mardi 15 octobre 2013

La fête du retour à Marseille

Le 20 septembre, Capado quitte Roses à 13 h par une petite brise thermique de Sud. Le Garbi comme ils l'appellent. Tout dessus, on se déhale dans la pétole causée par le dévent du redouté Cap de Creus et sa roche déchiqueté par le sel. En 200m, le vent fait 180 degrés et Capado se retrouve au près. Plus on avance, plus ça monte. A la hauteur du Cap, le vent rentre pour de bon. On troque le foc contre la trinquette, et la GV passe à 2 puis 3 ris pour la nuit. Capado cavale vers Marseille.

Au matin, en s'approchant, le vent mollit. On est à 9 heures du matin devant la pointe sud de l'ile Pomègues. C'est un peu tôt pour un rendez-vous à 15h30. Demi tour, alors que le vent a presque complètement disparu. On se traine pour tuer le temps. Un bon repas, un coup de rinçage du pont, on prépare les drapeaux ainsi que le Lambi. Tout est près.

On reprend la direction du Cap Caveau, mais le vent n'est plus. Ça n'aide pas vraiment notre arrivée sous voiles.... Un peu de moteur en appui pour être à l'heure.
Un premier semi rigide vient à notre rencontre, les parents d'Adrien ainsi que des cousins. Klaxons, chants, coups de lambi souffleur et corne de brume. On continue aider par le moteur puis on empanne direction le Cap Caveau. La famille nous quitte pour rameter tout le monde.

Le vent rentre un peu nous permettant de couper le moteur et ainsi finir vraiment sous voiles.
D'un coup, 3 bateaux arrivent à fond sur notre tribord et 2 autres droit devant. Au loin, on voit 3 voiliers . Quel choc! Tout le monde est sur l'eau, nos familles, des cousins, les amis marseillais et d'autres venus de plus loin. Vraiment trop génial de revoir ainsi tout le monde. La flotille est maintenant de 12 bateaux.

Musique à fond sur le bateau conduit par Thibault, ambiance assurée. Adrien donne du Lambi, et Capu de la corne de brume. Il en vient de partout et il est difficile de bien reconnaître tout le monde. A notre grande surprise, Jean Luc de Magalyanne, qu'on avait quitté à Cape Town est là aussi.
Puis le grand Red Pearl passe aussi et d'autres curieux de la Juris Cup. On apprécie le geste.

Quelques empagnnages pour contourner le château d'If. On a la pression, il ne s'agirait pas de faire un cocotier devant tout le monde. Heureusement, avec 2 ans et demi d'entrainement, ça passe.

La Flotille passe le Canoubier et nous voici aux portes du Vieux Port.

On maintient les voiles un maximum avant d'affaler. Il y a beaucoup de monde par ce temps radieux. D'autres amis s'ajoutent à la fête depuis la terre, côté fort Saint Jean ou Pharo.
Que d'émotions je vous dit!!!!

Les voiles rangées, on hisse le grand pavois. Alphabet international à l'avant, et pavillons nationaux à l'arrière. Dans ce petit goulet, tout le monde s'entasse et c'est au ralentit que la Flotille Capado rentre, toujours à fort renfort de décibels débridés. Le top.
On laisse les bateaux amis aller au ponton alors que nous allons faire un tour au pied de la Cannebière. Tout le monde est sur le quai, Capado recule vers la place d'honneur de la Société Nautique de Marseille. Exactement à la même place qu'il y a 2 ans et demi. La boucle est bouclée, et quelle boucle! 44 000 milles nautiques, 3x l'Atlantique, 1x le Pacifique et 1x l'indien! Là on peut dire qu'on l'a fait. Capado nous a ramené à bon port, on est fier de lui.
Dur de rester concentré sur sa manœuvre alors que tout le monde n'attend que vous! On reste un peu sur le bateau face à nos amis et nos familles. Une fois le pied à terre, c'est sûr, on ne pourra plus faire demi tour. Au diable les appels du large, on plonge dans les bras de nos parents puis le tour de tout le monde à pleine vitesse. Tellement de sourires en une fois, quel pied!
Après un petit temps sur le quai, tout le monde est allé s'installer dans la salle de conférence de la SNM. Belle vidéo d'introduction d'Hervé qui nous a fait rentrer en grandes pompes. Puis, au fur et à mesure de la description du trajet, on répondait aux questions impromptues. Ambiance détendue et ce fut super de pouvoir ainsi partager plus que des retrouvailles avec tous ceux qui ont fait le déplacement. La soirée a ensuite suivit son cours grâce à la participation de beaucoup pour nourrir tout le monde et prolonger ainsi l'évènement.
Un immense merci à nos parents qui ont organisé le tout de mains de maître, à Eole qui nous a offert des conditions parfaites, aux propriétaires des bateaux venus à notre rencontre, à ceux qui ont loué d'autres bateaux et enfin à tous ceux qui ont fait le déplacement d'aussi loin que Nantes, Paris, Bayonne, ou même le Luxembourg.

Ci dessous la vidéo par Capado:

Ci dessous la vidéo réalisée par Hervé de Belloy:

Et celle réalisée par Jean-Luc Marc:



vendredi 4 octobre 2013

Retour en Méditerranée

Le 25 aout, Capado descend le Tage direction le large. Point de vent au début puis on sort le reacher. Plus on s'écarte, et plus il y a de vent, mais aussi de houle, et elle est très forte aujourd'hui. Quelques empannages le long de la côte pour ne pas traverser le rail des cargos et nous contournons le Cap Saint Vincent dans la nuit. Au matin, le vent tombe complètement. Le 27 aout, alors que nous approchons du Détroit de Gibraltar, le maxi trimaran Banque Populaire nous double sous le vent à 2 milles environ. On pensait aller plutôt bien entre 8 et 10 nœuds, mais à côté du géant, on a vraiment l'impression d'être une bouée. En fin d'après midi, nous arrivons à hauteur de Gibraltar avec encore un peu de vent d'ouest et un trafic toujours aussi impressionnant.
Dans la soirée, le vent nous abandonne, puis revient de l'Est, soit dans le nez. Il faut maintenant barrer pour passer le clapot court. Le vent monte et monte encore. Sous 2 ris, le près devient très inconfortable au point qu'on s'arrête au port d'Almérimar. Il est minuit et le vent atteint maintenant 30 noeuds. En entrant dans le port, on se fait griller la priorité par un gros voilier de 54 pieds qui nous fait carrément l'intérieur à la digue! C'est une autre culture. Une fois au quai, il nous dira qu'ils ont eu 35 noeuds un peu plus à l'Est, donc on a bien fait de ne pas insister.
Ce vent va malheureusement durer un bout de temps. On en profite pour bichonner le bateau et faire le blog. Almerimar est un de ces ports construit de toutes pièces, une grosse réserve à touristes allemands et anglais, sans charme ni attrait. Du coup, on s'élance le 31 au matin. Pas de vent au début, mais il rentre vite en début d'après midi, c'est encore le même scénario. On sait que ça soufflera d'autant plus au Cabo de Gata qui marque la fin de la mer d'Alboran. Escale suivante: Almeria. On s'était arrêté là à l'aller avant notre premier coup de vent. Pleins de souvenirs reviennent. Qu'est ce qu'on était débutant à l'époque!
La ville est bien sympa avec des bars tapas partout, une belle place de la mairie et de beaux monuments, mais le plus beau est le château d'Alcazaba, ancienne forteresse Maure. On profite des beaux jardins et d'une vue imprenable sur la ville.
Le 6 septembre, le vent est enfin conciliant et nous passons le Cabo de Gata sous spi, au ras de la côte à apprécier le paysage. Le vent monte ensuite, et il faut ranger le spi. Comme d'habitude en Méditerranée, toute condition météo ne dure jamais longtemps. Plus de vent pour la nuit.
Au matin, le vent revient, nous voyant changer trois fois de toile. A 13 heures, nous voici à Alicante.
On visite ainsi le musée de la Volvo Ocean Race qui est très réussi. Le soir, après un demi tour du monde, nous retrouvons Mathieu Cariou (vu en Nouvelle Zélande), plutôt sympa de voir ainsi le chemin parcouru de son côté aussi pour finir, comme nous, en Europe.
Autre ville, autre château. Celui ci est haut perché et la marche promet d'être intense, surtout aux dires des locaux. La vue sur toute la ville est superbe, à 360 degrés. On redescend en ville sur la muraille pour arriver dans un quartier super typique, tout piéton avec une succession de petites maisons typiques, de mamies qui jouent au bingo et de voisins qui se retrouvent dans la rue. Le soir, Mathieu et Ana nous font l'honneur de venir à bord prendre l'apéro avant d'aller en ville pour compléter le diner.
Le 9 septembre, on part au près à tirer des bords pour rester bien collé à la côte, éviter le courant contraire et les pécheurs. On passe dans la baie de Benidorm, capitale touristique pour anglais venus juste pour le soleil et les boîtes de nuit. Le vent nous délaisse ensuite complètement. On fera ainsi notre record de temps au moteur en une traite. On navigue sur un lac, pas une ridule pour troubler la surface de l'eau. On verra un bébé dauphin laissé seul par son banc, le pauvre. Il y a aussi énormément de déchets, beaucoup trop de plastique entre deux eaux, c'est navrant. Dans la nuit, nous arrivons à Santa Ponsa sur l'ile de Mallorque. Enfin nous pouvons jeter l'ancre au lieu d'aller au port. Ça fait vraiment du bien... sauf à 5 heures du matin où un gros orage passe et secoue tous les bateaux. Certains dérapent même au point qu'on se sent un peu proche du bateau à notre vent. Heureusement, il n'ira pas plus loin alors que 3 catamarans ont du relever leur mouillage et mettre le moteur pour ne pas finir au large ou sur les cailloux.
Le 13, James et Elena viennent à bord. On les avait vu à Antigua avec leur fille Noa qui aura bientôt une petite soeur, alors toutes les précautions sont prises pour l'embarquement et le débarquement. James travaille maintenant à la voilerie North de Palma. Après les megayachts d'Antigua, James reste avec les grosses voiles de ceux de la Méditerranée.
Nos invités de retour à terre, nous levons les ancres. On passera une nuit tranquille en mer, mais avec peu de vent. Finalement le Garbi (vent de sud) s'active et nous arrivons à pleine balle sous reacher et GV 2 ris dans le Port Vell de Barcelone. Une fois dans le port, Tim et Julia nous rattrapent avec leur bateau. Quel timing après 2 ans et demi sans les avoir vu! On passera d'ailleurs les 2 soirées suivantes à regarder la coupe de l'America chez eux. Le spectacle est fantastique. Sinon, on va redécouvrir ce qui fut notre ville pendant 2 ans. Les vélos sortis, on visite le marché du Born fraichement rénové puis nous passons par la Sagrada Familia. Trop de queue pour espérer une visite mais on peut voir combien les travaux progressent. Il faudra revenir voir ça de plus près. Jordi nous rend visite au bateau. Son produit Doctor Sail a vachement progressé depuis notre départ. On a même droit à un échantillon pour le tester.
On profite aussi de la voilerie pour réparer le spi fractionnel qui avait éclaté en allant aux açores. Le bateau est paré pour rentrer.
On décolle le 17 dans un courant d'air de Garbi qui nous pousse ainsi jusqu'à Blanes. Tout se passe bien. Peu après Blanes, on commence à voir au petit matin les nuages lenticulaires au dessus de Roses. Les bulletins météo sont franchement alarmants pour la suite du périple. On décide de ne pas tout risquer et restons à Roses le temps que la tramontane se calme.
L'avantage de Roses, c'est qu'il n'y a rien à faire, du coup, on a pu faire un grand coup de ménage pour le retour à Marseille. D'ailleurs une fenêtre se présente pour vendredi soir, il semble qu'on sera à l'heure.
Pas facile de naviguer dans la flaque, même si ça sent bon la maison.
P.S: Avec toute l'agitation du retour en France, la vidéo suivra dans peu de temps


mercredi 11 septembre 2013

Des Açores à Lisbonne

Le 14 aout, nous quittons Angra do Heroismo à 10 heures. Autant le dire tout de suite, les prévisions météo ne sont pas des plus engageantes. Soit on fait route directe, tout au près pendant une bonne semaine, soit on tente de passer par le nord de l'anticyclone et ainsi faire une route plus confortable, mais au risque de passer une grande zone sans vent. La perspective de faire tout ce près et du vent soutenu pour la fin de parcours nous rebute franchement. Cap au Nord, on fait le tour de la paroisse.
Départ donc au près pour contourner l'ile puis on fait route plein Nord.
Avec France et Hervé en plus à bord, on va bien dormir. 6 heures d'affilé, c'est un luxe qu'on ne connaissait pas. Bref, tout le monde est bien reposé même si nos équipiers de choc doivent s'adapter aux bruits du bateau.
Le vent nous fait vite défaut et le moteur prend le relais. Puis on alternera entre spi et moteur selon le bon vouloir d'Eole. Malgré une toute nouvelle mitraillette (enfilade d'hameçons), toujours pas de maquereaux!
Tournoi d'ascenseur (jeu de carte) qui couronne Hervé. Le vent reste toujours faible et il faut encore et toujours gagner dans le nord avant de faire enfin route vers Lisbonne. Du coup, le risque de rater le vol des parents se fait plus réel chaque jours.
En attendant, grâce à ces conditions de demoiselles, Adrien peut reporter tous les points quotidiens sur une carte papier du monde entier (cadeau de Thomas avant notre départ). Ce sera vraiment un super souvenir pour après. Car même si on ne veut pas trop y croire, le retour rapproche à grand pas et notre route vers l'Europe continentale nous le rappelle tous les jours. Alors on se prépare.
Le 18 dans la nuit, l'alternateur ne charge pas super bien les batteries donc le coupe pour vérifier les cosses. Il fait nuit, on est sous reacher dans quasi rien, puis plus rien. A ce moment précis, alors que tout est calme, on entend le souffle d'une baleine tout près. Elle choisit bien son moment celle là! Un peu de bricolage express puis le moteur démarre, on n'entendra plus la baleine. Ce n'est pas qu'on n'aime pas ces grands cétacés, mais on préfère garder une petite distance. Les 4,5 tonnes du Capado ne font pas le poids contre les 400 tonnes de la bête.
On a enfin un peu de vent, mais au près. Le confort à bord en prend un sacré coup. Petit à petit le vent tourne et Capado retrouve des allures plus à son goût et à celui de l'équipage. Régulièrement de grands bancs de dauphins nous gratifient de superbes spectacles en chassant à pleine vitesse.
D'ailleurs le 22, Capado est escorté. Il y en a partout. On filme tout ce qu'on peut, mais le bateau va assez vite. Avec la pression de l'eau, la Gopro quitte le manche à balai et se lance dans sa dernière plongée. Dure. D'autant plus que ça faisait un bout de temps qu'on n'avait pas vider la carte mémoire. Vous comprenez maintenant pourquoi on a eu légère baisse de qualité dans nos vidéos!
Les dauphins pourtant nombreux et supérieurement intelligents ne nous l'ont pas rendu....
Une dernière nuit bien rapide et « terre en vue ». Plus on approche de la côte, plus le vent monte. Capado glisse vite sur les vagues froides du Gulf stream, finalement le vent tombe devant Caiscais et nous passons sous foc avant de remonter le Taje en passant devant la Torre de Belem et le monument dédié à Enrique le navigateur. Nous voici dans la marina d'Alcantara.
On est le 22 septembre au soir, soit 10 heures après l'avion des parents. Ils ont donc gagné une journée de tourisme dans le vieux Lisbonne.
Tram moderne pour aller en ville puis on prend un pass à la journée et pouvons profiter pleinement des vieux tramways aux roues rapprochées pour se faufiler dans toutes les petites rues. Épique. Plaça comercial puis une basilique avant de monter vers le fort et son quartier de petites rues entremêlées. Déjeuner dans une petite cantine loin des touristes, un régal fort économique. Le tramway étant la grande attraction, il est souvent bondé et les pauvres chauffeurs sont sous pression pour empêcher les photographes intrépides de sortir la tête voir tout le corps. Toutes ces rues pavées sont vraiment charmantes et on passe une super journée.
Il est temps de rentrer au bateau prendre les valises d'Hervé et France. Il ne faut pas rater le deuxième avion tout de même. Tout le monde chargé, on retourne en ville pour un dernier café avant les au revoirs. 3 supers semaines ensemble où ils auront eu de tout, du tourisme sauvage aux calmes atlantiques.
De notre côté, on va chercher une nouvelle Gopro pour la fin du voyage puis quelques courses et grand nettoyage du bateau.
Le 25 aout, nous quittons Lisbonne. Il nous reste un peu moins d'un mois avant le retour à Marseille, donc il ne faut pas trop trainer en route.
Ceci clos notre séjour Portugais, entre les Açores et Lisbonne. Muito obrigado.

vendredi 30 août 2013

Açores

Après toute traversée, on aurait une forte envie de se détendre et visiter ce nouveau lieu. Et bien non, le bateau d'abord. Ainsi on nettoie de fond en comble, on assèche ce qui doit l'être. Le fémelot supèrieur de l'hydro a cassé le dernier jour, on le remplace. Le toilette fuit, on colmate. La capote se découd, alors la machine est sortie de son coffre. Qu'on se rassure, on profitera tout de même d'une bonne bière fraiche dans ce beau village de Lajes de Flores. Puis balade le long de la digue pour voir les peintures des bateaux de passage.
Encore un jour de bricolage et le bateau est à nouveau au top. En allant au bar, haut perché, nous sommes pris en stop par un local parlant très bien français. La base militaire qu'il y avait sur l'ile 20 ans plus tôt avait presque francisé l'ile.... Antonio fera même un détour pour nous déposer puis repassera nous donner un livre sur Flores. Trop gentil, nous verrons par la suite que ce trait de personnalité est très répandu chez les açoréens.

Le 1er aout, Hervé et France, parents d'Adrien, arrivent à l'aéroport. Augustin a trouvé à louer une voiture non officiel à un « ami », une magnifique Rover où l'on ne sait pas si ce sont les freins ou l'embrayage qui vont rendre l'âme en premier. Vu les dénivelés de l'ile, ça promet une journée forte en émotions. Déjeuner dans un snack local puis direction le bateau pour installer nos nouveaux équipiers. Enfin, on avait repéré la veille, suite à une petite marche, un superbe endroit avec barbecues à disposition. Tout le monde en voiture, quelques gros steacks et en route. Nous offrons à Hervé un Lambi corne de brume des Bahamas, alors on s'essaye tous avec plus ou moins de succès. On finit enfin la soirée dans notre repère des derniers jours, le café des sports où des tables de billards sont libres d'accès. C'est relax ici.
Le 2 aout, tour de l'ile avec notre fidèle Rover. Les paysages sont vraiment superbes et la météo clémente. Les lacs au milieu, les falaises au bord de l'eau, la roche volcanique tout dernièrement solidifiée (à une échelle géologique). Tous les champs sont bordés de massifs d'Hortensias bleus à perte de vue. On ne remerciera jamais assez nos amis de Toucan et Aletis qui avaient insisté pour venir voir ce joyaux le plus occidentale de l'Europe.
Il est 18 heures et Capado quitte cette mignonne petite marina, en route pour Horta sur l'ile de Faial. Au matin, nous passons sur un haut fond où toute la vie maritime se donne rendez vous! Des dauphins en masse, des thons, des globicéphales tout blancs, des requins et des pécheurs au gros. On évitera de justesse un bateau reculant à fond au point de remplir le cockpit pour récupérer une grosse prise. A 16 heures, Capado est à Horta, au royaume de la peinture sur quai. Il y en a partout! C'est vraiment très beau de voir toutes ces créations ainsi réunies.

Ce n'était pas du tout prévu, mais nous voici en pleine Semana do mar (semaine de la mer). Activités nautiques la journée, pêche la nuit, groupes folkloriques, puis groupes locaux qui jouent à forts renforts de Watts. Le grand concert ne commençant qu'à minuit, on dormira peu....

Augustin nous quitte, pour retourner dans la folie parisienne. Avec les parents, nous allons à la célébration dans la chapelle Nossa Senhora da guia pour la procession de la sainte vierge. Celle ci est portée par l'équipe de foot locale jusqu'en bas de la colline et retrouver la flotte des bateaux de pêche dans la baie de Porto Pim où cette dernière est mise sur une petite barque puis sur un bateau plus gros. La flotte fait ensuite le tour du petit volcan pour revenir au port, puis la sainte vierge finit sont trajet dans une église au centre ville. Une belle cérémonie, un peu comme les pardons le 15 aout en France. Ensuite, on admire le défilé des chars représentant les différents corps de métier traditionnels ainsi que les villages de l'ile. Toute l'ile est au spectacle.
Un petit graissage de l'hélice s'impose. Un petit tour dans l'eau, puis on cherche une nouvelle anode mais bien sur, il n'y pas la bonne. On adaptera tant bien que mal une anode de même taille mais pas avec les mêmes trous.... Tout ça fait, on largue les amarres pour la première régate de la semana do mar où il y a une classe OPEN, ouverte aux bateaux sans rating. Tout le monde à son poste, Hervé à la barre, France au piano, Capucine un peu partout et Adrien aux réglages. Départ entre le bout de la digue et une bouée. Capado part doucement puis on envoie le reacher et la folle remontée s'opère. On enroule une bouée sur le seul haut fond entre Pico et Faial, direction une bouée droit dans le dévent de Pico. Un peu d'hésitation sur l'option à prendre puis retour vers Horta. Capado finit 3ème en temps réel et second de la classe Open. Pas mal pour un début....

Le 6 aout, journée sur le thème de la baleine. On commence par la visite d'une ancienne usine de transformation de baleine. Le mastodonte était treuillé au sec, puis des rigoles récupéraient le sang pendant que l'on découpait le tout avec de grandes haches au bout de longs manches à balai. Une véritable boucherie. On cuit le tout, et on obtient de l'huile de baleine. Les os sont broyés pour en faire de la farine. Heureusement toute cette industrie n'est plus, alors que l'ile a eu jusqu'à 200 baleinières au plus haut de l'activité. On enchaine ensuite sur le musée chez Peter's des dents de baleines gravées et sculptées. Un sacré savoir faire mais je ne verrais pas trop ça dans mon salon. On finit enfin sur le clou de la journée, un tour en baleinière à voile. Toute la semaine, les locaux emmèneront les curieux en baleinière pour partager la tradition. Le bateau n'a pas de quille et donc dérape allègrement, par contre il est super toilé. Une véritable course s'opérait pour être le premier sur la bête. Voyant qu'on est assez à l'aise sur le bateau, Adrien se voit offrir la barre. Quelle pied! Une barre longue de 2 mètre, super souple, comme tout le reste du gréement. On sort du port et ça accélère franchement. Les sensations de vitesse à 20 cm au dessus de l'eau sont totales. Un couple de touristes allemands plutôt âgé est bon pour une révision du pace maker... Cécilia, une locale qui était à bord avec nous passe plus tard au bateau pour récupérer les vidéos. Dans la foulée, elle nous invite à faire un tour avec elle le surlendemain. Ces bateaux sont vraiment très beaux et demandent un énorme savoir faire pour les mener à fond.
Mercredi, balade dans la ville pour voir les pavés, les églises nombreuses et la vue surplombant le port. Adrien va ensuite sur le bateau pour la régate en solitaire alors que Capucine attaque la peinture sous un soleil de plomb. Adrien part, encore une fois, de façon très conservatrice mais sous reacher pour remonter la flotte. Ça ne passe pas sous le vent, qu'à cela ne tienne: bataille de lofe. Finalement le grand soleil 40 s'incline et Capado est troisième à la bouée. Envoyer le foc, ranger le reacher, virer de bord autour de la bouée, c'est tout de même plus facile à deux. Le bateau juste devant rate sa manoeuvre et reste bloqué. Adrien loffe tout ce qu'il peut pour éviter le centurion 40. Ce dernier perd carrément tout contrôle et vire, tordant le panneau solaire avec son davier. C'est vraiment passé tout près! Retour dans le match, près serré à la poursuite d'un sigma 38. Capado fait un meilleur cap et finit par passé devant et en profite pour aller droit sur la ligne. Hélas, l'annonce VHF en portugais n'était pas arrivé aux oreilles du skipper: il fallait faire 2 tours et non un seul comme sur le schéma du parcours..... Mince! Le temps de s'en rendre compte, et hop, 5ème. Et bien on recommence, reacher envoyé et c'est parti. Un peu plus de vent, Capado enroule en tête en bas. Commence un duel de cap avec le grand soleil 40 quelques 5 mètres derrières. A vouloir trop remonter au vent, il va perdre le contrôle du bateau et virer involontairement de bord. Victoire du Capado, mais que de rebondissements. Entre temps, la peinture prend forme et ça promet (voir la vidéo). On fête ça avec d'autres bateaux locaux très sympas.
Puis l'équipage de Vixen, Tiffany et Bruce avec leurs 2 filles Sally (6ans) et Safa (2ans) viennent à bord. Ils voyagent autour du monde depuis 9 ans, sur un bateau classique tout en bois. Une autre approche du voyage. Il s'avère que Bruce était de l'aventure de la renaissance des baleinières en construisant la première des répliques en 1997 (il ne restait plus de baleinière en état). Depuis, le charpentier qui était avec lui, en a fait 27 de plus, et fit renaitre toute cette belle tradition de navigation.

Jeudi 8 aout, les jeunes du coin sont venus fumer le soir juste sur notre peinture pas encore sèche. Quelques retouches s'imposent. Puis à 15 heures, nous retrouvons Cécilia qui nous emmène d'abord au nord de Horta pour une belle vue sur Graciosa, Sao Jorge, Pico et Horta. Elle parle peu Anglais et nous parlons très mal Portugais, du coup la discussion est plutôt hachée. On enchaine sur le jardin botanique où sont conservés précieusement les plantes endémiques des açores, mais sur une ile volcanique, c'est surtout des buissons pour nous autres béotiens des plantes. Un petit tour par le seul ministère de l'agriculture qui sait de quoi il parle, ils ont du bétail, des serres et des champs, un vrai travail appliqué.

Régate des filles. Conditions: le skipper doit être féminin tout du long et l'équipage au moins sur un score de parité. Capucine et France se mettent en bleu et blanc pour l'occasion et Capucine s'installe a un lieu qu'elle connait peu à bord: la barre. Ça commence bien avec une première manoeuvre de port réussie. Gros foutoir au départ avec Synergy, notre meilleur ennemi qui traverse la flotte en travers. On accuse alors un gros retard mais nous serons les premiers à virer le long de la cote. Capucine se débrouille super bien dans ce clapot court et ce vent de 15 nœuds. Troisième à la bouée au vent. Puis reacher jusqu'à la bouée sous Pico. Là le vent fait carément n'importe quoi, mais on s'en sort et attaquons le dernier long bord de travers juste derrière Synergy. Après un bon bord en passant par en dessous (la cuillère), Capucine coupe la ligne avec 7 secondes d'avance sur Synergy et gagne en classe OPEN!!!! Champagne, ou plutot gin tonique chez Peter's! Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre, bravo Capu.
Changement de bateaux, on part sur la digue pour observer la régate des baleinières. Apparement, la concurrence est rude entre les bateaux de Faial et ceux de Pico. Certains viennent même de Sao Jorge. Au total, 25 balénières pour ce grand jour. Le départ est des plus bizarre. On tire au sort sa position sur la ligne, ensuite les bateaux sont remorqués hors du port par les remorqueurs traditionnels. Tout le monde aligné travers au vent (plus ou moins) puis au top, les voiles sont hissées. Autant dire que le bateau plus à la côte est énormément avantagé. Puis toute la flotte remonte au près en tirant des bords super carrés, sans dérive, ça dérape fort. Les virements de bord sont vraiment très lents donc le jeu est d'en faire le moins possible. Puis descente au portant, voiles en ciseaux avant un dernier bord de travers pour retourner dans le port. Ligne d'arrivée dans l'avant port où tout peut encore se jouer vu l'instabilité du vent. Les trois premiers bateaux sont de Faial, l'honneur est sauf pour le club organisateur. Sur la digue, nous rencontrons Paolo, professeur sur l'ile et qui se lance dans une marque de Tshirts avec les peintures sur la digue en motifs. Grâce à lui, on comprend mieux les finesses de la régate en baleinière. Une fois la bouée au vent enroulée, on monte dans sa voiture pour faire le tour de la ville et aller sur l'autre digue pour être aux premières loges de l'arrivée. Le soir, c'est chants et danses folkloriques.
La semana do mar touche à sa fin et finit en beauté avec la grande régate, prise très au sérieux par les locaux. On sort les belles voiles, on vide les bateaux, les équipages sont affutés, ça ne rigole plus. Capado, en bon participant à la classe OPEN, garde tout à bord, même les vélos! Pour l'occasion, Joao Nunez, vivant à Horta, monte à bord. Départ très accrochés à la digue dont Capado reste distant mais la position s'en ressent. On attaque sous reacher sous le vent de la flotte. Xcape, un Dufour 45, veut passer derrière le Grand Soleil 40 et se rate complètement, accrochant le tableau arrière de ce dernier. Quand on vous dit qu'ils ne rigolent pas avec la grande régate!!! Bilan, étrave en chou fleur sur Xcape et abandon. A la première bouée, la flotte passe sous spi dans moins de 10 noeuds de vent. Capado fait des étincelles et enroule la bouée en tête en OPEN. S'en suit un long bord de près qui ne nous favorise pas vraiment. On devra recroiser derrière le Centurion 40 puis Synergy. Finalement, on joue un peu mieux les risées et les bascules et nous revoici au contact de Synergy. Un coup devant, un coup derrière. Sur une dernière bascule, Capado passe tout juste au cul de Synergy qui doit faire un dernier virement pour aller à la ligne. Capado prend la victoire pour 6 secondes, mais quel match! Ça fait vraiment plaisir de pouvoir ainsi mesurer les performances du bateau avec d'autres et voir que ça marche.
Joao nous prête sa voiture et on en profite pour aller au cratère avec une vue magnifique sur le Pico en face, puis un petit tour par le sud de l'ile et Porto Pim.

Tout le monde se retrouve sous la grande tante, les waterpolos, les apnéistes, les pécheurs au gros ou à la côte, les régatiers. On a le droit aux traditionnels discours des officiels. Pour l'occasion, on invite la famille de Vixen, ainsi qu'Aletis. Pas de prix ni d'annonce pour la classe OPEN (politique locale pour forcer les bateaux à se mettre en ORC, mais alors, pourquoi faire une classe OPEN?). La Sagres coule à flots (bière locale, il y a ça ou la superboc). Finalement, alors que tout le monde est parti, le comité de course et le président du Clube Nautico do Horta nous offre un livre de Photographies sur les iles ainsi qu'un fanion du Club, ce qui nous a beaucoup touché.
Après cette semaine intense, nous quittons Horta pour rallier Terceira. Avec pas mal de vents faibles, nous arrivons le soir à Angra de Heroismo. Première balade dans le centre classé au patrimoine de l'Unesco.

Le lendemain, on s'attaque à toutes ces rues pavées à fort dénivelés pour y voir les différents monuments. Ascension du très beau parc en étages jusqu'à une très belle vue sur la ville. Descente ensuite au centre puis nous allons voir la caserne militaire et avoir la vue inverse. Nous avons raté la course de Taureaux, mais en voyant les vidéos, on a éviter de se faire vraiment mal.... C'est violent tout de même. Le soir, on dine dans une super cantine avec gastronomie locale, sardines, morue ou ragout de veau...
Le passage aux Açores fut vraiment unique. Entre le calme et la beauté de Flores, la folle activité de Horta avec la Semana do mar et la beauté architecturale d'Angra. On aura eu de tout. Tout ça avec des conditions météo plus que clémentes. Comme tout nouveau bateau de passage, on espère sans trop y croire que notre peinture tiendra l'épreuve du temps et le millier de bateaux passant par là chaque année. Ce fut aussi l'occasion d'avoir les parents d'Adrien à bord et ainsi partager avec eux un peu plus de notre voyage.