peu l'attraction du moment. Il est rare pour les rodriguais de voir un bateau rentrer sous voile.
Un peu de statistique pour finir:
Distance parcourue: 2042 nm
Temps de navigation: 11 jours 3 heures et 30 minutes.
Vitesse moyenne: 7,61 noeuds, soit 182,75 milles / 24 heures.
 
En gros, l'Indien fut globalement inconfortable mais rapide, donc on n'a pas eu à le subir trop longtemps. Rodrigues a l'air assez aride mais tellement accueillante. On a hâte d'en profiter.

samedi 6 octobre 2012

Cocos Keeling

Nous quittons le mouillage de Serangan sous foc et GV haute avec Magalyanne en ligne de mire. Petit à petit nous les rattrapons. On contourne ensemble la pointe sud de Bali sous spi. La nuit tombe et Capado passe devant, on perd vite de vue la lumière de tête de mat de nos compagnons de route. Les conditions sont tranquilles, ce qui nous permet de glisser sans se presser. 3 jours après le départ, on empanne pour contourner Christmas Island par le Nord. Vers ce cailloux perdu, on voit les voiles de Magalyanne quelques 10 milles derrières nous, quel timing! Ils font une halte à Christmas alors que nous continuons vers les Cocos Keeling.
Il faut accélérer pour espérer arriver de jour. Du coup, spi fractionnel et GV 2 ris sont de sortie. Capucine barrera aussi, prenant même un surf à 13 nœuds. Pour une première fois dans ces conditions, elle s'en sort super bien. Comme quoi, on commence à faire une bonne symbiose avec le Capado. Adrien créditera le chrono d'un 14,5 nœuds. On reprend le même exercice le lendemain, mais, hélas, le vent mollit légèrement cassant ainsi notre moyenne. On appréciera le coucher de soleil avec l'atoll juste devant, à portée d'étrave. C'est donc par nuit noir que nous entrons dans le lagon.
Les bouées du chenal sont plus illuminés que les galeries Lafayette à Noël. Impossible de savoir qui est qui. L'alignement d'entrée n'est pas évident à distinguer. On finit par se positionner comme il faut est ainsi confirmer que la cartographie est bonne, ouf. En entrant, le moteur nous donne bien sur du fil à retordre mais daigne démarrer au final. On garde la GV avec 2 ris au cas où.
Le bateau des douanes nous illumine les balises (non éclairées) d'accès à la zone de mouillage pour les bateaux de passage. Un grand merci, ça rassure, avec toutes ces patates de corail autour. Il a beau faire nuit, on distingue quand même des différences de couleur dans l'eau. Tâche claire: fond de sable, tâche foncée: corail. Mais impossible d'estimer la profondeur.
On se met bien loin de tout le monde, bateau face au vent, le moteur cale, Capado glisse sur son inertie, puis l'ancre est jetée. Super tenue du sable. On y est!
6 jours et demi de navigation et nous changeons à nouveau de monde. Nous sommes de retour en Australie.
Les autorités locales tardent à venir faire les papiers, du coup, on bichonne le bateau. La ligne de moteur de démarrage de notre hors bord tout neuf reste dans les mains d'Adrien. Un peu de bricolage s'impose. Prêt pour découvrir ce beau lagon.
 
Visite de Home Island peuplée par une communauté musulmane. Maisons simples en tôle, toutes bien alignées, voitures de golf ou quad comme seuls véhicules, et pas un chat dehors. La sieste à l'air de mise ici. Ensuite nous allons à Direction Island, ile du mouillage, visiter un peu. Les bateaux y laissent une trace de leur passage avec de beaux panneaux, certains superbement sculptés, d'autres fait de récupération des déchets plastiques qui atterrissent au vent de l'île. D'ailleurs, il y a tellement de tongues, qu'on arrive ainsi à trouver toutes la gamme de couleurs pour notre logo.
Magalyanne arrive avec une belle dorade tout juste attrapée à l'entrée du lagon. On se lance dans du snorkeling mais point de signe de langouste. Jean Luc obtient du douanier le spot à langoustes. Du coup, on y retourne l'après midi. Beaucoup de courant, il faut s'accrocher aux coraux pour ne pas se faire emporter, c'est un peu sport et point de bête à cornes. Sous le bateau, une dizaine de calamars restent cachés, encerclés par des requins pointe noire. Depuis l'annexe, Adrien en tire un et le sort vite de l'eau. Dès que l'encre est lâchée, les requins deviennent super excités, à tourner dans tout les sens pour trouver la bête blessée. Sur l'ile, un barbecue et des tables sont à disposition. Ainsi, un peu de dorade, un snapper et le calamar passent au grill. Un régal.
Le lendemain, on part vers Prison Island, petit ilot de sable, chasser autour. En 10 minutes, Adrien tire deux belles langoustes perles. Ça ne nous été pas arriver depuis les San Blas. On continue à chercher mais plus rien. En rentrant au bateau, on croise Marc et Maria sur leur petit bateau de 27 pieds Mare Liberum. On est invité pour un Barbecue sur Prison Island avec un bon mérou chassé par Marc le matin. Marc et Maria sont partis de Suède il y a 2 ans sur un tout petit bateau alors que Marc est un viking géant de 2m. Lui a 35 ans et elle 30 ans. Une volonté de fer avec un bateau aussi petit et un mal de mer récurrent. Marc étant un fin chasseur, il veut tenter la chasse à la langouste avec Adrien. Maria trouve une langouste tirée par Marc, et Adrien en trouvera 2 autres, bien cachées. Comme le stock de poisson est conséquent et que ni Mare Liberum ni Capado n'ont de frigo, tout le mouillage est convié pour un barbecue géant sur l'ile. Certains vont chercher un cœur de palmier tout frais, d'autres préparent des accompagnements. Tout le monde se retrouvent ainsi autour du feu. On est en plein contingent Suédois / Norvégien. Un couple agé, Marc et Maria sur Mare Liberum, Ivan (25 ans) et Josephine (24 ans) sur Kuheli, Espen (38 ans) et May Linn (30 ans) sur Maggie, et l'équipage charter de Jennifer Stockholm. Bref, beaucoup de jeunes en moyenne et tout le monde ici est sur un rythme de tour du monde en 3 ans. Nous avons ainsi rattrapé la caravane. La route par le nord de l'Indien étant fermée par les pirates, tout le monde passe par les Cocos. Ça promet une belle suite, avec tout ce beau monde que l'on va retrouver régulièrement jusqu'à Cape Town. La France est représentée par Magalyanne, Capado et Sputnik avec Eric et Delphine. Enfin vient l'Angleterre avec Salamander.
Notre moteur étant toujours un sujet sensible, on décide de nettoyer le réservoir de fuel. Vidange de ce dernier. Nettoyage de l'intérieur. On laisse le fuel décanter puis on le remet en le filtrant. Un travail laborieux mais ce dernier est propre. Donc le problème ne vient pas de là. Dommage.
On retourne chasser un peu pour diner avec Magalyanne autour d'un petit mérou et une langouste.
Un peu de tourisme, nous prenons le ferry entre Home Island et West Island où résident les australiens. On en profite pour aller un peu sur internet, puis tour du village avec terrain de golf en plein sur la piste de l'aéroport qui prend toute la longueur du village.
Une langouste du matin pour le déjeuner, puis Ivan vient à bord diagnostiquer notre moteur. Pour lui, le régulateur ou la pompe d'injection sont en cause. Pas possible de réparer avant la Réunion. Vive la voile.
On se retrouve avec Maggie et Kuheli sur la plage pour une grosse partie de volley sur un terrain monté par Maggie. Équipe victorieuse: Espen et Adrien.
Faire les courses aux Cocos peut s'avérer très couteux. La douzaine d'œufs coute 9 dollars, ainsi qu'une aubergine. Pour l'alcool, il faut aller à West Island.
On tente la pêche à la traine avec l'annexe. Une première touche et une carangue qui se libère tout près de l'annexe. La deuxième touche sera plus coriace. Un requin pointe noire qui passait par là a bien gobé le rapalas. Oups. On remonte le tout jusqu'au tableau arrière, pas question de mettre la main pour tenter d'enlever les hameçons. Il n'est pas bien gros mais il a de belles dents bien coupantes. Finalement il repart avec les hameçons et nous laisse le rapalas. Grand seigneur avec un look un peu plus gothique maintenant.
Apéro à bord de Sputnik, catamaran jaune de 11m50 et carrément atypique. Léger, en contreplaqué epoxy, et un intérieur en loft. Pas de hauteur sous barrot dans le carré, mais comme le roof fait toute la largeur du bateau, on se tient debout dans les coques où l'on trouve la cuisine à bâbord et la table à cartes à tribord.
Le lendemain, arrivée de Ty'Punch, un first 30 français avec Claire et Gaétan, rencontrés juste avant notre départ de Bali. Le soir, on se lance avec eux pour un barbecue sur la plage, mais le temps tourne vraiment mauvais, et, au vue de ce fiasco, on rentre vite aux bateaux. Notre moteur nous refait le coup du bout de démarrage, on rentre à la rame. Comme on était rentré de nuit, sous voile, on est les plus loin de la plage. Avec ce vent, ca fait loin....
Par chance, 2 bateaux arrivent au matin et ainsi le bateau des douaniers se déplace jusqu'au mouillage. On en profite pour faire notre sortie sans avoir à aller jusqu'à Home Island, comme Kuheli et Maggie, ou, pire, West Island comme Sputnik la veille. Déjeuner sur la plage entre français avec un peu de perroquet et snapper. L'après midi, on part avec Gaétan sur Prison Island pour essayer son kite surf. On s'installe, on gonfle l'aile mais un sifflement se fait entendre. Une valve finit par se décoller complètement, finissant ainsi cette session prometteuse. Dommage.
Dernier diner à bord de Capado avec Claire et Gaétan. On espère les revoir à Rodrigues, même si pour l'instant, on a l'art de partir quand ils arrivent.
Au matin, on prépare le bateau, passons dire un dernier salut à nos amis puis rangeons l'annexe. L'Indien nous attend, 2000 milles d'ici à Rodrigues. Maggie, Kuheli, Promesa et Sputnik partis la veille.
Le moteur étant hors service, on hisse la GV jusqu'au deuxième ris, puis on s'attaque aux ancres. Pas mal d'algues sur la chaine la rendent très glissante. Avec un bon vent, c'est sport de ramener tout à bord. Jean Luc vient filer un petit coup de pouce avec son annexe qui permet de bien soulager les efforts. Capucine envoie la trinquette, Adrien avale à toute vitesse les derniers mètres de chaine avant de rejoindre Capu dans le cockpit pour éviter Jjmoon, un bateau venu mouiller à côté, un petit tour dans le mouillage et Capado sort du chenal.
Ayant raté les Tuamotus, on n'avait pas eu une telle vie dans un lagon circulaire. Quel contraste après la ruche Balinaise! Se retrouver ainsi, à vivre de sa pêche quotidienne, profiter pleinement de ce que les iles ont à offrir: palmier, cocos, citrons.... Et puis nous ne sommes plus les jeunes rapides qui croisons que pour peu de temps des bateaux amis, cette fois ci, la caravane est ralliée et nous allons revoir du monde au fil des milles et de cet océan prometteur.