mardi 21 mai 2013

Bahamas

Le 26 avril 2013, nous quittons Road Town, Tortola, British Virgin Island. Pas de vent au début, donc c'est au moteur que nous quittons l'archipel. Passé Josh Van Dyck, le vent tarde à rentrer, nous faisant douter sur notre timing pour arriver aux Turks and Caicos. Finalement, on se retrouve sous reacher, GV haute, et même la trinquette en supplément, ce qui marche pas mal du tout. On aura 3 jours d'une navigation quasi parfaite, sans grains, peu de trafic et un vent stable.
Le 29 avril à 9 heures, nous arrivons à l'entrée du lagon. Un peu de moteur face au vent au milieu du bleu turquoise et nous voici au mouillage. Il n'y aura pas assez d'eau à marée basse pour notre longue quille, donc on la remonte un peu histoire de continuer à flotter droit. Une petite douche, on gonfle l'annexe et nous voici à terre. Un peu de stop pour rejoindre l'aéroport. Heureusement on est pris très vite et arrivons juste à temps pour accueillir Capucine (cousine d'Adrien, que nous appellerons Pouchie, son surnom, pour éviter toute confusion avec l'armatrice du bateau) et Charles. Déjeuner dans un snack local et stop à nouveau. Les voitures qui klaxonnent font payer la course alors que d'autres prennent en stop sans frais. Alors qu'une voiture nous demandait 20 dollars, le reporter locale nous emmène. On enchaine avec les papiers d'entrée. 50 $, ça gratte un peu....
Comme on n'avait pas pu faire le plein de gaz aux BVIs, on tente le coup ici. Sans grand succès non plus. Le mécano du coin nous fait un adaptateur et nous pouvons faire le plein en fin de soirée. Ouf.
En passant on fait quelques courses et apprenons de la vie locale par nos chauffeurs successifs. On apprend qu'il y a encore du poisson car c'est une des dernières iles qui n'a pas autorisé les chinois à pécher dans leurs eaux. La surpêche est partout. Par contre, l'ile est sujette à des problèmes de trafic de drogue et de prolifération des armes à feu. Rien de bien rassurant. De plus, les haïtiens débarquent en masse, espérant de meilleures conditions de vie que chez eux.
On part pour un peu de snorkeling et revenons avec 4 belles langoustes. Un bon diner en perspectives après un bon apéro sur la plage à observer les tortues sortir leurs têtes pour respirer.
Le 1er mai, nous quittons le lagon et péchons une carangue juste avant le tombant. Le soir nous arrivons à la première ile des Bahamas, Mayaguana. Mouillage nocturne à la pointe Sud Est. Visite de l'ile au matin, il n'y a rien autour. Seulement une plage et des cailloux. On se baigne, souvent suivis par des baracudas un peu curieux. Puis balade sur la plage pour collecte de coquillages. Ensuite nous allons vers le village principal y faire notre entrée. La passe Est n'est pas évidente mais comme il n'y a pas de houle, on mouille en plein milieu. Impossible d'aller plus loin sans risquer de talonner. L'ile comporte 280 habitants, 2 rues et une piste d'avion.
Le permis de croisière est de 150$ au lieu des 300$ qu'on attendait. Il est bon de faire moins de 35 pieds.
Dans la foulée, on part explorer le récif. Adrien part du bateau alors que les autres partent en annexe. Sur place, Capucine et Pouchie voient un requin gris de récif, mais dans le doute, tout le monde est dans l'annexe. En chemin, Adrien voit une belle ancre au fond, ce sera une expédition pour le lendemain.
Au matin, un requin passe plusieurs fois derrière le bateau, animant notre petit dej et refroidissant les ardeurs de certaines à aller à l'eau. Adrien et Charles, armés de la gaffe et du manche à balai, partent à la recherche de l'ancre, alors que Pouchie et Capu restent en appui logistique sur l'annexe. Finalement l'ancre est à bord. Mission accomplie. Elle est comme neuve.
C'est parti pour une grande nav vers Crooked Island, et une nuit en mer pour nos valeureux invités. Le vent est malheureusement contre nous, ce qui ne facilite rien. Au matin, on arrive devant le mouillage mais l'entrée est trop compliquée avec ce clapot. On décide donc de continuer plus loin pour George Town sur Great Exuma, que nous atteindrons le lendemain matin avec le soleil dans le dos (condition idéale pour voir les fonds devant notre étrave).
Mouillage devant la ville, petit dèj puis expédition terrestre. On avait complètement oublié qu'il était dimanche. Du coup nos plans de course tombent à l'eau. Heureusement la station service ferme tout juste et le pompiste prend un peu sur son temps pour remplir nos bidons.
Changement de mouillage pour aller de l'autre côté du lagon. On arrive sur un ilot avec un petit bar sur la plage, des terrains de volley à disposition, des raies qui viennent jouer avec les touristes. Tentative de kite mais le vent meurt instantanément, Adrien en est quitte pour un peu de nage et une longue marche retour sur la plage. On tente ensuite d'aller au vent de l'ile. Pas simple de trouver le chemin dans ce dédale de bras de mer qui s'incrustent dans l'ile, formant de parfait trous à cyclone. Finalement, on devra traverser l'un d'eux à la nage, portant nos affaires pour arriver finalement sur une superbe plage de l'autre côté de la dune. 3 parties de volley plus tard et nous dinons d'un bon burgers sur la plage, quel luxe!!!!
Le lagon est devenu un lac tant le vent est absent. On traverse donc le tout en annexe pour un peu de tourisme et faire les courses. Il faut attendre un peu car le bateau de ravitaillement vient d'arriver et les oeufs ne sont pas encore en rayon. Bien chargé nous rentrons au bateau avant de retourner sur la plage jouer au volley avec d'autres bateaux du coin. Ils sont tous Canadiens ou américains. En jouant, on rencontre un couple Français et leurs deux filles (Alice, Eric, Coline et Eden). Nous passons la soirée à bord de leur catamaran et récupérons ainsi pas mal d'informations pour la suite du périple. On échange un peu nos expériences. Ils sont au début de leur voyage alors que nous approchons plus de la fin.
Sous leurs conseils avisés, nous partons le lendemain pour Rudder Cut, voir l'ile de David Copperfield et surtout y voir une sculpture sous marine.
Au petit matin, à l'étal de marée, nous allons à la position GPS donnée et plongeons sur une sculpture en Inox d'une sirène et d'un piano à queue. Le courant est déjà bien fort, rendant l'exercice sportif. Puis nous snorkelons dans les parages et revenons avec 2 belles langoustes d'un bon gabarit ma fois.
On lève l'ancre pour sortir avec le courant qui crée pas mal de remous en sortie de passe. Ça tape fort mais on est dehors en un clin d'oeil. Quelques trois heures plus tard et nous entrons à Staniel Cay. Plein de courant, mais peu de bateau, on mouille juste à côté de la grotte de James Bond, Opération Tonnerre (Thunderball). Direction le village en passant par le Yacht Club. Les pécheurs préparent les poissons et nourrissent ainsi une quantité de raies et surtout de requins nourrices. Ils sont tous agglutinés pour attraper les têtes de poisson jetées de la digue. Tour du village par l'aérodrome et retour au bateau.
Pancakes traditionnels du petit déjeuner et nous voici tous dans l'annexe rejoindre l'ile voisine. On contourne la pointe et apercevons la plage. On s'approche, et là, 2 cochons sortent des arbustes pour venir à notre rencontre. Le plus jeune pique même une tête pour venir nous voir. C'est tout de même une grosse bête. Comme on n'a rien à manger, ils se désintéressent vite de nous et piquent un somme bien calés dans le sable. On continue notre expédition autour de l'ile puis retour à la plage aux cochons. Cette fois ci, ils sont plus réveillés. Un catamaran passe dans le coin alors les cochons se ruent à l'abordage. Adrien en profite pour aller nager avec l'un d'eux. Ce n'est pas banal et puis ça nage vite mine de rien.
Au retour, le vent contre courant lève un clapot court et assez élevé, ce qui remplit régulièrement notre annexe bien trop petite pour 4. Ajoutez à cela la finesse et le sens marin inégalés d'un gros c.. américain qui passe à pleine balle juste à coté de nous pour finir de remplir complètement l'annexe. On écope, et avançons doucement, finalement, nous sommes au bateau, bien trempés.
Au menu de l'après midi, la grotte Thunderball où fut tournée une scène du film du même nom avec le plus grand des espions. On est un peu en avance sur l'étal de marée et profitons de la grotte pour nous seul. L'accès est tout petit, mais l'intérieur est immense, avec quelques puits de lumières. Magnifique. Pour couronner le tout, la vie sous marine y est très abondante. Vraiment super de se balader dans ces tunnels avec autant de poissons pour jouer. Peu de temps après, et les bateaux de touristes arrivent. C'est une autre faune, tout aussi diversifiée. Le courant devient trop fort et il est temps de rentrer.
Le 10 mai. On sort de Staniel Cay sous GV et moteur. Le courant encore une fois nous sort vite de là. On se dirige vers le Wide Opening, grande passe qui va nous permettre de passer sur le banc et naviguer ainsi par 6 mètres de fond. Mouillage le soir seul au Elbow Cay, accueilli par 2 aigles pécheurs comme seuls résidents de ce bout de cailloux.
Grande navigation sur le banc puis le long pour contourner l'ile de Providence et arriver de nuit à la capitale des Bahamas, Nassau. On laisse un paquebot sortir et nous mouillons dans l'avant port. Là, le port control arrive avec son bateau rempli de girophares aveuglants. Il nous montre du doigt où mouiller et on n'arrive pas à le voir.... Changement de mouillage et on peut enfin dormir.
Nassau est partagé entre un centre assez entretenu, un énorme quai pour accueillir les 4 paquebots quotidiens et Paradise Island qui est un énorme complexe hotelier, alors que tout autour, la grande pauvreté règne.
Avec notre annexe, on débarque au milieu d'un centre de Yoga pour aller sur la plage de l'autre côté. On visite ainsi tout ce complexe aux milles et unes activités comme la descente en bouée dans une rivière artificielle ou l'aquarium géant, ou encore le bassin aux requins. Le tout dans un style architectural non épuré. On traverse ensuite le Casino et déjeunons sur la Marina remplie de yachts de luxe. Le retour à l'annexe sera plus compliqué. Nous n'avions pas réalisé que se balader dans l'hôtel était en fait payant. On a pu sortir sans problème, mais rentrer s'avère bien plus compliquer. On tente pas mal de chemins détournés, mais il y a toujours une personne pour demander les bracelets « laisser passer » que nous n'avons pas. On pousse jusqu'à la plage publique où les loueurs de jet ski se battent la clientèle. Finalement, un garde compréhensif nous laisse passer. Ouf. Retour au bateau pour changer de mouillage à nouveau, sous voiles, et nous voici de l'autre coté des paquebots avec d'autres bateaux mouillés là.
Le séjour de Pouchie et Charles touche à sa fin, on les dépose dans un taxi. Ce fut vraiment un grand séjour fort en aventures. On espère que ça leur a plu autant qu'à nous.
Encore deux jours à Nassau pour se ravitailler et faire le plein d'eau. Adieu eaux turquoises et poissons exotiques, plages de sable blanc et langoustes, on passe à tout autre chose, on part pour les Charleston en Caroline du Sud, USA.
  

lundi 13 mai 2013

Antigua et les British Virgin Island

Après une navigation rapide au largue serré, nous arrivons le 13 avril à vue d'Antigua. L'entrée pour English harbour est bien étroite et spectaculaire. Un petit fort nous accueille puis on est plongé en pleine Angleterre, le soleil en plus. Les beaux bateaux classiques arrivent en masse pour leur régate, et on est impressionné par la taille des bateaux dans le bassin. On le remonte avec le Capado pour une petite visite, et pouvons voir les mâts en nombre des immenses Megayachts dans la baie suivante. Que de luxe! Le mouillage à English Harbour n'est pas des plus facile. Le vent y tourbillonne, faisant danser les bateaux inégalement. Pas facile d'estimer ainsi les distances nécessaires pour se positionner. Après une première nuit, on attaque les papiers d'entrée. Un système tout nouveau est en place, avec plein d'ordinateurs mis à disposition pour remplir les formalités. On s'exécute mais quand on crois que c'est fini, il faut aller dans une autre pièce, et là, tout est comme avant. Nos formulaires sont imprimés 15 fois et on doit passer devant trois bureaux. Vive l'informatisation....
Une petite balade à pied nous fait gouter au charme surfait du coin, puis nous sortons de « Dysney land » voir Falmouth bay avec des bateaux où même l'annexe est plus grosse que Capado. Une nuit au mouillage un peu stressante. On s'est retrouvé plusieurs fois à moins d'un mètre d'un autre bateau mais sans jamais se toucher, ouf.

On quitte English harbour pour du près bien tapé direction la cote au vent. On arrive ensuite à Green Island, suite à un passage dans une passe des plus étroite. Le mouillage est super, les bouées gratuites et il y a même un réseau wifi qui sort dont ne sait où. Pour couronner le tout, c'est un bon spot de Kitesurf. On profite donc de ce bel endroit une autre journée puis retour vers les Megayacht et nous mouillons cette fois ci dans Falmouth Bay. Encore une fois, on s'approche de ses immenses bateaux avec notre Capado. On y voit Endeavour, ICAP Leopard, le fameux Faucon Maltais et plein d'autres. On s'élance ensuite pour faire les papiers de sortie avant de retrouver James à la voilerie North. Après 3 ans, on se retrouve ainsi dans les caraïbes. James et Elena travaillaient avec Adrien à la voilerie à coté de Barcelone. Depuis ils ont eu une fille, Noa, qui est de la fête aussi. Super soirée chez eux, à rattraper le temps perdu. On aurait aimé profiter de cette ile plus longtemps mais il faut continuer à gagner dans le nord, direction les British Virgin Islands.
Après une nuit fort agitée, nous arrivons à Road Town, Tortolla. On mouille devant la marina mais c'est extrêmement rouleur. Papiers d'entrées puis on se renseigne pour les ferrys vers Saint Thomas aux US virgin Islands. On remplit ensuite notre ESTA pour les USA avant de rentrer au bateau et changer de mouillage pour s'ancrer dans la marina, ce qui est bien plus confortable.

On est samedi et commence notre marathon pour avoir notre visa américain. On arrive pour le ferry de 6h30. Ce dernier n'arrivera jamais, du coup on nous propose de passer par une autre compagnie. Ces derniers nous annoncent que notre ESTA n'est pas encore valide. C'est foutu pour la première salve de ferrys. Il était intéressant de voir les américains tous en alerte rouge de part l'absence de ferry, l'avion n'attendra pas..... Une dame d'un autre guichet nous aide et nous imprime les bons papiers avec l'ESTA validé cette fois. Rendez vous donc à 9h15 pour le prochain ferry. Ce dernier partira avec 1h45 de retard, entrainant pas mal de stress dans les rangs des passagers rejoignant leur avion de retour de vacances. Une autre compagnie avait carrément vendu trop de tickets pour les capacités du bateau, laissant une cinquantaine de touristes fort énervés. Autant dire que l'ambiance était électrique dans le terminal ferry. Enfin on part dans une caisse en métal qui aurait sérieusement besoin d'entretien. Les moteurs grondent, le ferry vibre et c'est parti pour une navigation agitée. On arrive enfin à Saint Thomas. Les non américains, peu nombreux, profitent d'une file rapide. Enfin on arrive devant l'officier d'immigration. En bon bureaucrate américain, ce dernier joue des mécaniques et menace de ne pas tamponner nos passeports et nous refuser le visa de 3 mois tant désiré. On dit « oui monsieur, pardon monsieur, vous avez raison », bref on s'écrase et boby, aux mécaniques bien huilé par tant de lèche bottage, tamponne les passeports.
Nous voici donc à Saint Thomas. Rien d'attirant autour de la gare Ferry. On déjeune à coté d'une roulotte pour locaux puis direction le centre. En guise de centre, un gros centre commercial et surtout une grande rue commerçante composée à 99,9% de boutiques de bijoux. Ce centre doit être assailli à chaque paquebot dans la baie, mais là, c'est un peu une ville fantôme.

Retour à la gare ferry et son inorganisation chronique. Notre ferry de 15h30 arrive avec seulement 20 min de retard, un record!!! La compagnie avait affrété un autre ferry minuscule pour emmener tout le monde, les bagages sur le pont, à la merci des vagues, et les américains ne voyagent pas léger. On largue les amarres pour se remettre au quai 50 mètres plus loin.... En fait, il faut embarquer plus de monde, dans un ferry déjà plein.... Le temps de déménager les bagages pour faire plus de places et ainsi embarquer tout le monde; certains passagers devront même aller dans la cabine de pilotage. Tout ceci pendant que l'équipage se relaie la tête dans un des moteurs.... Enfin on décolle, sautant sur les vagues, sous les gouttes qui ruissellent du toit, du grand ferry! Un peu comme les bus de Panama, dans l'esprit.
On est bien content de rentrer au bateau avec nos visas tourismes validés. Un peu plus et New York nous passait sous le nez.
Un peu de tourisme, nous quittons Road Town pour aller au près à Virgin Gorda et visiter les Baths. En chemin, un photographe de Yacht Shots BVI, arnaché à son zodiac, nous prend en photo, rasant l'étrave dans ce clapot court et formé. On s'amuse à croiser pas mal de bateaux loués, et les doubler.
Arrivé aux Baths, on prend une bouée, puis direction la terre ferme. On part du bateau à la nage avec l'appareil photo bien emballé dans 2 sacs étanches. Le cadre est vraiment magnifique avec ces cailloux tout ronds plongeant dans de l'eau cristalline. La plage où nous atterrissons n'a pas d'accès aux fameux Baths. Encore un peu de nage autour des cailloux et nous voici au début de la balade entre deux cailloux, dans un passage bien étroit (faut pas être trop gros...). On se balade dans un dédale de roches avec quelques piscines d'eau de mer baignées par quelques puits de lumières. Ceci formant un beau spectacle. On débouche ensuite sur Devil's Bay (Baie du Diable) qui ressemble pourtant au paradis sur terre.
On quitte notre bouée pour aller chercher un bon mouillage pour la nuit. On commence par Spanish Town mais ça secoue trop, puis un autre entre les récifs, mais pas beaucoup plus de chance de ce côté là. Finalement on ira au nord. On envoie la toile et nous nous retrouvons à régater en tirant des bords contre un privilège 613. Le Capado, parti derrière, finit avec une bonne avance. On est bien content de laisser un catamaran 2 fois plus long que Capado dans notre sillage. C'est finalement à l'abri d'un ilot dans un super mouillage que nous passerons la nuit, à coté d'un Swan 100, le luxe n'est jamais loin.
Le lendemain matin, alors qu'on s'affairait à l'entretien du bateau, on voit Maggie arrivé sur zone. On n'avait pas vu May et Espen depuis Simon's town en Afrique du Sud. Au milieu de cette foule innombrable de bateaux de locations ou de voyages, il est vraiment improbable de croiser un bateau ami. On les rejoint à côté de Saba Rock, où l'on capte internet. Ils sont déjà partis faire du Kite, donc on les y rejoint. L'aile d'Adrien souffrait d'un problème de perte de pression, maintenant on sait pourquoi, la valve entière s'est décollée. On profite d'un bon spot assez exclusif et en bonne compagnie.
Un peu de kite, mais le vent n'y est pas. Du coup on décide d'aller voir Anegada. C'est l'autoroute à une heure de pointe pour y aller. Vraiment impressionnant le nombre de bateaux dans cette région. On arrive dans le bleu turquoise puis on commence à pouvoir distinguer presque chaque grain de sable au fond, autant dire qu'il ne reste plus grand chose entre la quille et le sable. On arrive dans le chenal mais il nous est impossible d'aller plus loin, pas assez d'eau et bien trop de clapot pour remonter la quille. Dommage et demi tour. La balade fut assez rapide donc il reste assez de temps pour un peu de Kite.
Retour à Road Town sous spi et mouillage dans la marina avant de profiter d'une bonne douche dans la base Sunsail. Puis on s'attaque à l'avitaillement ainsi que le plein d'eau. On tente le plein de gaz mais personne ne remplie nos petites bouteilles, dur. Finalement on fait les papiers de sorties. Nous décollerons le lendemain pour les Turks and Caicos et récupérer la cousine d'Adrien, Capucine et Charles qui resteront avec nous pour notre séjour bahamien.

Entre Antigua et son charme so british et les BVI's, nous avons explorer le coté grand luxe des caraïbes ainsi que le tourisme nautique de masse. On a vraiment beaucoup aimé Antigua et d'y avoir retrouvé James et Elena., mais restons plus réservés sur les BVI's sauf pour Virgin Gorda qui valait vraiment le coup. Tout du moins nous avons maintenant nos visas américains pour la suite du voyage.

mardi 16 avril 2013

De Grenade à Marie Galante

Repus de langoustes et de retrouvailles, nous attaquons les formalités d'entrées. Entre le Brésil et l'Afrique du Sud, où il nous fallait une demi journée pour ne pas être des immigrés clandestins, on a été bien surpris de finir les formalités en 20 minutes chrono. Que c'est reposant!!!! Dans la foulée, on va à Spice Island Marina et là encore tout est simple et explicite. Le rendez vous est donc pris pour le lendemain à 14 heures pour sortir le bateau. Tout fut si rapide qu'on a le temps de faire un tour à Saint Georges, retrouver l'ambiance unique des taxi co, et le smoothie inégalable à côté du marché.
On est prêts, habillés en mode crado, le bateau se retrouve dans les airs le 19 mars à 14 heures. On commence par gratter la coque, puis on démonte les safrans et le bout dehors. Enlever l'antifouling est vraiment crevant, donc un bon burger au big Fish fera l'affaire. Pour pouvoir travailler, il faut fuir les grandes chaleurs. On se lève super tôt pour finir de gratter la coque et passer la première couche d'antifouling. Au fur et à mesure que le soleil évolue dans le ciel, notre zone de travail change: toujours rester à l'ombre. Le lendemain, même punition, on attaque tôt et on finit presque à la frontale.
Erik est dans la baie, on va donc diner ensemble à Saint Georges. Il y a un monde fou en ville. C'est le championnat inter-universitaire de l'ile. Tous les jeunes sont là, certains brandissant des trophées d'athlétisme, de sport collectif ou de culture générale. Diner à la cantine du coin, le Créole Shack. La nuit nocturne s'arrête vite, il est 10 heures et il ne reste que les plus motivés ou les plus éméchés. Autant dire que le retour en taxi co fut des plus animés.

Une demi journée pour tout finir... On finit dans les temps, mais de peu. Ouf. Le bateau est tout beau, tout polishé et avec un nouvel antifouling, un bout dehors bien vernis. Et en plus, il flotte! On retourne au mouillage juste à coté et y retrouvons Sputnik et Toucan. Tout le monde à bord de Sputnik pour un grand au revoir après tout ce bout de chemin parcouru ensemble. Gareth et Erik lèvent l'ancre dès qu'on a quitté le bord. Bons vents à l'étoile filante jaune.
Après le travail manuel, un peu de travail de bureau. Il va bien falloir vendre le bateau, donc Capu s'attaque à la plaquette et aux petites annonces. On se retrouve le soir sur Toucan pour la correction de notre plaquette en anglais.
C'es le week-end, autant aller le passer à Hog Island dans notre mouillage mythique en compagnie de Pierre et Nicole. Chasse à la Langouste, maintenant devenue un rituel. Quelques petites prises pour Adrien alors que Pierre, en bon maître chasseur, ramène une bête comme on avait encore jamais vu. La tête fait la taille d'un pied! On les aide à plier leurs voiles avant le cyclonage d'Anegada, puis festin de roi à base de langoustes bien sûr.
Retour à Prickly Bay où Anegada sort de l'eau alors que nous voyons Salamander arriver dans la baie. Que de retrouvailles. Toute l'équipe se retrouve donc chez Salamander avant d'aller à terre pour une bonne pizza et une soirée quizz. L'équipe TouCaSa (Toucan, Capado, Salamander) n'a pas démériter et finit bon avant dernière.
Départ pour la Martinique. C'est une drôle de sensation que de passer aussi vite toutes les Grenadines. Nous avions mis un mois à les visiter, et là Capado glisse sous le vent de ces iles si petites et si évocatrices de souvenirs. Alors que nous étions habitués à des horizons vides, on est étonné de voir autant de voiles sur l'eau, on croisera même une régate de nuit. Le 28, nous sommes au Nord de Sainte Lucie, et un gros thon de 6 kg s'invite à bord. Record du bateau. On arrive ensuite au marin et quelle ne fut pas notre surprise de retrouver Erik. Le nombre de bateaux dans ce cul de sac est impressionnant, des mâts à perte de vue. Tout est organiser pour les bateaux, on peut même faire les courses en annexe. Grâce à un bateau voisin au mouillage, on a pu garder le thon au frais et ainsi déguster un succulent tartare le soir même à bord de Sputnik.
Aujourd'hui, c'est vacances aux antilles. On va naviguer à bord de Sputnik, découvrir des sensations bien différentes sur 2 coques, mouiller devant les salines grâce au routage pointu de Gilles alors que le bateau est mené par Nicolas (ancien équipier d'Erik), Erik et Emy. Ça a du bon les vacances. Retour sous gennaker, à pleine balle. Le Sputnik va vite. Super gentiment, Nicolas nous prête sa voiture et nous permet d'aller chercher Soline et Jean Pierre à l'aéroport.
Qu'ils sont pales!!!! Vite à bord du Capado pour un premier apéro.
Au matin, on fait les papiers de sortie du bateau puis on enchaine avec un petit tour au marché local avant de lever l'ancre pour une grande navigation extrême de 3 nm et mouillons à Sainte Anne. Baignade, retrouvailles avec Paul (navigateur solitaire hollandais rencontré à Richard's Bay et croisé à Cape Town). Puis le soleil descend sur l'horizon, il est temps du baptême du feu pour nos invités. Départ sous spi jusqu'au célèbre Diamant puis on passe sous foc pour passer sous le vent de la Martinique. Les quarts commencent, Soso et Jean Pierre tiennent le coup. On passe ensuite sous le vent de la Dominique, ce qui requiert pas mal de réglages des voiles, on dort peu. Le matin arrive et les Saintes se profilent devant nous. Le dernier canal est assez agité mais nous offre un thon de 4 kg en guise d'excuse. A la mi journée, nous entrons dans l'archipel des Saintes. Comme tout le monde est vaillant, on fait un petit tour sous voile pour repérer les lieux. Finalement nous mouillons au sud du Pain de Sucre, au pied du Chameau (point culminant des Saintes). Des dauphins enchantent les baigneurs chanceux. L'eau est super claire, le snorkeling est très joli.
Plouf le matin, puis les douaniers viennent nous contrôler. En fait ils voulaient surtout voir le bateau qui a l'air de plaire. Ils nous recommandent de prendre un scooter pour faire le tour de l'ile. Pourquoi pas? On l'envisage donc pour le lendemain.
Départ à pied vers le centre ville où débarquent les touristes charriés par le paquebot qui vient de mouiller à côté de notre baie, dégageant même un catamaran à coups de trompe. Tous les scooters sont loués! Zut, puis on regarde une carte de l'ile et il s'avère que nous avons déjà parcouru plus de la moitié de l'île à pied. Le scooter paraît bien inutile alors. Quelques tourments d'amour pour nous requinquer et nous attaquons l'ascension du fort. Un beau point de vue sur l'archipel et un peu d'histoire avec la légendaire bataille des Saintes, grande victoire des anglais sur une flotte française désorganisée. On redescend et jetons notre dévolue sur un restaurant à côté de l'aérodrome. Quelques courses et retour au bateau, on en a plein les pattes mais un scooter aurait été complètement superflus.
Au petit matin, JP et Ado montent le Chameau, ascension raide mais un très beau point de vue au bout. Petit détour ensuite par une petite chapelle qui surplombe le mouillage. Enfin on quitte ce dernier pour prendre une bouée à l'ilet Cabris. On rencontre l'original du coin, le seul habitant de l'ile, qui s'est fait un atelier de poterie et utilise l'argile ramenée chez lui par la pluie. On enchaine sur une petite balade vers les ruines du fort en son sommet. C'est vraiment très joli par ici.
Les figaristes de la transat Bretagne Martinique ne vont pas tarder à arriver. Pour accueillir Yoann, on décolle direction Saint Pierre (village au nord de la Martinique). Navigation au près, pas vraiment marrante et arrivée à la tombée de la nuit. Bon resto pour se remettre de nos émotions et gros dodo. Visite du marché, papiers d'entrée à l'office du tourisme et on enchaine vers les anses d'Arlet. En chemin, Jean Pierre et Soline démêlent notre ligne de pêche. Après 2 touches bien trop grosses, le moulinet a rendu l'âme alors nous passons à la ligne de pêche textile et on remontera à la main dorénavant. En passant devant Fort de France, on voit un 5 mât barque déployer petit à petit ses voiles et prendre de la vitesse. C'est un bien gros vaisseau et un beau spectacle, la croisière de luxe, ça a du bon finalement.... En arrivant à Grande Anse d'Arlet, on retrouve Yannick et Sylvie (les parents de Yoann) qui ont loué un bateau pour l'arrivée de leur fils.
Au matin, on tente un coup de chasse à la langouste qui se solde par 2 petites brésiliennes. Pas de quoi nourrir notre équipage hélas. Puis Adrien monte au mât du bateau de Yannick pour repasser une balancine cassée. Un trois mât rentre dans la baie, c'est le Rara Avis de l'association Bel Espoir du Père Jaouen avec ce dernier encore à bord malgré son grand âge. En cadeau de Noël en Nouvel Calédonie, les parents d'Adrien nous avait offert un livre sur ce personnage et son association. Ça fait plaisir de voir que l'association tient toujours.
En l'honneur de Jean Pierre qui est basque, nous avons du poulet basquaise au diner avec Yannick, Sylvie et Emilie.

Le 7, les figaristes sont enfin là. On lève l'ancre alors que Cercle Vert de Gildas Morvan passe au large, puis nous accueillons Fabien Delahaye sur Macif avec un bout de chemin ensemble. Après on se lance au près direction Sainte Anne. Jean Pierre en profite pour s'essayer à la barre. Anthony Marchand sur Credit Mutuel arrive ensuite, empannant juste à côté de nous. On arrive à Sainte Anne et pas de Yoyo en vue. On mouille donc pour prendre un café et repartir une demi heure plus tard. Hélas notre timing était faux. « Capado de DLBC » sonne à la VHF!!! Oups, on est à la bourre. Yoyo est en train de passer dans notre sud. On n'aura jamais aussi vite enlever l'ancre et mis les voiles. JP à l'ancre alors que la GV commence déjà à monter, on abat et le spi est lancé. Trop tard, Yoyo est devant et va plus vite. On discute sur la VHF puis on le voit nous semer allègrement. Ambiance régate à bord du Capado. Grâce au détour au fond de la baie que doivent faire les compétiteurs, on arrive à couper le fromage est arriver devant Fort de France juste après Yoyo et célébrer avec lui cette superbe 5eme place et surtout une première transat en solitaire bien méritée. Retrouvailles poignantes à terre avec les coureurs et d'autres venus à la fête aussi, tels qu'Antoine et Marie Astrid (amis de Southampton).
Le matin, JP et Adrien sont réquisitionnés pour aider à ranger le bateau de Yoann, qui en a bien besoin. On sèche ce qu'on peut, on nettoie le lieu de vie, un petit tour dans le mât pour repasser une drisse cassée la dernière nuit, et voilà le figaro en meilleure forme. En même temps, Capucine et Soline font le plein d'eau, la lessive et les courses. Le Sun Odyssey 42 de Yannick et le Capado se retrouvent ensuite à l'anse à l'âne pour un peu détente sur la plage avant la grande soirée. Tout le monde à Fort de France, les 3 premiers donnent une soirée de fin de transat. Toute la bande se retrouve dans un bel hôtel à faire la fête. Puis la troupe retourne au port pour l'arrivée de Damien Guillou et la fête continue. On enchaine à bord du Sun Odyssey 42 avant que quelques survivants arrivent au Capado. Ce fut court mais ce fut super de retrouver ainsi tout le monde et surtout de retrouver Yoann qui nous a tant aidé pour la construction de Capado.
L'avion de Jean Pierre et Soline quitte Pointe à Pitre le 11. Pour se remettre de la veille, on ne rallie que Saint Pierre. Il ne faut pas pousser non plus. Ensuite on se lance vers le Nord. De gros grains à répétition nous ralentissent fortement, puis plus de vent, ce qui n'arrange toujours pas nos affaires. On s'arrête donc dans la baie de Prince Ruppert au nord de La Dominique. A notre surprise, nous retrouvons Gwennili que nous n'avions plus vu depuis Richard's Bay. Apero rapido puis nous allons diner au Blue Bay. Direction Pointe à Pitre. Pour une fois on est à l'heure pour un rendez vous....

Ainsi Jean Pierre et Soline quittent le Capado après un super séjour en leur compagnie avec pas mal de navigation au compteur pour pouvoir voir les Saintes et en même temps accueillir Yoyo à Fort de France. Apparemment ils ne sont pas dégoutés de la voile, ouf.
On peut presque faire les courses en annexe, quel luxe. Dernière escale en France avant un bon bout de temps alors on fait le plein de provisions. 2 aller retours seront nécessaire pour remplir nos placards à ras. On met le bateau au quai pour faire le plein d'eau (1 euro pour 100L) avant le plein de fuel. Un bateau moteur fait la queue devant nous. Après que le grand voilier qui prenait le ponton le libère, le bateau moteur décide de se mettre en plein milieu, nous empêchant d'accoster aussi. Capucine hèle pour demander d'avancer, seul un local nous répond et transmet notre requête. Sa réponse tombe comme une vérité universelle « il y a des cons partout ». Le pompiste arrive à faire entendre raison à la personne précédemment citée et nous voici donc aussi au ponton. Non mais des fois on se demande.... Bref, on rajoute quelques malheureux 38 littres à notre stock et c'est parti pour Marie Galante. Alors que Jean Pierre et Soso on toujours eu une mer agitée, nous avons une mer calme et 12 noeuds de vent, à tel point que ça en est agréable de faire du près. Si agréable que Capu barrera même pendant un bout de temps.
On découvre le petit village de Saint Louis et le calme absolu de ce mouillage. On y retrouve aussi Gwennili. Notre bref entrevue à la Dominique avait un goût de trop peu, alors on dine ensemble autour d'un cassoulet créole et du rhum Bielle (production locale, médaille d'or 2011 et 2013).

Les antilles françaises se terminent pour nous. On aura bien sillonné la région, plus sur l'eau qu'à terre. Merci beaucoup à Soline et Jean Pierre d'être venus profiter avec nous de ce coin. On a eu de la chance que les figaristes arrivent dans le peu de temps qui nous était imparti, et ce malgré une météo super compliquée. Un grand bravo à Yoann pour cette belle transat. Le 13 avril, on se dirige maintenant vers Antigua et son charme so british.
 

lundi 25 mars 2013

Du Brésil à Grenade

Le 6 mars 2013, nous quittons la rivière de Jacaré, à la mi journée. On reprend notre trace de l'aller pour éviter les hauts fonds de la rivière puis nous voilà dehors. Après tout ce temps au calme sur la rivière, le bateau parfaitement plat, la houle nous rappelle combien ça peut bouger à bord. Dernière bouée du chenal contournée, on abat, cap au nord et envoyons le reacher.
Toucan est droit devant nous et nous nous rapprochons petit à petit. Mare Liberum est tellement petit qu'on n'arrive pas à les voir sur l'horizon. Finalement, on est à hauteur de Toucan. Les appareils sont de sortie pour de belles photos avec une mer bien formée. Puis on les laisse dans notre sillage alors que la nuit tombe. Au revoir Toucan, on espère vous revoir dans les caraïbes.
Les milles défilent vite sous reacher et GV 2 ris, avec un peu de courant qui nous pousse. On dépasse vite le cap le plus oriental du Brésil. L'idée est de continuer un peu plus nord pour éviter tout le trafic, les pécheurs et les éventuels dangers flottants charriés par l'amazone. De plus, on espère traverser le pot au noir assez vite est ainsi avoir un meilleur angle de vent pour contourner la Guyane Française. Dans la journée, le vent adonne et nous voilà sous spi. Il va tellement tourner que l'on doit empanner. Ça ne se passe pas exactement comme prévu. Ce n'est pas vraiment très rapide, mais c'est confortable.
Le 9 mars à 10:31 TU (temps universel), nous franchissons l'équateur. Cette fois ci, point de champagne chaud et pas très bon pour Neptune, mais des pièces de monnaie de quelques pays où nous avons été. C'est une tradition Sud Africaine, alors pourquoi pas? En plus, le champagne à 7 heures et demie (locale), c'est un peu hard core. Nous voici donc de nouveau la tête en haut avec la Grande Ourse qui pointe son nez à l'horizon. On passe alors sous reacher puis des dauphins s'invitent à la fête. Ils viennent vers nous à toute vitesse, faisant des bons hors de l'eau. Ensuite ils jouent avec le bateau, surfant la houle à notre vent avant de rejoindre notre vague d'étrave. Du beau spectacle.
Le soir, notre PC de bord rend l'âme, pas cool. On enlève le tout, prenons le PC de backup, retrouvons les connections, quelques configurations à faire et nous voilà à nouveau opérationnels. Après 2 ans de bons et loyaux services, le pauvre PC qui était déjà bien vieux, nous aura au moins ramené dans l'hémisphère nord.
En général, on a des nuages de minuit à 16 heures avec du vent un peu instable et pas mal de grains mais peu violents heureusement. On a hâte de retrouver les alizés et sortir de cette zone de transition. Seulement cette dernière joue avec nos nerfs, chaque fois qu'on se croie sortie, elle nous ré englobe. Donc on manœuvre pas mal pour adapter la surface de la GV au vent éternellement changeant.
Le 10, nous voyons une voile à notre vent. On les appelle à la VHF. Bateau allemand « Mariposa » parti il y a 20 jours de Sainte Hélène. Le temps de discuter et il disparaît dans notre sillage. Trop rapide le Capado. Enfin pas tant que ça quand son skipper ne prend pas les bonnes options. Tous les jours, nous sommes en contact par email avec Toucan et Sputnik. Toucan est moins rapide sur l'eau mais leur option à la côte s'avère très payante, profitant de 1 à 2 nœuds de courant favorable, ils nous mettent la pilée, et même à Sputnik qui a pourtant un potentiel de vitesse bien supérieur au Capado.
Le 12, alors que le bateau avance vite sous reacher et 2 ris, la ligne part. On enroule le reacher au plus vite, mettons le bateau plein vent arrière pour le ralentir mais le moulinet continue de se dévider. Au loin, on voit une énorme coriphène faire des bonds, elle est vraiment trop grosse. Sans qu'on est le temps de faire quoique ce soit, la ligne arrive en butée et casse. Toute notre ligne est à l'eau. On met pourtant des leurres minuscules qui ne devraient même pas intéresser les gros gabarits tant ils ont la proportion d'un amuse gueule.
A partir du 14, nous nous rapprochons de la Guyane Française et attrapons ainsi le courant favorable. Les moyennes en 24 heures montent régulièrement jusqu'à atteindre 223 milles. Ça avance bien mais ça secoue un peu à bord. Au moins, on reprend enfin des milles à Toucan. Pour les jours suivant, on va reprendre 30 milles par jour en moyenne. Dans les mêmes conditions, le Capado fait enfin parler la poudre et le reacher montre toute son efficacité au largue serré. Le 16, on peut enfin considérer être hors de portée du pot au noir, le ciel est plein de petit cumulus typiques des alizés, le vent est plus stable et la mer moins chaotique. C'est vraiment très agréable.
Dans la nuit du 16, on double quelques lumières dont Toucan, juste à temps avant la pointe Nord de Tobago où ils s'arrêtent. Ouf.... Et un grand bravo à Conor et Marion qui ont fièrement mener leur Ovni 435. Le matin suivant, nous doublons Southern Cross, un lagoon 380 qui fait le World ARC, encore une belle occasion pour faire des photos avec le Capado sous spi fractionnel et 2 ris et Grenade à l'horizon.
On apprend par mail que nos amis d'Anegada sont en chemin aussi, nous rejoignant depuis Union. Dans notre Nord, on voit une tâche blanche, du coup on lofe à fond pour essayer de se retrouver sur l'eau. Erreur, les voiles en question sont d'un tout autre bateau. Dommage. On abat donc à nouveau direction le mouillage que nous avions quitté il y a un an et 8 mois avec Augustin et Claire.
Il est 14 heures, Capado est à l'ancre et Anegada ne tarde pas à nous rejoindre. Pour fêter notre tour du monde et ces retrouvailles, nous hissons le grand pavois offert par tous les amis venus au baptême du bateau à Marseille.
Un vrai expresso à bord d'Anegada. Quelle joie de retrouver Pierre et Nicole après tout ce temps! Puis on reprend les bonnes vieilles habitudes, c'est parti pour une chasse à la langouste. 2 heures plus tard et 2 récifs explorés, et nous voici avec de quoi avoir un dîner de roi. Ce qui sera d'ailleurs le cas à bord d'Anegada. On partage nos souvenirs, nos expériences, les bons plans pour la suite de notre périple.
Le lendemain, direction Prickly Bay pour faire les papiers et trouver où sortir le bateau.
Cette étape aura été rapide, avec un peu de travail pour négocier ce pot au noir récalcitrant, le tout dans un bateau bien gité, et où le reacher fut fort apprécié. On aurait été encore plus rapide en restant à la côte. Le tout fut rythmé par les bulletins météo d'Hervé et les relevés de positions de Sputnik et Toucan. On finit en beauté avec Pierre et Nicole toujours aussi sympathiques et chaleureux.

Milles parcourus: 2127 nm
Temps de parcours: 11 jours 1 heure et 30 minutes
Vitesse moyenne: 8,01 noeuds